Exécution de Charles Ier

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Estampe allemande contemporaine de l'exécution de Charles Ier, à l'extérieur de la maison des banquets. Basée sur la première représentation européenne de l'exécution.

L'exécution de Charles Ier, roi d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande, par décapitation est survenue le mardi devant la maison des banquets à Whitehall (Londres).

L'exécution a été le point culminant de conflits politiques et militaires entre les royalistes et les parlementaires en Angleterre pendant la guerre civile anglaise, conduisant à la capture et au procès de Charles Ier.

Représentation de Charles Ier sur l'échafaud en train de prononcer un discours.

Le samedi , la Haute Cour de justice (en) parlementaire déclare Charles coupable d'avoir tenté de « maintenir en lui-même un pouvoir illimité et tyrannique de gouverner selon sa volonté, et de renverser les droits et libertés du peuple » et il est condamné à mort. Le roi passe ses derniers jours au palais de Saint James, accompagné de ses sujets les plus fidèles et visité par sa famille.

Le , il est conduit sur un grand échafaud tendu de noir construit devant la maison des banquets, où il doit être exécuté. Une grande foule s'est rassemblée pour assister au régicide.

Charles monte sur l'échafaud et s'apprête à prononcer son dernier discours, mais s'aperçoit que la foule ne peut l'entendre, en raison des gardes parlementaires qui forment une barrière avec les Londoniens. Il se tourne alors vers l'évêque de Londres, William Juxon, choisi pour assister le monarque dans ses derniers instants, et le charge de prendre note de sa prise de parole : il déclare son innocence des crimes dont le parlement l'a accusé, se proclame « martyr du peuple », et dit attendre au ciel sa « couronne incorruptible ».

Charles réclame ensuite un bonnet de soie afin que le bourreau ne soit pas troublé par sa chevelure, pose la tête sur le billot, et attend quelques instants avant de donner un signal ; le bourreau décapite le roi d'un seul coup de hache et tend silencieusement sa tête vers la foule, sans proclamer la phrase rituelle « Voici la tête d'un traître ! ». Il la laisse ensuite tomber au milieu de la foule : certains soldats trempent des étoffes dans le sang du monarque et coupent des mèches de ses cheveux. Le corps est placé dans un cercueil tendu de velours noir et exposé quelque temps au palais de Whitehall.

L'identité du bourreau et de son assistant n'ont jamais été révélées.

Réactions

Grande-Bretagne

Lors de la restauration de Charles II d'Angleterre en 1660, neuf personnes jugées pour le meurtre de Charles Ier furent exécutées à Londres par le supplice de la pendaison, de la trainée et du démembrement sur plus de six jours. Dans les deux années qui suivirent, au moins trois autres furent exécutés. En outre, les corps d'Oliver Cromwell, de John Bradshaw et de Henry Ireton furent exhumés afin de subir le supplice à titre posthume pour leur complicité dans le régicide.

Europe

Les réactions des cours étrangères furent presque unanimement négatives, et les princes d'Europe furent prompts à manifester leur condamnation du régicide. Néanmoins, peu nombreux furent ceux qui prirent des sanctions contre le nouveau gouvernement anglais. Même les alliés des royalistes au Saint-Siège, en France et aux Provinces-Unies évitèrent de dégrader leurs relations avec les forces parlementaires, les Néerlandais allant jusqu'à éviter dans leurs déclarations officielles de donner à Charles le prédicat de « Sa Majesté ».

La plupart des pays européens étaient en effet préoccupées par leurs propres troubles intérieurs, comme la Fronde en France, ou les négociations du récent traité de Westphalie.

Seule exception à cette relative indifférence des cours européennes, le tsar de Russie Alexis choisit de rompre les relations diplomatiques avec Londres, d'accueillir à Moscou des réfugiés royalistes anglais, de bannir de ses États tous les marchands anglais, d'adresser formellement ses condoléances à la reine Henriette-Marie, et d'assurer une aide financière à Charles II.

Iconographie

Héritage

Dans la littérature

Références

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