Eva Hollo Vecsei

architecte canadienne From Wikipedia, the free encyclopedia

Eva Hollo Vecsei est née le 21 août 1930 à Vienne en Autriche. Elle est une architecte hongroise qui a émigré au Canada en 1957 avec son mari, André Vecsei[1]. Ils ont ouvert leur firme d'architecture en 1984 sous le nom de «Vecsei Architectes».

Naissance (95 ans)
Vienna, Hongrie
FamilleAndré Vecsei

Andrea Vecsei, Paul Vecse

Faits en bref Présentation, Naissance ...
Eva Hollo Vecsei
Présentation
Naissance (95 ans)
Vienna, Hongrie
Entourage familial
Famille André Vecsei

Andrea Vecsei, Paul Vecse

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Biographie

Enfance et famille

Eva Hollo Vecsei a grandi auprès de sa famille à Budapest. Elle est née dans un environnement difficile dû aux contraintes politiques du pays. Ses parents étaient des émigrés socialistes qui ont fui le régime Horthy, dirigé par l’amiral Miklos Horthy[2]. Cependant, en 1933, lorsqu’ils sont retournés dans leur pays natal, de nouvelles restrictions ont été adoptées en Hongrie[2]. Le père d'Eva Hollo Vecsei était restreint à cause des lois antijuives. Il était alors obligé de prendre un poste inférieur à ce qu’il savait faire. La famille a réussi à vivre dans un environnement modeste malgré tout. Elle habitait dans un logement incluant une cour intérieure. Par contre, après les changements de l’après-guerre, le père a été nommé directeur de l’institution national d’assurance sociale. Leur situation économique a alors changé[2].

Éducation

Pendant la guerre,  Eva Hollo Vecsei a été déportée à Auschwitz et elle a commencé l’école de dessin Jaschik Almos, où elle a pratiqué le dessin libre et en a appris davantage sur l’univers graphique. Cependant, son premier choix de carrière fut la scénographie. Leur vie de famille prédominait la littérature et la musique. Elle était émerveillée par les spectacles visuels, plus précisément ceux d’opéra. Son choix de carrière a changé par la suite, car de nouvelles réalités politiques ont fait surface dans le pays. Elle ne pouvait plus aller étudier au Séminaire de Reinhardt à Vienne dû aux changements. Alors, grâce à ses connaissances en dessin et en art, elle a opté pour le domaine de l’architecture[2]. De 1948 à 1952, elle a étudié à l’Université de Technologie et d’Économie de Budapest. C'est durant ces années que se déroulaient des évènements politiques et culturels changeants[2]. En 1948, l’industrie de la construction fut changée ainsi que les enseignants du programme, car le nouveau programme devait répondre aux récentes exigences du réalisme socialiste[2]. Par exemple, les enseignants devaient promouvoir la loyauté à leur pays[2]. En 1951, le réaliste socialiste devient le style architectural principal en Hongrie[2]. Il n’était plus question de modernisme. Pour la création de leur projet, les étudiants evaient respecter les nouvelles contraintes en fonction du classicisme hongrois et du renouveau national du 19e siècle[2]. Les ornements classiques étaient devenus obligatoires dans leur projet de création. Ils allaient être jugés en fonction des principes du réalisme socialiste. Alors, Eva Hollo Vecsei a décidé d’effectuer son travail sur un cirque. Selon elle, son projet dérobait de la critique du réalisme socialiste.

De 1946 à 1956, les étudiants ont été affectés par de forts changements et une grande influence politique qui a joué un rôle dans leur programme d’architecture[2]. Le principal mouvement sur lequel les étudiants devaient se fier était le réalisme socialiste, mais certaines composantes modernistes étaient encore présentes dans leur programme. Le néoclassicisme scandinave fait aussi surface dans le programme depuis l’entre-deux-guerres . Après la Seconde Guerre mondiale, certains architectes hongrois étant allés au Danemark ont rapporté plusieurs idées scandinaves. Ces idées vont exercer une influence sur les professeurs et les étudiants. En effet, pour Eva Hollo Vecsei, le style danois va inspirer ses projets futurs[2].

