Exil des protestants de Salzbourg (1731-1732)
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Au XVIIIe siècle, les protestants de Salzbourg sont expulsés par les princes-évêques. Environ 17 000 personnes sont concernées. Une partie des protestants de Salzbourg ont trouvé refuge en Lituanie prussienne. Les autres se sont réinstallés dans d'autres États européens, ainsi que dans des colonies britanniques d'Amérique, notamment en Géorgie.
L'expulsion des protestants de Salzbourg a marqué les esprits dans les États protestants d'Europe. Au moins trois cents livres et brochures évoquant les événements de 1732-1733 et célébrant la foi et la persévérance des Salzbourgeois sont publiés[1]. Le poète Goethe notamment adapte une histoire de la migration de Salzbourg au contexte contemporain de la Révolution française dans son œuvre Hermann et Dorothée.
Préliminaires
La principauté de Salzbourg est un état du Saint-Empire romain germanique. La religion officielle est le catholicisme et l'État est dirigé par un prince-évêque. Cependant, les idées luthériennes se diffusent à Salzbourg, principalement dans les régions montagneuses des Alpes orientales.

Aux termes de la paix d'Augsbourg de 1555 signée par l'empereur Charles Quint, le souverain de chaque État pouvait déterminer quelle religion pouvait être pratiquée publiquement sur son territoire.
Les mobiles qui ont conduit Leopold Anton von Firmian à bannir les protestants sont largement d'origine confessionnelle[2]. L'intervention de Frédéric de Prusse présente quant à elle des motifs religieux compassionnels mais bordés par des exigences théologiques strictes (les futurs réfugiés sont ainsi soumis à une vérification théologique de leur foi protestante), mais également politiques, notamment l'affirmation de sa place de leader au sein du Corpus Evangelicorum, tout en proposant aux exilés salzbourgeois de s'installer en bordure orientale de la Prusse, à la frontière lituanienne[2].
Dans l’archevêché princier de Salzbourg, la Réforme avait fait de nombreux adeptes dès les années 1520. L’archevêque Matthäus Lang von Wellenburg (1519-1540) interdit le protestantisme et considéra ses adeptes comme des criminels. Les archevêques Michael von Künburg, Johann Jakob von Kuen-Belasy, Georg von Künburg, Wolf Dietrich von Raitenau et Markus Sittich von Hohenems continuèrent les mesures contre les protestants dans le cadre de la Contre-Réforme et de la recatholicisation. En 1588, Wolf Dietrich von Raitenau les expulsa de la totalité de l’archidiocèse, mais n’y réussit vraiment que dans la ville de Salzbourg [1], où vers 1600 seuls quelques protestants vivaient encore en cachant leur foi. Les paysans de la région du Pongau et les mineurs du pays, dans les mines de sel et autres, comptaient encore de nombreux protestants qui pratiquaient leur religion en secret.
Il n’y eut pas de persécutions pendant la Guerre de Trente Ans, du fait que l’archidiocèse s’était concentré sur la politique étrangère. Entre 1684 et 1690, Maximilian Gandolph von Künburg expulsa un certain nombre de mineurs protestants de Dürrnberg et de paysans protestants du Defereggental.
Les autorités savaient bien, cependant, qu’il existait toujours des protestants qui dissimulaient leur foi. De nouveaux décrets ne cessèrent d’être pris contre eux, par exemple par l’archevêque Franz Anton von Harrach. En 1729, souhaitant renforcer la piété catholique dans le pays, son successeur Léopold Anton von Firmian, sur les conseils de son chancelier Hieronimus Cristani, appela dans le pays des missionnaires jésuites, qui démasquèrent rapidement ceux qui restaient protestants en secret. On exigea alors de ceux qui se prétendaient catholiques qu’ils donnassent des preuves de loyauté envers l’Église romaine, tandis que ceux qui faisaient ouvertement profession de protestantisme furent immédiatement expulsés, en violation des dispositions des Traités de Westphalie. Les protestants se tournèrent alors vers le Corpus Evangelicorum avec une pétition dans laquelle ils faisaient ouvertement profession de protestantisme et, avec l’aide du Corpus, voulaient être reconnus dans leur pays et avoir la possibilité d’avoir leurs propres prédicateurs protestants ou du moins d’émigrer sans entraves. L’autorité Salzbourgeoise, qui n’avait aucune envie de les reconnaître, décida d’expulser le plus rapidement possible les protestants de son territoire pour empêcher leur expansion et pour cela fit venir six mille soldats de l’empereur. Les protestants de Salzbourg convinrent de ce qu’ils feraient au cours de plusieurs réunions et, le , les protestants salzbourgeois prêtèrent à Schwarzach le serment d’allégeance.
