Le Falls of Clyde a été construit sur le chantier naval de Port Glasgow, sur la rivière Clyde en Écosse, la Russell and Company du célèbre constructeur William Lithgow.
Son nom de baptême veut dire «chutes d'eau de la rivière Clyde».
Son voyage inaugural l'a conduit à Karachi au Pakistan. Il se consacra pendant ses six premières années au commerce avec l'Inde. Puis le trafic de marchandises générales comme le bois, le jute, le ciment et le blé le mena dans les ports d'Australie, de Californie de Nouvelle-Zélande.
Après vingt ans sous le pavillon de la Royal Navy, le Falls of Clyde est racheté par le capitaine William Matson de la Matson Navigation Company. En 1899, il navigue sous pavillon hawaïen et son port d'attache devient Honolulu. Lorsque la République d'Hawaï est annexée par les États-Unis en 1900. Une loi spéciale du Congrès des États-Unis sera promulguée pour qu'il puisse battre pavillon américain.
Pour réduire le nombre d'hommes d'équipage, le mât arrière est réduit de longueur pour obtenir un gréement de quatre-mâts barque et un rouf est installé pour obtenir des cabines pour passagers payants. De 1899 à 1907, le Falls of Clyde fait plus de soixante voyages entre Hilo (Hawaï) et San Francisco (Californie). Il transporte essentiellement des marchandises générales de San Francisco et du sucre d'Hawaii. Réputé pour sa rapidité, il fait généralement le voyage en 17 jours.
En 1907, l'Associated Oil Company, devenue depuis Tidewater Petroleum, rachète le Falls of Clyde et le convertit en pétrolier d'une capacité de trois millions de litres.
Il transporte du kérosène de Gaviota (Comté de Santa Barbara) en Californie, à la Oahu Railway Land Company (OR & L) et, à son retour, de la mélasse en vrac pour l'alimentation du bétail.
En 1927, le pétrolier est vendu à la General Petroleum Company (maintenant Mobil). Les mâts sont abattus et il devient un dépôt flottant de carburant en Alaska jusqu'en 1959.
Il est revendu à William Mitchell qui le remorque à Seattle pour le préserver. Différentes tentatives de revente échouent entre 1959 et 1963. Même le projet de Karl Kortum, directeur du Musée maritime de San Francisco, pour sauver le navire et le transporter à Long Beach ou Los Angeles, échoue.
En 1963, la banque détenant l'hypothèque sur le Falls of Clyde abandonné, décide sa vente pour être coulé comme brise-lames à Vancouver. Karl Kortum recueille les fonds nécessaires, juste avant son échouage, pour le racheter. Il est transporté à Hawaii par le remorqueur USS Moctobi.
Le Falls of Clyde est offert au musée Bishop et ouvert au public en 1968. En 1970, un grand chantier de rénovation est engagé. Sir William Lithgow, petit-fils du constructeur d’origine et lui-même constructeur naval, est engagé afin de superviser les travaux, tandis que le chantier qui a construit le navire fournit des nouveaux mâts en acier, les perroquets, le foc et les bômes en pin d’Oregon[1].
En 2009, le Falls of Clyde est déjà très dégradé lors de son transfert à l’association Friends of Falls of Clyde.
En 1982, l’ouragan Iwa traverse Hawaï et endommage gravement le navire[4]. Il continue de se détériorer au fil des années, notamment en raison de l’absence d’un entretien préventif régulier et d’une mise en cale sèche. Une controverse éclate à propos du musée, accusé d’incompétence et de malhonnêteté à la suite d’un appel à dons qui lui permet de récolter 600 000 dollars pour l’entretien du navire, mais qui n’en utilise que la moitié pour le Falls of Clyde, détournant l’argent sur d’autres projets[5],[6].
En 2008, le musée Bishop annonce son intention de couler le navire d’ici la fin de l’année s'il ne parvenait pas à collecter des fonds privés destinés à son entretien permanent[7]. Finalement, en septembre de la même année, le Falls of Clyde est transféré à l’association à but non lucratif Friends of Falls of Clyde, qui souhaite le restaurer et lui faire un entretien annuel en cale sèche[8],[9]. De nombreux objets et accessoires ont toutefois déjà disparus, donnés ou volés, dans l’optique où le navire allait probablement être coulé avant l’émergence de ce changement de propriétaire[10],[11]. La Fondation Robert J. Pfeiffer fait un don de 350 000 $, mais d’autres aides, espérées par l’association, ne sont finalement pas obtenus, notamment les fonds fédéraux du programme «Save America’s Treasures»[12]. Son état continue de se détériorer jusqu’en , lorsque les autorités portuaires lui retire le droit d’être amarré au quai 7 en raison de son état, qui devient dangereux pour la sécurité des utilisateurs du port[13].
Après le musée
En , une campagne baptisée «Save Falls of Clyde – International» (FOCI) est lancée par un groupe basé à Glasgow, avec l’objectif de la ramener en Écosse[4].
En , les autorités portuaires mettent le navire aux enchères, sans succès[14]. Une seconde procédure, sous forme d’appel d’offres, est lancée en afin de retirer le Falls of Clyde du port d’Honolulu et obtient deux réponses. Toutefois, les résultats sont contestés par l’association propriétaire du navire[15].
En , un accord est trouvé entre l’association et les autorités portuaires afin de rapatrier le navire jusqu’à Greenock ou Glasgow, où sa restauration doit être réalisée[16]. Des différents juridiques et techniques entrainent toutefois du retard dans le projet[17] et, en , l’accord est dénoncé par les autorités en raison du non-respect des conditions prévus initialement[18]
L’état d’Hawaï lance alors un appel d’offres pour le démantèlement du navire[19], qui est également radié du Registre national des lieux historiques le [20] puis du statut de National Historic Landmark en décembre suivant[21].
Faute de résultats, c’est le sabordage qui est finalement envisagé.
Le au matin, le Falls of Clyde est remorqué au large et coulé en eau profonde à 25 milles au large[22],[23].
Références
↑Carter, «Notes on a Picture: Falls of Clyde», Australian Sea Heritage, Sydney, Australia, Sydney Maritime Museum Ltd, nos93/94, , p.59–61
↑Nina Wu, «State received 2 proposals in bid for removal of the Falls of Clyde from Honolulu Harbor», Honolulu Star-Advertiser, (lire en ligne, consulté le )
↑Ross Crae, «Falls of Clyde: 143-year-old tall ship to finally return home for a new eco-friendly future», The Sunday Post, (lire en ligne, consulté le )
↑Martin Hannan, «Falls of Clyde: Bid to bring ship home receives major boost», The National, (lire en ligne, consulté le )