Famille Charron (Blésois)

famille française, aujourd'hui éteinte, issue de la noblesse blésoise d'Ancien Régime From Wikipedia, the free encyclopedia

La famille Charron[b] (parfois appelée Charron de Menars pour la différencier de ses multiples homonymes) est une famille éteinte de la noblesse française, originaire du val de Loire blésois, ayant eu pour principal fief Menars[c], en actuel Loir-et-Cher.

BlasonnementD'azur à un chevron d'or accompagné de trois étoiles du même.
FondateurGuillaume Charron (1535–1605)
PériodeXVIe – XVIIIe siècles
Faits en bref Blasonnement, Fondateur ...
Famille Charron
Image illustrative de l’article Famille Charron (Blésois)
Armes de la famille

Blasonnement D'azur à un chevron d'or accompagné de trois étoiles du même.
Fondateur Guillaume Charron (1535–1605)
Période XVIe – XVIIIe siècles
Origine Comté de Blois (Drapeau de l'Orléanais Orléanais)
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France
Fiefs tenus Averdon, Conflans-Sainte-Honorine, Cour-sur-Loire, La Chapelle-Saint-Martin-en-Plaine, La Chaussée-Saint-Victor, Herbilly, Marolles, Maves, Menars, Mer, Mulsans, Saint-Claude-de-Diray, Saint-Denis-sur-Loire, Suèvres, Villebarou, Villerbon, Villexanton
Titres obtenus vicomtes, marquis
Demeures château de Menars
château de Nozieux (Saint-Claude-de-Diray)
hôtel Le Charron (Paris IV)
hôtel de Saumery (Blois)
Charges trésorier extraordinaire des guerres
intendant des turcies et levées
gouverneurs du château de Blois
capitaines des chasses du comté de Blois
président à mortier du parlement de Paris
surintendant de la Maison de la reine
Fonctions militaires maréchaux de camp
colonel
brigadier d'infanterie
Preuves de noblesse
Montres supposément anoblie en 1652[a]
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Issue d'un milieu modeste, la famille s'est notamment illustrée avec Jean-Jacques Charron, vicomte puis marquis de Menars, devenu beau-frère du ministre Colbert depuis le mariage en 1648 de ce dernier avec Marie Charron, sœur de Jean-Jacques.

La famille s'est éteinte sous le Premier Empire, en 1803, en la personne de Marie-Anne Charron, morte dernière de son nom[1]. De manière agnatique, la famille s'est éteinte en 1746 avec le décès prématuré de son dernier membre masculin, le marquis Marie-Jean-Baptiste-Pierre Charron de Menars, mort encore mineur[2].

Des descendants de la famille subsistent néanmoins au sein notamment de la famille Colbert et de la famille de Castellane.

Histoire

Origines

Les premières générations de la généalogie proposée en 1923 par le baron de Woëlmont ont été remises en cause par quatre historiens blésois, Alexandre Péan, Alexandre Dupré, Frédéric Lesueur et Jean Chavigny, le dernier ayant complété les recherches des précédents sur le château de Menars.

Tous s'accordent à affirmer que les Charron sont issus d'un milieu fort modeste et ont bénéficié d'une ascension sociale relativement tardive mais très brève. Le premier membre de la famille répertorié se nomme Guillaume Charron (1535–1605), possiblement d'abord mentionné comme maître-tonnelier à Montlivault[3], avant de devenir maître de la poste des chevaux du roi, autrement dit écuyer d'écurie, aussi à Montlivault[4] ou bien à Saint-Dyé-sur-Loire[5],[3],[6]. Si son activité d'écuyer est confirmée, Alexandre Dupré (se basant sur les travaux d'Alexandre Péan[7]) doute cependant de son activité dans la viticulture et le mentionne comme seigneur des Haugonnières[8],[Fief 1].