Vecsei était aussi dans une cohorte de 120 étudiants dont 10, elle comprise, étaient des femmes[2]. Au départ, elle ne voulait pas faire d'études supérieures, car elle ignorait que ce n’était pas une carrière pour les femmes de manière générale. Cependant, en 1946, une loi favorisant l'égalité de sexe à l'université a été votée. Elle allait pouvoir être reconnue et respectée[2]. En 1950, la création d’une faculté indépendante d’architecture invite les femmes à réaliser des études techniques. Cet évènement incite les femmes à s’inscrire[2].

Vie personnelle

De 1952 à 1953, Eva Hollo Vecsei était professeur adjointe à l'école d'architecture de l'Université des sciences techniques de Budapest[3] et y a rencontré André Vecsei. Ils ont obtenu tous les deux leurs diplômes cette même année et se sont mariés par la suite. Ils ont deux enfants, Andrea Vecsei, qui est architecte, et Paul Vecsei. Lorsque les enfants étaient jeunes, Eva Vecsei avait de la difficulté à concilier la vie familiale et sa carrière. Elle a dû faire appel à sa belle-mère pour l’aider, ainsi qu'à une gouvernante.

Eva Hollo Vecsei et André Vecsei ont émigré au Canada en 1957[1]. Ils sont venus s’installer au Canada après la Révolution hongroise de 1956. Plusieurs Hongrois ont quitté vers l’ouest, dont 150 architectes diplômés, et même des étudiants[2]. Les deux mariés en faisaient partie, ainsi que leur fille. Ils ont pris un train vers l’ouest, passant par l’Autriche, où ils se sont arrêtés dans un camp de refuge. De plus, ils ont vendu l'alliance d’Eva Hollo Vecsei, car ils avaient besoin de l’argent pour financer la suite de leur fuite. Ils sont ensuite arrivés à Vienne. C’est à cet endroit qu’ils ont obtenu les documents nécessaires pour émigrer au Canada. Leur plan initial était d’atterrir à Winnipeg, au Manitoba, mais André parlait bien français, alors ils ont décidé de s’installer à Montréal. Eva Hollo Vecsei n'aimait pas la ville, préférant la richesse culturelle de Budapest. Elle rencontra plusieurs difficultés concernant le fait d’être une femme immigrante dans le domaine de l’architecture à Montréal. Au Canada, dans les années 1960, ce métier n’était pas reconnu chez les femmes[2]. De plus, Eva Hollo Vecsei était mariée et elle avait des enfants, alors c’était déplacé de vouloir travailler et réussir dans le milieu qu'est l'architecture. Elle était reconnue en Hongrie, mais elle n’arrivait pas à trouver un emploi dans son domaine au Canada, alors elle a commencé à travailler en tant que dessinatrice technique pour lui permettre d'entrer ultérieurement dans le domaine de l’architecture[2]. En revanche, c’est en 1962 qu’elle est devenu officiellement citoyenne canadienne.

Carrière

Parcours professionnel

De 1953 à 1956, Eva Hollo Vecsei est architecte à l'Institut de design architectural résidentiel, associée à ARCOP de 1958 à 1971, à Dimitri Dimakopoulos jusqu'en 1973, et par la suite à son compte[3]. Entre 1977 et 1984, elle se lance en collaboration avec Michelange Panzini. Eva HolloVecsei faisait aussi partie du Design Review Committee of the National Capital Commission de 1980 à 1985[1]. Enfin, de 1984 à 2005, elle travaille en collaboration avec son mari, André Vecsei[1]. C'est en 2005 qu'ils décident de prendre leur retraite[1].

