Eugène Farcot

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Décès
Nom de naissance
Henry Eugène Adrien FarcotVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Eugène Farcot
V. Flambeau, Portrait d'Eugène Farcot à mi-corps d'après Nadar, ca. 1880, photographie retouchée à la manière du fusain, Sainville, musée Farcot, inv. 2012.0.566.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Henry Eugène Adrien FarcotVoir et modifier les données sur Wikidata
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Inventeur, horloger, horlogerVoir et modifier les données sur Wikidata
signature d'Eugène Farcot
Signature.

Henry Eugène Adrien Farcot, né à Sainville (Eure-et-Loir) le [1] et mort à Saint-Maur-des-Fossés le , est un inventeur français.

Il se passionne très tôt pour les sciences techniques à l'instigation de son oncle, le colonel Tartarat de Chasmelons. « Guide et initiateur »[2] d'Eugène Farcot, ce dernier était précurseur dans le domaine de l'aérostation. Cependant, cette discipline n'en était qu'à ses débuts et Eugène Farcot savait pertinemment que la navigation aérienne était « un culte qui ne nourrit pas ses prêtres »[3]. C'est là l'une des raisons qui le motive à s'orienter vers l'industrie horlogère plus lucrative.

Horloger de métier

Malgré la situation sociale relativement modeste d'un père colporteur-beurrier, Eugène Farcot fait ses études à l'école d'horlogerie de Cluses (Haute-Savoie) de 1850 à 1853. Après quoi, il installe son magasin d'horlogerie à la capitale, d'abord au 75 rue Vieille-du-Temple, puis au 39 rue des Trois-Bornes, ainsi qu'une manufacture en banlieue parisienne à Saint-Ouen[4]. En 1855, Henriette Delafoy, veuve du colonel Tartarat de Chasmeslons, apporte un soutien financier de 25 000 francs à son neveu Eugène Farcot dans la création d'une société en commandite « Farcot Cie »[5].

Lorsque le fils d'Eugène Farcot, Charles, décède à Alger le , le destin de la société d'horlogerie s'en trouve bouleversé. En effet, Charles avait fait ses études à l'école nationale d'horlogerie de Cluses à la même enseigne que son père et se destinait à prendre la relève. Finalement, c'est le gendre d'Eugène Farcot, Henri Wandenberg, qui devient associé puis propriétaire de l'entreprise d'horlogerie le [6].

Facture du magasin d'Eugène Farcot, ca. 1863, Sainville, musée Farcot, fonds de documentation.

À partir de 1855, Eugène Farcot n'a de cesse de déposer des brevets d'invention à l'institut national de la propriété industrielle (INPI). L'ambition est double : protéger l'œuvre intellectuelle d'une part, et d'autre part diversifier l'offre auprès d'une clientèle internationale. L'horloger crée alors des modèles de fantaisie dans le but de séduire sa clientèle, tels que le réveil horizontal à marche rotative et silencieuse ainsi que la pendule courtoise.

Ces modèles sont aussi très largement représentés lors d'expositions internationales. Ainsi, Eugène Farcot et Henri Wandenberg présentent lors de l'exposition universelle de Paris de 1889 une très grande diversité de pendules : « Horlogerie en tous genres. Mouvements à jour avec ou sans sonnerie. Échappements visibles. Pièces à cylindre. Veilleuses. Escarpolettes. Pendules à marche silencieuse. Pendules et cartels cuivre[7] ».

Dans les années 1863-1864, Eugène Farcot obtient le titre de renom d'horloger de sa majesté l'empereur comme en témoigne l'en-tête d'une facture du magasin. L'obtention d'un tel titre, délivré par le ministère de la maison de l'empereur, témoigne de la notoriété acquise par le magasin d'horlogerie. En effet, Eugène Farcot avait déjà participé à l'exposition universelle de Besançon en 1860 et de Londres en 1862 ainsi qu'à l'exposition des beaux-Arts appliqués à l'industrie en 1863 à Paris.

