Eupleres goudotii
espèce de mammifères
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Euplère de Goudot, Falanouk
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VU A2cde+3cde+4cde : Vulnérable
Répartition géographique
Statut CITES
- Eupleres Goudotii Doyère, 1835
- Eupleures Goudotii A. Murray, 1866
- Eupleres major L. Lavauden, 1929
- Eupleres goudotti Coetzee, 1971
- Eupleres goudotti goudotti Coetzee, 1971
- Eupleres goudotti major Coetzee, 1971
- Eupleres goudoti Corbet & J. Edwards Hill, 1980
- Eupleres goudotii goudotii Wozencraft, 2005
- Eupleres goudotii major Wozencraft, 2005 [1]
Le Falanouc, est un mammifère carnivore de la famille des Eupleridae. Au sein de son genre : Euplère (Eupleres), il s’agit de la seule espèce : Eupleres goudotii : l'Euplère de Goudot.
Dénominations
Taxonomie
L'espèce a été décrite pour la première fois en 1835 par le zoologiste Louis Doyère, d'après des spécimens rapportés par le naturaliste Jules Goudot[4].
Le statut taxonomique de l'espèce a été révisé en 2010. Bien que l'introduction historique le présente comme l'unique espèce du genre, les travaux de Goodman et Helgen ont élevé l’espèce là sous espèce E. g. major au rang d'espèce distincte, se basant sur des différences morphologiques et géographiques marquées entre les populations orientales et occidentales[5].
Mais en définitive, cette classifications ne fut pas acceptée, et aujourd’hui le genre Euplemes et Euplemes goudotii sont toutes les deux monotypiques selon ITIS (2026-01-01)[2].
Description

L'euplère de Goudot possède une morphologie singulière caractérisée par un corps bas et un museau extrêmement allongé, rappelant la silhouette d'une mangouste ou d'un insectivore. Son pelage est d'un brun uni, sans les taches ou rayures typiques des autres carnivores de Madagascar. À l'âge adulte, il atteint environ 50 cm de long avec une queue touffue de 24 cm. Contrairement à la Fossane (Fossa fossana), son plus proche parent, il est dépourvu de glandes anales ou périnéales et ses griffes sont entièrement non rétractiles[6].
Sa denture constitue sa caractéristique la plus remarquable. Doyère avait constaté dès sa découverte l'analogie frappante de ses dents avec celles des mammifères insectivores. Ses canines et ses prémolaires sont petites, aplaties et courbées vers l'arrière, une adaptation parfaite pour saisir et broyer des invertébrés à corps mou comme les vers, les limaces ou les escargots[4]. Pour survivre à la saison sèche en juin et juillet, l'animal accumule des réserves de graisse sous-cutanées massives durant les mois d'avril et mai, lui permettant de subsister lorsque ses proies se raréfient dans l'humus forestier[7].
Écologie et comportement
Ce carnivore mène une existence solitaire et territoriale dans les forêts humides. D'un tempérament timide et secret, il évite généralement les confrontations et utilise rarement la morsure pour se défendre, privilégiant la fuite ou l'usage de ses griffes. Principalement actif à la tombée du jour ou durant la nuit, il fouille le sol forestier à la recherche de ses proies invertébrées.
Sa reproduction se distingue par une précocité rare chez les carnivores. La femelle met au monde un seul petit par portée qui naît les yeux ouverts et peut suivre sa mère dans la végétation dès l'âge de deux jours. Le sevrage intervient vers neuf semaines, moment où le jeune commence à consommer des invertébrés avant de devenir indépendant. Malgré cette autonomie motrice précoce, son développement physique complet est plus lent que celui des autres carnivores de taille comparable.
Répartition et habitat
L'espèce est strictement endémique de Madagascar. Elle peuple exclusivement les forêts tropicales humides de basse altitude situées le long de la façade orientale de l'île. Cette répartition le sépare géographiquement de son cousin, Eupleres major, qui occupe les forêts plus sèches du nord-ouest.
Menaces et conservation
L'euplère de Goudot est classé comme Vulnérable (VU) par l'UICN. Ses populations déclinent en raison de la déforestation, de la prédation par les chiens errants et de la concurrence avec la Petite civette de l'Inde (Viverricula indica). Cette espèce introduite partage la même niche alimentaire, et les études montrent que l'euplère est souvent supplanté dans les zones où les deux espèces cohabitent[8].