Eugène Hins
homme politique belge
From Wikipedia, the free encyclopedia
Eugène Hins (1839-1923), né à Molenbeek-Saint-Jean, professeur d'histoire du Moyen Âge, est le fondateur du journal La Pensée. Il est un des leaders, avec César De Paepe de la libre-pensée belge et cofondateur de la Première Internationale[1],[2],[3].
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Surnom |
Diogène#Hamed |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Conjoints |
Jeanne Brismée (de à ) Marie Iatskévitch (d) (à partir de ) |
| Mouvement |
|---|
Biographie
Issu d'une famille de la petite bourgeoisie catholique (son père dirigeait le pensionnat catholique du 15 chaussée de Merchtem), il ne semblait se prédestiner à la conduite d'un mouvement socialiste.
C’est comme étudiant qu’il entra en contact avec Hector Denis et Guillaume De Greef. Ceux-ci l’initient aux théories qui avaient cours à cette époque dans les milieux des jeunes intellectuels progressistes[4]. Après des études et des activités militantes à l'Université libre de Bruxelles, Eugène Hins est frappé par un problème de cécité et s'installe pour un an au Brésil comme précepteur[5] où il découvre l'esclavage[6].
De retour en Belgique, il parvient à dissuader les ouvriers pendant les grèves de 1869 de répondre par la violence aux provocations de l'armée. Arrêté avec d'autres membres du conseil fédéral belge, il est tenu au secret. Sa femme, Jeanne Brismée, enceinte de six mois, s'épuise à tenter d'entrer en contact avec lui mais se heurte au refus du juge d'instruction. Hins sort de prison un mois après pour retrouver sa femme agonisante, qui lui dit ses dernière paroles : « La police m'a tué ». Lors des funérailles, Hector Denis lui fait hommage : « Nous jurons sur ta dépouille encore tiède : notre République sociale, la police ne la tuera pas ! »[7]
Hins opère dans le même temps un revirement du proudhonisme au collectivisme. Au congrès de Bâle de l'Internationale en 1869, il expose ses vues antiétatiques et suit Bakounine dans la volonté d'écarter du congrès les sujets spécifiquement politiques[8].
En 1872, il pour la Russie et devient professeur au sein d'une école militaire pendant deux ans.
Parmi les premiers fondateurs de l’Internationale de la libre pensée, qui tint son premier congrès à Bruxelles en 1880, on remarque au côté d'Eugène Hins le socialiste allemand Wilhelm Liebknecht, cofondateur du Parti social-démocrate allemand (Sozialdemokratische Partei Deutschlands), qui eut l'audace de protester en 1871 au Reichstag contre l’annexion de l’Alsace et de la Lorraine[9], mais aussi le philosophe et sociologue anglais Herbert Spencer, le député Charles Bradlaugh, qui osa, l'un des premiers, ostensiblement refuser de prêter serment sur la Bible[10], César De Paepe, Charles Renouvier et Désiré Brismée.
Rentré en Belgique, Eugène Hins sera l'un des critiques francophones des lettres russes les plus perspicaces de son temps (il est également connu pour avoir traduit plusieurs œuvres de Dostoïevski en français)[11].
Après sa retraite, en 1900, il devient le dirigeant des associations belge et internationale de libres-penseurs.
Il deviendra également conseiller communal à Ixelles[12].
Une rue porte son nom dans la commune de Marcinelle[13].
Publications
- Le congrès de Prague (8 au )
- La libre pensée internationale en 1910, Bruxelles, 1911
- La libre pensée internationale en 1912, Bruxelles, 1912
- La libre pensèe internationale en 1913, Bruxelles, 1913
- La pensée internationale en 1911, Bruxelles, 1912
- Un an au Brésil, Mons : Hector Manceaux, 1884
- La politique de la Russie, Bruxelles : P. Weissenbruch, 1891
- La Russie dévoilée au moyen de sa littérature populaire, l'épopée animale, Paris : L. Baillière et H. Messager, 1883
- Des aspects dans la conjugaison française, [s.l., s.d.]
- Le conflit anglo-russe et le nouvel équilibre européen, Bruxelles : F. Larcier, 1885
- Que penser de Jésus ?, Bruxelles
- Les fêtes chrétiennes, Charleroi : Le Flambeau ; S. Ledoux, 1902
- Traductions
- Rudolf Muldener, Choix de contes de divers peuples, Mons : Manceaux, 1887
- Nicolas Gogol, La Foire de Sorotchinetz, Bruxelles : Monnom, 1887
Bibliographie
- Marc Mayné, Eugène Hins. Une grande figure de la Première Internationale en Belgique, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 1994
- Paul Delsemme, Les écrivains francs-maçons de Belgique, Bruxelles : Université libre de Bruxelles, 2004, pp. 145-147 (ISBN 2-930149-02-7)[14]