Expédition féminine de 1959 au Népal

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Création1957
PaysDrapeau du Népal Népal
LocalisationCho Oyu
Expédition féminine de 1959 au Népal
Image illustrative de l’article Expédition féminine de 1959 au Népal
Le Cho Oyu, but de l'expédition.

Type Expédition himalayenne
Création 1957
Pays Drapeau du Népal Népal
Localisation Cho Oyu
Coordonnées 28° 03′ 31″ nord, 86° 39′ 39″ est
Organisateur Claude Kogan
Date 1959
Participant(s) 12
Résultat Échec de l'expédition au camp 4
Bilan
Blessés 2
Morts 4

Géolocalisation sur la carte : Népal
(Voir situation sur carte : Népal)
Expédition féminine de 1959 au Népal

L'expédition féminine de 1959 au Népal est une expédition himalayenne de 1959 dirigée par Claude Kogan.

Il s’agit de la première expédition féminine et internationale dans l'Himalaya. Elle réunit 12 membres et a pour but l'ascension du Cho Oyu (8 188 m), à la frontière entre le Népal et le Tibet. Le camp de base est établi le mais, probablement le , Claude Kogan, une de ses camarades et un sherpa meurent, emportés par une avalanche à 7 700 m d'altitude sans avoir pu atteindre le sommet ; l'expédition est stoppée.

Proposition

En , Claude Kogan tente, avec le guide Raymond Lambert[1], l'ascension du Cho Oyu, mais renonce à 450 mètres du sommet à cause du vent[2]. En 1957, elle annonce au jubilé du Ladies Alpine Club un projet d'expédition exclusivement féminine au Cho Oyu, ce qui constituait une première dans l’Himalaya[3]. Cette annonce retient l'intérêt de plusieurs alpinistes présentes, mais fait également l'objet, lors de son annonce publique, de nombreuses critiques sceptiques[4].

Préparation

Claude Kogan au début de l'expédition.

Pendant deux ans, Claude Kogan s'affaire à préparer son expédition. Elle reçoit des soutiens de la part d'un équipementier à Grenoble ainsi que de son club d'alpinisme. Jean Franco lui permet également d'obtenir du matériel. Elle établit des exclusivités de presse avec Paris Match, le Daily Telegraph et l'agence helvétique Cosmopress. Cependant la majorité de cette expédition doit être financée par ses participantes européennes qui se constituent en société, avec une participation de 450 000 anciens francs par personne[4].

Caractéristiques

L'expédition était prévue pour 3 mois pour une distance totale de 300 km avec 7 000 mètres de dénivelé. Elle était composée de 12 alpinistes expérimentées qui étaient accompagnées de 12 sherpas et 200 porteurs[5].

Tableau des participantes alpinistes[3]
Nationalité Nom Fonction
Drapeau de la France Française Claude Kogan Cheffe d’expédition
Micheline Rambaud Cinéaste
Colette Le Bret Médecin
Jeanne Franco Alpinistes
Drapeau du Royaume-Uni Britannique Margaret Darvall (en), Dorothea Gravina (en), Eileen Healey (en)
Drapeau de la Suisse Suissesse Louise « Loulou » Boulaz
Drapeau de la Belgique Belge Claudine van der Straten (en)
Drapeau du Népal Népalaise Pem Pem et Nima Norgay, Douma


Alpinistes et porteurs avant le départ

Déroulement

Le départ de Paris a lieu le et le départ de Katmandou sur la piste du Nangpa La le . La marche d'approche du Cho Oyu dure 24 jours en période de mousson[6]. Le , le camp de base (camp 0) est établi à 5 600 mètres[7] et une période d'acclimatation à la haute altitude commence.

Le , cependant, deux membres de l'expédition sont victimes de troubles dus à l'altitude, Loulou Boulaz souffre d'un œdème pulmonaire de haute altitude, Margaret Darwall d'une phlébite qui les empêchent de poursuivre l'expédition et les obligent à redescendre. Le Claude et Claudine ouvrent la voie au-dessus du camp de base. Peu après, Eileen et Dorothea établissent le camp 2 tandis que Claudine et Jeanne ouvrent la voie vers le camp 3. Le , Claudine et Claude tentent l’ascension vers le camp 3 mais échouent. Cette ascension réussit cependant le lendemain.

Le , le camp 4 est installé à 7 700 mètres et Claude, Claudine et le sherpa Ang Norbu[8] y restent pour tenter l'ascension du sommet. C'est le sort, par un tirage à la courte paille, qui désigne Claudine van der Straten pour accompagner Claude Kogan au camp 4[9]. Mais le temps se détériore l'après-midi par des chutes de neige sous une chaleur particulièrement forte pour l'altitude, provoquant des avalanches. L'une d'elles atteint le camp 4 et l'ensevelit, tuant ses trois occupants, probablement le [10]. Deux sherpas tentent de remonter au camp 4 pour aider Claude et Claudine à redescendre, mais sont pris dans une avalanche dans laquelle le sherpa Chhoyang est emporté[8] ; l'autre survit en ayant les mains gelées. Il redescend, seul dans la tourmente et pendant 8 h, avant d'arriver au camp de base. L'ensemble de l'équipe est forcée par la météo à redescendre au camp de base. Le  le mauvais temps ne permet pas de lancer plus tôt les recherches  Jeanne et Dorothea réussissent à atteindre l'emplacement du camp 4 mais ne trouvent aucune trace de celui-ci[11].

Le retour en Europe s'effectue le pour Eileen Healey et Loulou Boulaz tandis que Jeanne Franco et Colette Le Bret reviennent en France le à l'aéroport d'Orly où elles sont attendues par des journalistes[5].

Bilan

Film

Micheline Rambaud, la cinéaste de l'expédition, a réalisé un film intitulé Voyage sans retour qui retrace l'histoire du projet[12]. Ce film a reçu le premier prix de l'Union internationale des associations d'alpinisme au festival de Trente (it) en Italie[13] en 1960[14].

Découvertes scientifiques

L'expédition de Claude Kogan a apporté en 1960 la première contribution à la description des espèces de Noctuidae au Népal. Une espèce jusqu’alors inconnue, Diarsia claudia, a d'ailleurs été découverte parmi les spécimens ramenés en France et nommée en hommage à Claude Kogan[15].

Dimension féministe de l'expédition

Voir aussi

Notes et références

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