Liste des brevets d'invention

Tous les brevets mentionnés ci-dessous sont conservés à l'institut nationale de la propriété industrielle (INPI) à Courbevoie :

  • Brevet d'un mouvement de pendule à échappement dit par devant, [Inpi 1] ;
  • Brevet d'application d'une sonnerie aux pendules dite huitaine, [Inpi 2] ;
  • Brevet de mise en fabrication des huitaines dites échappement devant, [Inpi 3] ;
  • Brevet sur l'industrialisation de pièces d'horlogerie dans la création d’œils de bœuf, [Inpi 4] ;
  • Brevet d'un réveille-matin avertisseur, [Inpi 5] ;
  • Brevet de la pendule à l'escarpolette, [Inpi 6] ;
  • Brevet de perfectionnement sur réveille-matin désormais à marche rotative, [Inpi 7] ;
  • Brevet d'un timbre d'appel avertisseur, [Inpi 8] ;
  • Brevet de perfectionnement des réveille-matins, [Inpi 9] ;
  • Brevet d'un réveil horizontal à marche rotative et silencieuse, [Inpi 10] ;
  • Brevet d'une pendule veilleuse, [Inpi 11] ;
  • Brevet de perfectionnement dans la fermeture des porte-monnaies, [Inpi 12] ;
  • Brevet de perfectionnement apporté aux pendules de nuit lumineuses, [Inpi 13] ;
  • Brevet de pendule écusson-applique, [Inpi 14] ;
  • Brevet d'un système de pendule à indications diurnes et nocturnes, [Inpi 15] ;
  • Brevet d'une pendule courtoise, [Inpi 16] ;
  • Brevet d'un réveil courtois, [Inpi 17] ;
  • Brevet de l'application du phonographe aux pièces d'horlogerie, [Inpi 18].

Incurable « plus léger que l'air »

Eugène Farcot, prototype et maquette de dirigeable, 1863, bois, métal et tissu, 45*90*45 cm, Sainville, musée Farcot, inv. 2012.0.499

Contrairement à Nadar qui défendait la théorie du « plus lourd que l'air », Eugène Farcot croyait à la théorie « du plus léger que l'air ». En conséquence, il prône l'utilisation d'aérostats gonflés au gaz hydrogène et publie en 1859 un ouvrage, La navigation atmosphérique, dans le but de rallier l'opinion publique à la cause de la navigation aérienne.

Eugène Farcot y promeut notamment l'application d'hélices aux aérostats et présente à ses lecteurs l'expérience d'un prototype de son imagination. Fabriqué à partir d'un mécanisme d'horlogerie, le prototype devait tourner sur lui-même suivant l'angle maintenu par le gouvernail. Le fonctionnement des hélices était dû à l'énergie mécanique du ressort après son remontage par une clé. À l'occasion de l'exposition des Beaux-arts appliqués à l'industrie en 1863, Eugène Farcot expose un modèle de navire aérien qui fait office de manifeste :

« Dans son système, il emploie un ballon ayant à peu près la forme ellipsoïde d’un poisson, ses moyens de propulsion sont deux hélices placées à l’avant ; il se dirige par une voile à l’arrière faisant les fonctions de gouvernail et deux voiles latérales [voiles d’Architas] dont l’axe est horizontal. La manœuvre de ces voiles présente des plans inclinés qui donnent la direction du système dans un plan vertical, soit pour monter, soit pour descendre ; enfin le moteur de tous ces organes est la machine Lenoir. »[8]

Bien qu'Eugène Farcot ne partageait pas le même parti que Nadar, cela ne l'empêcha pas toutefois de faire partie de la Société d'encouragement de la locomotion aérienne au moyen du plus lourd que l'air[9] vers 1870. De ce fait, il entendait bien rester au courant des dernières avancées techniques dans le domaine du « plus lourd que l'air » par simple curiosité d'esprit, et ce malgré sa position de fervent défenseur du « plus léger que l'air ».

Philanthrope

Références

Voir aussi

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