Eva Mozes Kor
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| Naissance | Port (Roumanie) |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalités |
américaine (à partir de ) roumaine hongroise |
| Domicile | |
| Activités |
Écrivaine, formatrice pour adultes |
| Période d'activité |
À partir de |
| Fratrie |
Miriam Mozes Zeiger (d) |
| Arme |
Combat Engineering Corps (en) |
|---|---|
| Grade militaire | |
| Lieu de détention |
Eva Mozes Kor, née le à Porț (Roumanie) et morte le à Cracovie (Pologne)[1], est une Roumaine naturalisée Américaine, survivante de la Shoah.
Elle a été victime des expérimentations médicales du médecin S.S. Josef Mengele.
Née dans un petit village de Transylvanie (en Roumanie avant d'être cédée à la Hongrie[2]) , elle fait partie de la seule famille juive de son village [3]. Eva Mozes Kor est la dernière fille d'Alexander et Jaffa Mozes qui ont quatre filles : ses deux sœurs aînées, Edit et Aliz et sa sœur jumelle, Miriam[4]. Ses premières années d'études se font dans une école comprenant une seule pièce[4].
Eva Mozes Kor a six ans lorsque son pays est envahi par les Hongrois à la solde des nazis[3]. La famille est envoyée dans le ghetto de Șimleu Silvaniei [3]. De là, elle est arrêtée puis déportée avec toute sa famille à Auschwitz en . Sur le quai à la descente du train, elle est, avec sa sœur jumelle Miriam, choisie par Josef Mengele pour devenir ses cobayes[5]. Elles ont alors dix ans[5]. Leurs parents et leurs deux sœurs de douze et quatorze ans sont gazés[6].
Elle est victime de deux types d'expériences : l'une consistait à comparer la taille de toutes les parties de son corps avec sa sœur jumelle[5] et l'autre consistait en des prises de sang importantes et des injections d'une substance figeant la croissance des reins[6]. Après les premières injections, elle tombe malade et passe deux semaines sur un lit de mort mais finit par se rétablir. Après sa guérison, les expérimentations recommencent[7].

Les jumelles sont finalement libérées par l'Armée rouge lors de la libération du camp, en [5].
Sa sœur Miriam meurt en 1993 d'un cancer de la vessie dû aux expérimentations médicales subies dans son enfance[7]. Ses reins avaient gardé la taille des reins d'un enfant[2].
Le pardon
Eva Mozes Kor commence à raconter son histoire en 1978 avec la diffusion de la mini-série de NBCUniversal, Holocauste[2]. Elle a ensuite écrit ses mémoires en 2000, intitulées Echoes of Auschwitz et participe à des conférences pour témoigner auprès du public[2].
Ayant décidé de pardonner aux nazis, elle rencontre Hans Wilhelm Münch, un ancien médecin d'Auschwitz en 1993, après qu'il a été acquitté des accusations de crimes de guerre[2]. Elle l'invite à venir à Auschwitz avec elle et lui fait signer un document où il admet reconnaître l’existence des chambres à gaz[2]. Elle serre la main d'Oskar Gröning, le comptable d'Auschwitz lors du procès de celui-ci en 2015, bien qu'elle soit parmi la partie civile du procès[8]. Elle demande que sa condamnation à la prison soit transformée en service civique, sous forme de conférences données auprès des plus jeunes[9]. La même année, elle accepte la demande de Rainer Höss, le petit fils du commandant de la SS Rudolf Höss, de l'adopter symboliquement comme fils[10],[11],[12]. Cependant, elle aurait pris ses distances peu de temps après, d'après son fils Alex Kor[13],[14]. En 2017, elle publie une vidéo avec l'aide du site BuzzFeed où elle annonce avoir pardonné à Josef Mengele[15].
En 1985, elle fonde avec sa sœur le Candles Holocaust Museum and Education Center pour réunir et retrouver les enfants ayant survécu aux expériences nazies pendant la guerre[16]. Le musée se situe à Terre Haute dans l'Indiana[17]. Depuis sa création, le centre a réussi à retrouver une centaine de paires de jumeaux victimes des expériences de Mengele[2]. Le musée est détruit en 2003 — par ce qui semble être des suprématistes blancs — mais est finalement reconstruit deux ans plus tard[2].
Elle avoue qu'elle a décidé de pardonner aux nazis pour « neutraliser » le pouvoir qu'ils pouvaient avoir sur sa vie[9]. Aux accusations de traîtrise émises par d'anciens déportés, Eva Mozes Kor répond : « Ils me traitent de traîtresse et m'accusent de parler en leur nom. Je n'ai jamais fait ça. Je le fais pour moi-même. Je le fais non parce qu'ils le méritent, mais parce que je le mérite. »[2] Elle considère que les préjugés contre les Juifs sont « une des raisons de l'Holocauste »[18].
Elle décède le à Cracovie lors d'un voyage annuel en Pologne organisé par son musée[2]. Cinq jours auparavant, elle avait enregistré son témoignage pour le Musée national Auschwitz-Birkenau[6].
Œuvres
- (en) Surviving the Angel of Death: The Story of a Mengele Twin in Auschwitz, Traduit en français par Blandine Longre sous le titre Survivre un jour de plus - Le récit d'une jumelle de Mengele à Auschwitz, éd. Notes de Nuit, coll. « Le passé immédiat », 2018, 140 p, (ISBN 979-10-93176-11-6)
- (en) Little Eva & Miriam in First Grade, 1994.