Evangelicae Historiae Imagines
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Bernardino Passeri, Maarten de Vos, Anton II Wierix, Hieronymus Wierix, Johannes Wierix, Karel van Mallery, Nicolaes de Bruyn (en), Martin Nuyts, Adriaen Collaert, Jan Collaert II
| Evangelicae Historiae Imagines | |
Couverture de la première édition, réalisée par Jérôme Wierix | |
| Auteur | Jérôme Nadal, Bernardino Passeri, Maarten de Vos, Anton II Wierix, Hieronymus Wierix, Johannes Wierix, Karel van Mallery, Nicolaes de Bruyn (en), Martin Nuyts, Adriaen Collaert, Jan Collaert II |
|---|---|
| Pays | Provinces-Unies |
| Préface | Diego Jiménez |
| Directeur de publication | Jérôme Nadal |
| Genre | Gravures illustrant la vie du Christ |
| Version originale | |
| Langue | Latin |
| Titre | Evangelicae historiae imagines ex ordine Euangeliorum, quae toto anno in Missae sacrificio recitantur, in ordinem temporis vitae Christi digestae |
| Éditeur | Martinus Nutius |
| Lieu de parution | Anvers |
| Date de parution | 1593 |
| Version française | |
| Nombre de pages | 153 gravures |
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L’Evangelicae Historiae Imagines est un recueil de 153 gravures illustrant des scènes évangéliques, réalisées principalement par les frères Wierix, graveurs flamands de renom, qui fut publié en 1593. Jérôme Nadal, proche collaborateur d'Ignace de Loyola, qui en fut le promoteur, le coordinateur et conseiller théologique, en est considéré comme l'auteur, bien qu'il fût décédé une dizaine d'années avant sa parution.
C’est le recueil le plus ancien de ce type qui nous soit parvenu.
Proche collaborateur d'Ignace de Loyola, Jérôme Nadal connaissait l'importance que l'auteur des Exercices Spirituels donnait à l'imagination dans l'apprentissage de la prière méditative[1]. Aussi entreprit-il à la fin de sa vie la réalisation de ce recueil. Nadal se trouvait alors (1574-1577) à Hall, en Autriche. Son introduction se fait l'écho des Exercices spirituels. Il explique :
« Pour trouver une plus grande facilité dans la méditation, l'on met une image qui représente le mystère évangélique, et ainsi, avant de commencer la méditation, l'on regardera l'image et remarquera en particulier ce qu'il faut y remarquer, afin de mieux le considérer dans la méditation et pour en tirer tout le parti ; parce que le but de l'image, c'est comme rendre la nourriture plus facile à mastiquer, de façon à n'avoir qu'à la manger ; et sinon, la compréhension cherchera à débattre et avoir du mal à se représenter ce qu'il y a à méditer, malgré tous ses efforts[N 1]. »
Nadal se contentait de rédiger les notes explicatives (en 1573-1574[2]), il commanda les gravures à plusieurs artistes flamands, mais eut beaucoup de mal à en trouver. Finalement, Nadal mourut en 1580 sans voir son entreprise menée à terme.
À Rome, Bernardino Passeri, Giovanni Battista de Benedetto Fiammeri réalisent les dessins originaux ; il y en aura également neuf de Martin de Vos et un de Jérome Wierix[2] : ils sont notés au pied des gravures comme « inventeurs »[3].
En 1586, dans les Pays-Bas, Christophe Plantin, imprimeur à Anvers, cherche des graveurs. Se chargeront de cette tâche : Anton II Wierix, Jérôme Wierix, Johannes Wierix, Karel van Mallery, Nicolaes de Bruyn (en), Martin Nuyts, Adriaen Collaert, et Jan Collaert[4],[3].
L'ouvrage ne fut ainsi publié de façon posthume que plus de 10 ans plus tard, en 1593, grâce au travail éditorial du père Diego Jiménez. L'éditeur, Martinus Nutius, reçut le privilège du pape Clément III, signé par Vestrius Barbianus le [N 2] pour autoriser la publication des Adnotationes et meditationes, les textes de Jérôme Nadal qui seront accompagnés des gravures[4],[5].
L'œuvre de Jérôme Nadal s'inscrit dans la réalité historique et littéraire, et dans la tradition et l'enseignement de l'Église[2].
Description

L'ouvrage comprend au total 153 gravures au burin, dont 65 signées par Hieronymus Wierix, 58 par Anton II Wierix, 9 par Johannes Wierix, 11 par Adriaen Collaert, 1 par Jan Collaert, 8 par Karel van Mallery et 1 autre dont l'initiale est un « N. »[3], d'après des dessins de Bernardino Passeri et Maarten de Vos.
Les illustrations ont l'originalité de représenter plusieurs scènes sur une même image. Contrairement à la Pièce aux cent florins (ca. 1649, Rembrandt), où l'artiste utilise le simultanéisme pour inclure tout un chapitre de l’Évangile selon Matthieu dans une seule et même scène, plusieurs scènes sont ici mises côte à côte, séparément, quoique bien intégrées dans une seule image. D'ailleurs, les légendes explicitent les différentes scènes représentées[N 3] en faisant des renvois avec des lettres ou des numéros.
Dans un cadre au-dessus de l'image, chaque gravure porte le jour du calendrier de l'Église auquel elle est associée, une citation de la Bible et l'âge du Christ auquel appartient le passage représenté. À droite de ce cadre, il y a un chiffre arabe qui donne l'ordre de l'image dans la vie du Christ par lequel les gravures sont ordonnées. Sous ce chiffre, un autre chiffre romain : il donne l'ordre du sujet selon son apparition dans les Évangiles par lequel Nadal organise ses annotations et méditations[4].
Le recueil suit l'ordre des contemplations données par Ignace dans son livret des Exercices spirituels. Il en devient ainsi un complément. Il aide le retraitant à se plonger entièrement dans la scène qu'il contemple. Il s'y rend présent comme s'il y était.
En outre, ces dessins utilisent parfaitement l'art de la perspective, alors révolutionnaire à l'époque. Jérôme Nadal voulait ainsi rendre l'Évangile plus vibrant et séduisant.
