Scission avec la FDSEA et affiliation à la Confédération paysanne
La création d'ELB répond à la volonté de défendre les spécificités du modèle agricole dominant au Pays basque, favorable à une production paysanne et s'opposant à l'expansion et à la concentration des exploitations[1],[2], allant ainsi à l'encontre du productivisme du syndicat dominant à l'échelle du département, la FDSEA[3]. ELB est ainsi créé en 1982[4],[5] et devient dès 1983 la deuxième force syndicale au Pays basque avec 30% des voix aux élections de la chambre d'agriculture (11,8% à l'échelle du département).
Le syndicat est proche de la mouvance abertzale, bien que n'entretenant aucun lien formel avec ses différentes organisations[7]. Il se veut ainsi une organisation non corporatiste défendant un projet politique global pour le territoire basque[8].
Création d'Euskal Herriko Laborantza Ganbara
ELB revendique la création d'une chambre d'agriculture propre au Pays basque[9], qui serait plus à même de représenter les pratiques paysannes majoritaires sur le territoire[10]. Il organise plusieurs manifestations (notamment en 1995[11] et en 2001 à Bayonne, réunissant jusqu'à 1 500 personnes[12]) et occupe les locaux de la chambre d'agriculture des Pyrénées-Atlantiques à Hasparren en pour défendre cette revendication[13]. Devenu majoritaire au Pays basque aux élections de 2001 (51,27% sur le territoire), le syndicat participe en 2002 à la création de la plateforme Batera, qui en fait l'un de ses objectifs principaux[14].
Le syndicat s'implique ainsi fortement dans la création en d'Euskal Herriko Laborantza Ganbara, association se voulant une institution alternative à la chambre des Pyrénées-Atlantiques. Le premier président de l'association Michel Berhocoirigoin est d'ailleurs membre d'ELB[15]. EHLG relaie ainsi les combats historiques d'ELB contre la spéculation foncière et en faveur d'une transmission facilitée des exploitations[16].
ELB est également partie prenante du fonctionnement de la société en commandite par actionsLurzaindia[17], qui vise à collecter des fonds pour défendre le foncier agricole[18],[19]. Dans ce cadre, il participe à des occupations de terres pour lutter contre la spéculation foncière[20],[21], notamment contre le projet Marienia[22].
↑Armelle Gomez et Xabier Itçaina, «Utopiques alliances? La construction de la cohérence discursive des mobilisations autour des circuits courts en Pays basque», Lien social et Politiques, no72, , p.93–108 (ISSN1703-9665, DOI10.7202/1027208ar, lire en ligne, consulté le )
↑Jacqueline Candau, Innovation et résistance au développement. La filière du lait de brebis au Pays Basque (Hasparren et Baigorry), Pau, Université de Pau et des Pays de l'Adour, , p.72-73
↑Richard Picotin, «La lutte d'un paysan», Sud Ouest,
↑Martine Sistiague, Euskal Herriko Laborarien Batasuna, un exemple du syndicalisme agricole au Pays basque, Bayonne, Gatuzain, , 265p. (ISBN9782913842014)
↑Dominique Bayle-Siot, «ELB a vingt ans», Sud Ouest,
↑(en) Jan Mansvelt-Beck, «Basque nationalism. A recent and modest phenomenon», dans Jan Mansvelt-Beck, Territory and Terror: Conflicting Nationalisms in the Basque Country, Abingdon, Taylor & Francis, (ISBN978-0-203-02380-8), p.106
↑(en) James E. Jacob, Hills of Conflict, Basque Nationalism in France, Reno, University of Nevada Press, (ISBN0-87417-220-9), p.332-333
↑Pierre Penin, «L’héritage moral de Mixel Berhocoirigoin», Sud Ouest,
↑Marie Verdier, «La «chambre d'agriculture du Pays basque» en procès», La Croix,
↑Marcel Bedaxagar, «ELB pour une autre agriculture», Sud Ouest,
↑«ELB manifeste pour une Chambre d'agriculture basque», Sud Ouest,
↑(en) Xabier Itçaina et Armelle Gomez, «Territorial Identity and Grassroots Economic Activism: The Politicization of Farmers’ Mobilizations in the French Basque Country», PARTECIPAZIONE E CONFLITTO, vol.8, no2, , p.478–503 (ISSN2035-6609, DOI10.1285/i20356609v8i2p478, lire en ligne, consulté le )