Exegi monumentum (Pouchkine)
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| Traducteur |
Valiéry Marakow (en) |
| Sujet |
Postérité du poète |
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| Incipit |
« Я памятник себе воздвиг нерукотворный… » |
Exegi monumentum, Le Monument, ou Je m'élevai une stèle acheropoïète (en russe : «Я памятник себе воздвиг нерукотворный...») est un poème d'Alexandre Pouchkine, écrit en 1836 et publié post-mortem en 1841.
Il s'inscrit dans une tradition poétique initiée par l'ode Exegi monumentum d'Horace. Pouchkine, dans un texte court et lyrique, y donne une vision de son activité créatrice et de la signification de la postérité de l'œuvre d'un poète.
Pouchkine a daté dans son manuscrit le poème du 21 août 1836 ( dans le calendrier grégorien)[1]. Il se rattache à la période dite des Îles Kamenny de son oeuvre, correspondant au milieu des années 1830. Il est associé à la nouvelle résidence du poète.
Exegi monumentum est traditionnellement désigné par son incipit, en russe : «Я памятник себе воздвиг нерукотворный...», dans une traduction littérale « Je me suis érigé un monument qui n'est pas de la main d'un homme ».
Le poème n'a pas été publié du vivant de Pouchkine. Il l'est pour la première fois par Vassili Joukovski, en 1841, dans le neuvième volume du premier recueil posthume des œuvres de Pouchkine[1]. Joukovski apporte au texte différentes modifications. Il replace ainsi les mots de « colonne Aleksandriïski », que le monument érigé par Pouchkine surplombe, par « colonne de Napoléon »[1].
En 1881, l'historien et archéographe russe Piotr Bartenev (ru) rétabli le texte original, qu'il fait paraître dans la revue Archives russes (ru)[1].
Sources et précédents littéraires
Le prototype du poème est un des poèmes les plus célèbres du poète latin Horace, Exegi monumentum, qui commence par les mots : « J’ai dressé un monument plus durable que l’airain » (exegi monumentum aere perennius), et qui conclut le troisième livre de ses Odes[2]. Il a été souvent imité, dans la littérature européenne, de Ronsard à Goethe et à Mickiewicz[2]. Il traite du thème de l'immortalité de et par l'œuvre poétique[2].
Le point de départ d'Horace est une comparaison avec une des sept merveilles du monde : le monument érigé par le poète est « plus haut que le site royal des Pyramides »(regalique situ pyramidum altius)[2].
L'ode Exegi monumentum est précédée d'un texte d'un auteur égyptien antique inconnu, désigné par le titre Éloge des scribes ou Monument acheropoïète.
Dans la littérature russe du XVIIIe siècle, alors sous l'influence du classicisme, le thème du « monument » est repris par des auteurs comme Mikhaïl Lomonossov, Gavrila Derjavine (Le Monument (ru)), Vassili Kapnist, Alexandre Vostokov et Sergueï Touchkov (ru), qui retravaillent et repensent à leur manière la question de la postérité du poète ouverte dans l'Antiquité.