Fado de Coimbra
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Le Fado de Coimbra est un type de fado originaire de la ville de Coimbra au Portugal. Pratiqué par les étudiants de l'université de Coimbra, il est également connu comme le fado des étudiants. Trouvant ses racines dans le trovadorismo ibérique du moyen-âge, le fado de Coimbra est considéré l'un des symboles de la ville de Coimbra.
Il est l'une des deux grandes écoles de fado avec celui de Lisbonne.
La sérénade de Coimbra (1500-1800)

On retrouve au XVIe siècle la trace d'étudiants qui avaient pour habitude, dans les rues de Coimbra, de chanter des sérénades. Ces musiques, qui mêlaient références littéraires, histoires d'amour et éléments de culture populaire, sont l'origine des chants académiques à Coimbra. Le fado de Coimbra, de cette origine de la sérénade, a conservé cette habitude du chant populaire, sur les places publiques, dans les rues ou les cafés par des artistes amateurs. La sérénade a également considérablement influencé les thématiques propres au fado de Coimbra, celle de la chanson d'amour, héritée des textes médiévaux, de l'amour de la ville ou a contrario de l'éloignement de sa terre d'origine. Cette tradition à également influé sur l'esprit et l'origine universitaire indissociable au fado de Coimbra[1].
On retrouve dans un ouvrage de 1789 de Manuel da Paixão Ribeiro, Nova Arte de Viola (Nouvel art de la guitare en français), la description d'une viola toeira, instrument dévié de la guitare baroque, typique de la ville de Coimbra et de la pratique de sérénade et du fado, probablement apparu entre la deuxième moitié du XVIe sièclee et le XVIIe siècle au Portugal. La viola représenté par Manuel sur son schéma est identique à celle qui a subsisté jusqu'à aujourd'hui : 12 cordes divisés en 5 ordres[2].
La naissance du fado de Coimbra (1800-1920)
En 1886, arrive à Coimbra Augusto Hilário, figure mythique du fado de Coimbra. Etudiant en médecine à l'université, c'est surtout pour sa musique que Augusto va se démarquer, menant une vie bohème et se passionnant pour le fado local, Augusto va s'imposer comme le maître de ce style, artiste brillant et complet il marquera définitivement le fado local en termes de chant comme en termes de composition et s'attachera à adapter en fado les œuvres des grand nons poètes portugais du XIXe siècle : Guerra Junqueiro, António Nobre, João de Deus, Teixeira de Pascoaes, Fausto Guedes Teixeira, Ladislau Patrício ... Son œuvre est arrêtée par son décès prématuré en 1896, à l'âge de 32 ans. Son impact sur le fado de Coimbra est considérable, notamment en termes de composition et de chant, mais aussi parce que c'est avec lui que le fado de Coimbra passe d'une musique de rue peu reconnue, à une musique respectée dont les musiciens sont vus comme des artistes. En 1894, il est le premier à enregistrer du fado de Coimbra sur disque, le , il se produit même sur la scène du théâtre D.Maria II, à Lisbonne, où le roi du Portugal D.Carlos Ier et la famille royale feront le déplacement pour l'événement considérable que représentait ce concert, comme le rapporte le journal "O Primeiro de Janeiro" du nous dit[3] :
“Hylário, le cher bohémien des sérénades joyeuses et extravagantes, improvisa durant sa représentation ce quatrain au poète consacré [João de Deus] :
Tu fût déjà ce que je suis ; Et je ne suis ce que tu est ; Ton bandolim à cassé ; Le mien va te baiser les pieds !
Et, secondement, il s'agenouilla et jeta dans la bouche du proscenium du théâtre (…) sa magique guitare qui vibraient encore des derniers sons des notes de ce fado superbe. Les spectateurs applaudirent frénétiquement.” [4]
Caractéristiques du Fado de Coimbra
Interprétée avec la traditionnelle Guitarra de Coimbra (un type de guitare portugaise originaire de Coimbra), une version modifiée de la guitare de Lisbonne prétendument créée par le fadiste Artur Paredes, elle est généralement accompagnée d'une guitare acoustique classique, il est chanté exclusivement par des voix masculines[5],[6].
Les guitaristes Artur Paredes et son fils Carlos Paredes sont considérés comme deux maîtres de ce genre musical[7]. Parmi ses chanteurs les plus renommés figurent Edmundo Bettencourt (pt) et António Menano (pt), dans les années 1930 et 1940, et José Afonso, Adriano Correia de Oliveira, Luís Goes et João Maria Tudela, dans les années 1950 et 1960, les deux soi-disant « âges d'or » du genre[6]. D'autres noms connus dans le genre incluent Loubet Bravo (pt) et Fernando Machado Soares[8].
L'Association Académique de Coimbra possède une section fado, qui enseigne ce genre musical aux étudiants et promeut des projets et événements musicaux liés à ce genre. Sa renommée à travers le Portugal a conduit à la création de structures similaires dans d'autres villes, comme à Lisbonne et Porto, où se trouvent également des groupes de Fado de Coimbra organisés par des étudiants et des habitants.