Exposition internationale de blanc et noir
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| Exposition internationale de blanc et noir | |
Vignette constituant la marque de la manifestation[2] | |
| Type | Exposition artistique |
|---|---|
| Pays | |
| Localisation | Paris |
| Date de la première édition | 1885 |
| Date de la dernière édition | 1892 |
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L'Exposition internationale de blanc et noir est une exposition artistique annuelle consacrée aux arts graphiques en noir et blanc, qui eut lieu à Paris entre 1885 et 1892.
L'idée d'un salon
En juillet 1876, la galerie parisienne de Paul Durand-Ruel organise, après une initiative avortée conduite par Richard Lesclide à travers sa revue Paris à l'eau-forte, une « première exposition d'ouvrages exécutés en noir et blanc » avec 745 œuvres présentées, sur le modèle de ce qui se passait alors à Londres, avec les Black & White Exhibitions depuis 1872 aux Dudley Galleries. En avril 1881, les galeries de la revue L'Art, sous la direction d'Eugène Véron, reprennent ce principe. Ces deux expositions s'avèrent des échecs sur le plan commercial, le public n'est pas vraiment au rendez-vous et le monde de la critique, dont Philippe Burty, se questionne sur la nécessité ou non de présenter uniquement des œuvres originales, non plus des multiples[3].
Une manifestation plus ambitieuse
Ces deux tentatives précédentes et le rôle important du dessin dans l'édition, a donné à la direction du périodique Le Dessin (1883-1886)[4], revue des beaux-arts et de l'enseignement artistique, l'idée d'organiser une exposition régulière, uniquement consacrée aux œuvres graphiques en noir et blanc. Sous cette dénomination « blanc et noir » sont exposés les dessins au crayon, à la plume, au lavis, les sanguines, fusains, gravures au burin, eaux-fortes, gravures sur bois, lithographies, pastels, aquarelles, etc.
Les organisateurs sont Ernest Bernard[5], l'imprimeur-éditeur de Paris-Salons et du Dessin, François Bournand, rédacteur en chef de cette dernière revue, et Eugène Guillaume, ancien directeur des Beaux-Arts, qui a rendu obligatoire l'apprentissage du dessin à l'école.
L'article III du règlement de cette exposition stipule que chaque artiste peut exposer deux ouvrages dans chaque section, ou une série de six dans une seule section, les œuvres devant être encadrées.
La première exposition inaugurée le 15 mars 1885 est un succès public. La critique s'inquiète de ce que les œuvres exposées ne donnent une monotonie de ton. L'année suivante, la couleur est introduite, par le biais entre autres de l'aquarelle et du pastel[6].
La dernière exposition est inaugurée le 1er avril 1892, et a toujours comme objectif de promouvoir l'enseignement du dessin. Elle présente 3 393 ouvrages, un record, mais, pour des raisons assez obscures, l'expérience s'arrêtera là[7].
Le "blanc et noir" permet à partir de 1886 à de nombreuses femmes aquarellistes ou pastellistes de présenter leurs œuvres sans crainte d'être « écrasées par les huilistes »: quatre cents femmes artistes y exposent ainsi en 1892[8].
Expositions
- 1885 : première exposition à Paris au palais du Louvre dans la salle des États du pavillon de Flore[9] du au , sous la présidence d'Eugène Guillaume, membre de l'Institut, qui rend hommage à Émile Bernard.
- 1886 : deuxième exposition, au pavillon de l'Enseignement (Tuileries) du 20 mars au 30 avril.
- 1888 : troisième exposition au pavillon de la Ville de Paris, avenue des Champs-Élysées, derrière le palais de l'Industrie, à partir du 15 octobre.
- 1890 : quatrième exposition au pavillon de la Ville de Paris, du au sous la présidence d'Eugène Guillaume.
- 1892 : cinquième et dernière exposition, au palais des Arts libéraux, avenue des Champs-Élysées, du au .
Membres du jury
Le jury officie pour les admissions et les récompenses.
- Président : Eugène Guillaume, à partir de 1885.
- Dessin :
- Louis Français (1814-1897) ;
- Henri Pille (1844-1897) en 1885, 1886 et 1888 ;
- Jean-Léon Gérôme (1824-1904) en 1888 ;
- Auguste Allongé en 1888.
- Fusain :
- Maxime Lalanne (1827-1886) en 1885 ;
- Auguste Allongé en 1885 et 1886 ;
- Léon Lhermitte (1844-1925), en 1886.
- Gravure au burin :
- Claude-Ferdinand Gaillard (1834-1887) en 1885 et 1886 ;
- Adrien Didier (1838-1924) en 1888 ;
- Charles Albert Waltner en 1888 ;
- Théophile-Narcisse Chauvel en 1888 ;
- François Pannemaker (1822-1900) en 1888.
- Eau-forte :
- Charles Jules Waltner (1820-1911) en 1885 et 1886 ;
- Théophile-Narcisse Chauvel en 1885 et 1886.
- Gravure sur bois : François Pannemaker en 1885 et 1886.
- Lithographie : Émile Vernier (1829-1887) en 1885 et 1886.
- Aquarelle et pastel :
- Gustave Boulanger (1824-1888) en 1886 ;
- Jean-Georges Vibert (1840-1902) en 1886 et 1888
- Émile Lévy en 1886 ;
- Léon Lhermitte en 1888.
- Dessins d'art décoratif :
- Pierre-Victor Galland en 1888 ;
- Alexis-Joseph Mazerolle 1888 ;
- Edmond Lechevallier-Chevignard en 1888.
- Dessin d'enseignement et dessin industriel :
- Cougny ;
- Cernesson ;
- Laussedat ;
- Pillet ;
- H. Sinaud.