Existentialisme ou Marxisme ?

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PaysDrapeau de la Hongrie Hongrie
Languehongrois
Existentialisme ou Marxisme ?
Auteur Georg Lukács
Pays Drapeau de la Hongrie Hongrie
Genre essai, philosophie
Version originale
Langue hongrois
Version française
Traducteur E. Kelemen
Éditeur Nagel
Collection Pensées
Lieu de parution Paris
Date de parution 1948
Nombre de pages 290

Existentialisme ou Marxisme ? est un essai du philosophe et homme politique hongrois Georg Lukács. Dans cet ouvrage, l'auteur polémique avec les philosophies du XIXe et de la première moitié du XXe siècle. Il accuse plus particulièrement l'existentialisme d'être le nouveau masque de la philosophie « bourgeoise » et de « droite », sous prétexte de chercher une troisième voie entre l'idéalisme et le matérialisme historique. Lukács trace une généalogie de l'existentialisme, qui remonte à Schelling, Kierkegaard et Nietzsche, et aboutit à l'existentialisme de Sartre, Beauvoir et Merleau-Ponty. Il leur reproche d'avoir abandonné l'étude des conditions sociales et économiques des relations humaines, pour se replier dans une philosophie de la conscience individuelle.

Histoire et conscience de classe, ouvrage de Lukács paru en 1923.

Lucien Goldmann, spécialiste français de la pensée de Georg Lukács, affirme que le philosophe hongrois a connu une période existentialiste dans sa jeunesse. Il écrit que « l'existentialisme allemand a avant tout un caractère conservateur ; le seul penseur existentialiste important qui n'avait pas cette attitude était Lukács en 1908, devenu marxiste par la suite, après avoir quitté et dépassé l'existentialisme »[1]. Pour Goldmann, le jeune Lukács fut le premier existentialiste à « sentir la crise », et à donner un tournant radical à sa première philosophie, « à la fois classique et tragique », dans son ouvrage L'Âme et les Formes (1911)[2].

Parmi les penseurs classés dans l'existentialisme allemand, les principaux sont Karl Jaspers et Martin Heidegger[3]. Goldmann essaye de démontrer que l'ouvrage Être et Temps de Heidegger, en 1927, est une réponse critique à Histoire et conscience de classe de Lukács, datant de 1923[4].

Goldmann reprend les analyses de Lukács et qualifie l'existentialisme de philosophie « irrationaliste » et « individualiste ». Pour lui comme pour Lukács, l'existentialisme se développe en lien étroit avec les différentes crises économiques et sociales et les guerres successives en Europe, de 1914 à 1945[5]. « L'absence de Dieu, l'absence d'espoir, l'absence de possibilité de dépasser l'individu, se trouvait au centre même de la pensée philosophique ».

Goldmann pense que les différences entre le marxisme et l'existentialisme, surtout sartrien, sont irréductibles. La raison principale du différend serait le primat de la conscience individuelle chez Sartre, alors que pour Lukács et Goldmann, ce sont « l'histoire, la communauté, les parents, [...] la classe » qui sont premiers dans l'ordre des choses et des explications[6]. Goldmann crédite cependant Sartre de positions « progressistes et même révolutionnaires », et le range plutôt dans le rationalisme (d'origine cartésienne) que dans l'irrationalisme. Il admet que « l'existentialisme a eu un caractère positif qui a pu agir [...] sur la pensée marxiste », parce qu'« il est revenu à une sorte de vécu authentique des problèmes », contre « l'académisme universitaire ». En rapprochant la philosophie de la vie, l'existentialisme ne serait pas si loin du marxisme, qui rapproche la philosophie de la « praxis ».

Contenu

Notes et références

Voir aussi

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