Evelyn Askolovitch, née Evelyn Sulzbach le à Amsterdam, Pays-Bas, déportée à l'âge de quatre ans, est une autrice et conférencière française et militante de la mémoire de la Shoah[1].
Evelyn Askolovitch est la fille d'un couple de juifs allemands émigrés au Pays-Bas, Jacob et Anny Sulzbach. L'Allemagne nazie ayant envahi les Pays-Bas en 1940, la famille Sulzbach est rattrapée par les brimades anti-juives, puis est arrêtée, sur la dénonciation de voisins, le . Les Sulzbach passent par un centre de regroupement installé dans un ancien théâtre d'Amsterdam, avant d'être déportée dans les camps néerlandais de Bois-le-Duc et Westerbork, puis en Allemagne à Bergen-Belsen[2]. La famille survivra à sa déportation grâce à de vrais-faux passeports du Honduras qu'une relation d'affaires suisse a fait parvenir à Jacob Sulzbach [2],[3]. Ces passeports faisant des Sulzbach des ressortissants d'un pays neutre, lui évitent le transfert dans les camps d'extermination de Sobibor ou Auschwitz-Birkenau. En , les Sulzbach sont évacués de Bergen-Belsen par la Croix-Rouge et terminent la guerre dans un camp de transit à Biberach, près du lac de Constance. La famille retourne aux Pays-Bas en 1946[réf.nécessaire].
De sa déportation, Evelyn garde peu de souvenirs précis. Ceux-ci lui reviennent parfois sous forme de cauchemars, ou de peurs inexpliquées. Evelyn reste marquée, après-guerre, par le désespoir qui ronge son père, qui, à Westerbork, a dû amener sa propre mère au train qui l'a conduit à Sobibor, où elle sera gazée. Evelyn refoule ses peurs et ses souvenirs pour se construire une vie normale, laissant à sa mère le soin de porter le récit familial[réf.nécessaire].
En 1958, Evelyn épouse le futur journaliste et écrivain juif français Roger Ascot et devient française par son mariage[4].
Dans les années 2010, Evelyn se laisse rattraper par son passé. Elle dit que sa perception d'elle-même a changé en découvrant des documents retraçant sa démonstration, où son nom était écrit[réf.nécessaire].
«(Une amie) m'a fait envoyer par le mémorial de l'Holocauste à Washington, où la Croix-Rouge a déposé tous (s)es documents, un mail avec 25 pièces jointes. Je les ai imprimées et j'ai pleuré dessus pendant trois jours, parce que c'était la preuve – avec mon nom, Evelyn Sulzbach, et non la 'fille de', sur des fiches individuelles –, que j'avais été à Vught, Westerbork, Bergen-Belsen, que j'avais vraiment été, moi, petite fille dans les camps. Et soudain, c'est devenu la réalité, la vraie vérité, (...) et ça a changé la donne.»
Elle décide alors de transmettre son expérience, d'abord dans des conférences, puis dans un livre, co-écrit avec son fils, le journaliste Claude AskolovitchSe souvenir ensemble, qui témoigne de son expérience, et de la reconquête de la mémoire, chez elle puis dans sa famille[5].