Eva Hollo Vecsei a donné des conférences à Pékin et à Hong Kong qui présentaient des solutions de logements des mégapoles chinoises[4]. Yasmeen Lai, un architecte pakistanais, l'a invitée à collaborer au développement du centre-ville de Karachi en 1976, et d'un centre commercial en 1978[4]. Vecsei a aussi été invité à l'exposition « Les femmes exposent » en 1978 au centre Pompidou à Paris[4]. Elle a contribué à l'exposition « Linear City » à Boston en 1981 et a partagé son expertise à de multiples reprises dans plusieurs universités canadiennes et américaines, dont l'Université de Californie Berkeley et l'Université de Calgary[4].

Philosophie

Eva Hollo Vecsei soutient que les structures où il n'y a aucune lumière naturelle, comme les garages ou les centres commerciaux, doivent être construits sous terre afin que les résidences pour personnes âgées, les bibliothèques ou les parcs, par exemple, aient davantage accès à la lumière naturelle[5]. Selon elle, les deux domaines à améliorer dans l'urbanisme sont les toits et les sous-sols. Elle travaille les toits blancs qui rejettent la chaleur au lieu de l'absorber, afin de réduire l'effet d'îlot de chaleur urbain[5]. Eva Hollo Vecsei accorde une grande importance à l'accessibilité aux espaces verts afin que les usagers en bénéficient[1].

Réalisations

Eva Hollo Vecsei a conçu la Place Bonaventure, bâtiment qui était reconnu comme le plus grand édifice en béton au monde au moment de son ouverture à l'Expo 67[5]. Son toit, aussi appelé le Jardin Bonaventure, possède six pieds de profondeur de terre où sont plantés des pins, des épinettes et des bouleaux. Il comprend aussi une piscine ouverte à l'année. Le jardin fait 2,5 acres et contient des étangs, une chute d'eau, des ponts et des allées. Vescei a également participé à la réalisation du Life Sciences Building de l'université Dalhousie à Halifax en 1971[5]. Dans ce projet, elle enterre les auditoriums afin de libérer les espaces éclairés par la lumière naturelle et y créer des toits verts. Suivant ce même principe. Elle a aussi conçu La Cité en 1977, un « village » autonome ouvert continuellement, avec des appartements, des bureaux et un hôtel en surface[5]. Des services y sont offerts, comme un cinéma et une épicerie sous terre.

Voici une liste d'autres contributions d'Eva Hollo Vecsei dans le domaine architectural :

  • Habitations pour mineurs, Tatabanya, 1954[3]
  • Projet domicilaire, 1955[3]
  • École Lagymano, 1955[3]
  • Synagogue Tiferet Israel, Côte Sainte-Luc, Québec, 1959-1971[1]
  • Église Saint Gérard Magella , Saint-Jean-sur-Richelieu, Québec, 1960-1963[1]
  • Laval Civic Centre : Hôtel de ville et commissariat, Laval, Québec, 1962-1965[1]
  • Pavillon Georges Frédéric, Drummondville, Québec, 1963-1965[1]
  • Student Union building, McGill University, Montréal, Québec, 1965[1]
  • Église de Saint-Thomas d'Aquin, Saint-Lambert, Québec, 1965-1967[1]
  • Intérieurs pour la Librairie Killam, Halifax, Nouvelle-Écosse, 1966-1971[1]
  • Elementary school pour le Collège Marie de France, Montréal, 1984-1986[1]
  • Immeuble à bureaux, Karchi, 1986[3]
  • Seniors condominium Manoir Montfiore, Côte Saint-Luc, 1988[1]
  • Bibliothèque municipale de Dollard-des-Ormeaux, 1990[3]
  • Librairie publique, Saint-Lambert, 1998[1].
  • Centre culturel de Dollard-des-Ormeaux, 2003[3]
  • The Québec bar Association dans le Vieux-Montréal[1]
  • La Sthernal Residence, Westmount, Québec[1]

Références

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