Eugénie Foa

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Naissance
Nom de naissance
Rebecca-Eugénie Rodrigues-Henriques
Pseudonymes
Maria Fitz-Clarence, Edmond de FontanesVoir et modifier les données sur Wikidata
Eugénie Foa
Eugénie Foa, XIXe siècle, Austrian National Library.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Rebecca-Eugénie Rodrigues-Henriques
Pseudonymes
Maria Fitz-Clarence, Edmond de FontanesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Rédactrice à
Famille
Père
Alexandre-Isaac Rodrigues-Henriques (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Élisa Esther Rodrigues-Henriques (d)
Hippolyte Rodrigues
Léonie HalévyVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Œuvres principales
  • La Laide (1832)
  • Rachel ou l'Héritage (1833)
  • Contes historiques pour la jeunesse (1838)
  • Le Petit Robinson de Paris (1840)

Eugénie Foa, née Rebecca-Eugénie Rodrigues-Henriques le à Bordeaux et morte le à Paris, est une femme de lettres française principalement connue pour ses livres pour enfants.

Pour certains historiens de la littérature, elle serait la première femme juive à avoir accédé à la carrière d'écrivaine professionnelle en France[1]. Certains vont jusqu'à estimer qu'elle serait « le premier écrivain juif tout sexe confondu à écrire de la littérature en français[2] » et « l'une des premières femmes juives à avoir écrit de la fiction en quelque langue que ce soit[3] ».

Née en 1796 ou 1798 à Bordeaux, Eugénie Rodrigues-Henriques est la fille du banquier Alexandre Isaac Rodrigues-Henriques (1765-1834) et d'Esther Gradis (1780-1859), elle-même issue d'une grande famille d'armateurs de Bordeaux[4],[5]. Élevée dans la religion juive[6], elle est la sœur de l'historien, philosophe et dramaturge Hippolyte Rodrigues et de la sculptrice Léonie Halévy, ainsi que la cousine du mathématicien Olinde Rodrigues[6]. Sa nièce, Geneviève Straus, tiendra l'un des salons les plus prestigeux de Modèle:Laquel à la fin du siècle et sera très engagée dans l'affaire Dreyfus[7],[8].

Séparée de son mari le négociant marseillais Joseph Foa (oncle d'Édouard Foa) qu'elle avait épousé le à Bordeaux[9], elle retourne vivre chez ses parents, depuis installés à Paris rue de Montholon[10]. C'est alors que commence sa carrière d'écrivaine[4],[5]. Nécessité matérielle d'accroitre ses ressources ou vocation littéraire, elle écrit sous son nom d'épouse ou sous les pseudonymes Miss Maria Fitz-Clarens et Edmond de Fontanes.

Ses premiers romans, emprunts de l'esthétique romantique de l'époque, mettent le plus souvent en scène une héroïne en quête d'indépendance. Ils laissent également une place importante à la culture juive, qu'ils participent à faire connaitre au lectorat catholique de l'époque (Le Kidouschim, 1830, Philippe, 1831, Rachel ou L'Héritage, 1833, La Juive. Histoire du temps de la Régence[4],[6], 1835).

Mais c'est avec ses livres pour enfants, genre alors déprécié et qu'elle participe à promouvoir, qu'elle remporte un réel succès[4]. Son roman le plus connu, Le Petit Robinson de Paris ou Le Triomphe de l'industrie (1840), connait de nombreuses rééditions (dont la dernière en 1945[4],[11]) et une traduction en anglais. Elle y participe à l'écriture des robinsonnades, genre populaire à l'époque et qu'elle réemploie dans des œuvres comme Le Robinson des bois ou Les Nouveaux Robinsons, aventures de deux enfants qui cherchent leur mère. Outre ses romans, elle écrit également des contes qu'elle publie dans diverses revues, dont certaines qu'elle a contribué à fonder, telles que Le Journal des Demoiselles, La Gazette de la jeunesse ou Le journal des enfants[12]. Certains ont été rassemblés en recueils, souvent classés par catégorie de sujet (Les Petits savants, Les Petits guerriers, Les Petits musiciens, etc) ou regroupés sous le titre de Contes Historiques. Eugénie Foa se spécialise en effet dans la mise en scène de l'enfance de personnages connus de l'histoire de France. Certains de ces contes connaissent de nombreuses rééditions tout au long du XIXe siècle et pendant une partie du XXe.

Parallèlement à sa carrière littéraire, elle prend position sur divers sujets politiques. Elle milite pour l'abolition de l'esclavage, l'amélioration de l'éducation des filles et l'égal accès à la reconnaissance littéraire pour les femmes de lettres. Engagée dans le mouvement féministe qui émerge à l'époque, elle participe en 1848, aux côtés d'Eugénie Niboyet, à la fondation de la revue La Voix des femmes. Elle marque également ses engagements en participant à d'autres revues telles que Le Journal des Demoiselles, La Chronique de Paris ou Le Siècle, ainsi que dans ses œuvres de fiction, en ce qu'elles mettent régulièrement en scène des personnages victimes d'oppressions, tels que des femmes, des esclaves ou des aveugles.

En 1838, elle fait partie des membres fondateurs de la Société des Gens de Lettres, association qui ne comptait que 10 femmes à sa création. Elle est également membre de l'Académie des femmes, un collectif fondé en 1843 et qui a également vocation à protéger les artistes et leurs droits d'auteur, avec cependant un intérêt plus marqué pour la protection des intérêts des écrivaines[13].

On lui attribue également la fondation du Journal des enfants, premier périodique explicitement destiné à la jeunesse.

Sa vie personnelle est marquée par des relations tendues avec sa famille. Après le décès de son père en 1836, elle quitte le logement de la rue de Montholon. Sa relation avec sa mère semble devenir plus distante, jusqu'à la rupture en 1841. La même année, Eugénie se convertit au catholicisme[4]. Son ex-mari et elle s'affrontent pendant plusieurs années autour de la question de la garde de leur fils Édouard. La législation de l'époque accordait alors peu de droit aux mères et aux femmes abandonnées par leurs époux, et Édouard a été confié par défaut à la garde de son père. En 1834, il est arrêté pour vagabondage alors qu'il fuyait du domicile de son père pour rejoindre sa mère à Paris. Ce n'est qu'après cet épisode qu'Eugénie obtient le droit de faire venir son fils à Paris, et ce notamment grâce à l'aide de son oncle, Benjamin Gradis, et de son ami avocat, Adolphe Crémieux[7].

Elle meurt à Paris en 1852[4].

Publications

Pour approfondir

Notes et références

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