Fait stylisé
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En sciences sociales, spécialement en économie, un fait stylisé est une représentation simplifiée d'un résultat empirique[1]. Un fait stylisé est souvent une généralisation large qui résume des données qui bien que généralement vraies peuvent se révéler inexactes dans le détail.
Un exemple de fait stylisé est donné par la proposition suivante : « le niveau d'étude augmente significativement le niveau de revenu ». Si cette énonciation est généralement vraie, on peut malgré tout trouver des contre-exemples. Par exemple, les titulaires de doctorat peuvent être moins payés que des personnes ayant fait moins d'études. La raison étant que le doctorat mène souvent à des métiers d'enseignant plutôt qu'à des secteurs où les salaires sont plus élevés.
Jan Tinbergen (1936) introduit le concept de stylisation quand il décrit ce qui est généralement considéré comme le premier modèle macroéconomique. Il note alors :
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Le terme « fait stylisé » a été introduit par l'économiste Nicholas Kaldor dans le cadre du débat sur la croissance économique de 1961[3], en perfectionnant son modèle sur les hypothèses de son article de 1957[4]. Critiquant les modèles néoclassiques de son temps, Kaldor soutient que la construction d'une théorie débute avec un résumé des faits significatifs. Cependant, pour lui, « les faits enregistrés par les statisticiens sont toujours sujets à de nombreux obstacles et restrictions, et pour cette raison ne peuvent être résumés (facts as recorded by statisticians, are always subject to numerous snags and qualifications, and for that reason are incapable of being summarized) ». Il suggère alors que les théoriciens partent d'une vue stylisée des faits, c'est-à-dire qu'ils se concentrent sur les grandes tendances, en ignorant les détails individuels. C'est en lien avec les tendances générales qui résultent d'un tel procédé que Kaldor forge le terme faits stylisés.
Exemples
Les faits stylisés sont largement employés en économie, en particulier dans la construction de modèles économiques ou dans leur validation.
- Les profits des actions ne sont pas corrélés et ne sont pas facilement prévisibles[5].
- Les courbes de taux tendent à devenir parallèles.
- Le niveau d'études est positivement corrélé aux revenus.
- Comportement inventif des firmes : la variance de la production excède la variance des ventes[6].