On trouve les origines de la faculté de philosophie dans la fondation du Gymnase protestant par le réformateur Jean Sturm en 1538. À l'époque, cet établissement était à la fois destiné à l'enseignement secondaire et à l'enseignement supérieur. Dans la faculté des Arts du gymnase, on trouvait alors des enseignements de philosophie, d'histoire, de latin, de grec, d'hébreu, mais aussi des sciences (en particulier la médecine).
Vue de l’ancienne université de Strasbourg dans le couvent des Dominicains et d’une salle de cours. Page de titre de l’œuvre de Jacob Wimpheling, Catalogus Episcoporum Argentinensium 1651.
La faculté de philosophie est proprement fondée en 1566 par l'empereur du Saint-Empire, Maximilien II. À cette époque, elle est habilitée à délivrer les diplômes de grades supérieurs de maître et de docteur, tandis que les facultés de droit, de médecine et de théologie ne décernaient que la licence. Les étudiants strasbourgeois en droit, médecine et théologie devaient donc quitter Strasbourg pour tenter d’aller obtenir ailleurs (généralement à Bâle, Tübingen ou Heidelberg) les grades supérieurs dans leur discipline[1].
Ancien régime
Lors de la guerre de Trente ans, l'empereur Ferdinand II fait évoluer les autres disciplines en facultés propres, étendant ainsi le privilège réservé alors à la seule philosophie.
Durant tout l'ancien régime, la faculté préserve son autonomie et la faculté de délivrer les grades supérieurs.
Révolution et Premier Empire
En 1793, un décret abroge toutes les universités de France, dont celle de Strasbourg.
Il faut attendre le rattachement à de l'Alsace-Moselle à l'Empire allemand pour que soit créée la Kaiser-Wilhelms Universität qui permit de retrouver à Strasbourg une «philosophische Fakultät». Cependant, cette faculté contient aussi des départements de langue et de lettres.
Retour à la France et annexion au IIIe Reich
Lors de la rétrocession de l'Alsace à la France, l'université de Strasbourg est recrée le , le second retour à la France après les années d'annexion par le IIIe Reich de la Reichuniversität Straßburg ne permit pas que soit constituée à nouveau une faculté de philosophie en propre.
Fusion des trois universités de Strasbourg
Il faut attendre la fusion de 2009 pour que soit créée une faculté de philosophie à Strasbourg, qui désormais partage la particularité d'avoir une faculté consacrée à la philosophie avec Paris, Lyon et Rennes.