Euloge de Cordoue
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Cordoue
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| Décès | Cordoue |
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Eulogio |
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- Apologeticum sanctorum martyrum - Passio sanctorum martyrum Georgii monachi, Aurelii atque Nathaliae - Memoriale sanctorum Documentum martyriale - Hymne aux martyrs |
Euloge de Cordoue ou saint Euloge (vers 810 dans l'émirat de Cordoue - 859)[1] est un évêque et théologien espagnol qui fait partie des cinquante-huit martyrs de Cordoue, mis à mort, notamment, au IXe siècle. Ce saint est fêté le .
Issu d'une des plus illustres familles chrétiennes d'Andalousie, Euloge devint prêtre après avoir reçu une éducation soignée. Il était pour tous un modèle d'ascèse et de piété, suscitant l'admiration de tous, y compris des Juifs et des Musulmans.
Au IXe siècle, les conquérants maures de la moitié sud de la péninsule Ibérique firent de Cordoue leur capitale. Les chrétiens se virent accorder un statut subalterne et soumis à un impôt mensuel (dhimmi), tout en étant autorisés à pratiquer leur culte. Sous le règne de l'émir Abd al-Rahman II, cette liberté à été remise en cause car certains chrétiens furent accusés d'avoir dénigré l'islam.
Euloge encouragea les chrétiens à demeurer fidèles à leur foi et les persuada d'éviter l'apostasie. Il recueillit Léocricia, une jeune musulmane, devenue chrétienne, et que ses parents maltraitaient pour cette raison, ce qui lui valut d'être emprisonnée. Selon l'historien Olivier Hanne[2], il fut le premier Latin à comprendre le Coran - qui n'est jamais nommé - comme un texte ou un ensemble de textes.
Élu évêque de Cordoue en 858, Euloge connut immédiatement des problèmes avec l'émir de la ville, Muhammad Ier, le fils du précédent, et la persécution s'intensifia, s'étendant aux moines et aux vierges consacrées. Euloge consigna les histoires de ces martyrs dans son Livre commémoratif des saints.
L'émir le somma de renoncer publiquement au catholicisme. L'évêque refusa. Il fut alors conduit à la torture par plusieurs supplices mais rien n'y fit. En 859, alors qu'on le conduisait sur le lieu de son exécution, un eunuque le gifla. Sans rien dire, il lui tendit l'autre joue pour suivre à la lettre l'enseignement de Jésus-Christ, et reçut un second soufflet. Mais la force d'âme de l'évêque impressionna le bourreau, qui arrêta ensuite de le frapper.

Proclamant de nouveau et avec fermeté sa foi, et ce devant le qādī - juge islamique - de Cordoue, celui-ci le condamna à la décapitation, accusé d'avoir insulté le Prophète de l'islam, le déclarant faux prophète[2]. Les chrétiens de la ville récupérèrent son corps pour en faire des reliques.
Dans l'iconographie, il est représenté avec le crâne fendu par un glaive et le cœur percé d'une épée. Francisco Bayeu en fait en 1784, une des onze fresques qu'il réalise pour le cloître de la cathédrale de Tolède : Exhortation de San Eulogio[3].
C'est l'un des saints patrons des charpentiers et des travailleurs du cuivre. Il est également invoqué par les personnes condamnées qui souhaitent obtenir une grâce ou une remise de peine.