Marié à Geneviève Lemaire[9], Guillaume aurait eu jusqu'à trois fils que les auteurs tendent à confondre. Si le baron de Woëlmont et Lesueur en dénombrent deux[3],[10], Chavigny en compte trois : Jacques (1565–1618), Guillaume II ( vers 1629) et Jean II[4].

Ascension sociale

D'après Dupré, Jacques hérita du fief des Haugonnières[9] alors que selon la thèse de Chavigny, il était un simple marchand de vin à Saint-Dyé-sur-Loire[11]. Ayant fait fortune grâce à son négoce, il devient receveur des tailles en 1597[12]. Ses deux frères s'étaient engagés dans l'armée, mentionnant Guillaume II comme commissaire de l'artillerie de France et Jean II ( 1656[13] ou 1659[14]) contrôleur des guerres en Picardie[11]. C'est probablement de ce Jean que le baron de Woëlmont parle lorsqu'il présente un Jacques comme trésorier général de l'extraordinaire des guerres en Picardie qui aurait fait fortune auprès du surintendant des finances, Claude de Bullion[3],[12].

Marié à Mathurine Moreau, Jacques fut père de deux fils : Jacques II (1599–1669) et Guillaume III (1603–1669). Suivant les traces de son oncle, le cadet se fit commissaire des guerres et contrôleur provincial de Picardie, puis trésorier général de l'artillerie et de l'extraordinaire des guerres pour la cavalerie légère[11]. Grâce à sa fortune[3], Guillaume III aurait ensuite acquis, par un acte daté du [5] ou 1637[4], des héritiers de la famille Barentin la seigneurie de Menars[d] pour 17 500 livres[4].

Ayant vécu plus longtemps que ses frères, Jean II (dit le Rusé[14] ou le Frisé[12]) fut de même en ordonnant la construction du château de Nozieux[Fief 2], sur un terrain legué par son père sis sur l'autre rive de la Loire, juste en face de Menars[13]. À Paris, il se fit construire plusieurs édifices sur l'île Saint-Louis[12], dont l'hôtel Le Charron[15],[16]. Endetté à cause des travaux, Jean II fut néanmoins contraint de revendre sa demeure de campagne à Nozieux à son neveu Guillaume en 1652[17]. Comme son frère Guillaume II, Jean II mourut sans laisser de descendance.

Guillaume III a aussi voulu agrandir son fief, notamment en rachetant les seigneuries voisines de Villexanton en 1642 au seigneur d'Entragues, puis celle de Cour-sur-Loire en 1647, jusque là possédée par le comte Henri Hurault de Cheverny[18],[19].

Cependant, aucun des deux ne laissa de postérité, les fiefs de Menars et de Nozieux tombant ainsi entre les mains de Jacques II Charron, frère aîné de Guillaume III et neveu de Jean II[17].

Apogée

Jacques II servit d'abord dans l'armée, en tant que commissaire des guerres de la compagnie des chevaux-légers du baron de Laurières, avant de devenir échevin à Blois en 1637, maître particulier des Eaux et Forêts, intendant des turcies et levées en 1640, conseiller d'État en 1643 et, enfin, bailli gouverneur de la ville de Blois en 1661[9],[17]. Ce second Jacques Charron, qui aurait été anobli en [20],[21],[a], continua à agrandir son domaine en achetant les seigneuries de Villerbon[3], se constituant ainsi un fief croissant sis à cheval entre les plaines fertiles de Beauce et l'axe fluvial de la Loire[3]. Il épousa Marie Bégon, aussi issue d'une famille blésoise fraîchement portée aux honneurs de la noblesse par son frère Michel Bégon ( ), avec qui il eut un fils et deux filles[3],[17]. Aux alentours de 1646, Jacques II commande l'agrandissement du château de Menars[6], bien qu'il ne soit achevé sous son fils. En récompense de ses services, Jacques II se voit élevé au titre de vicomte par lettres patentes de Louis XIV, le [19] ou 1657[15],[21],[6].

Jacques II laissa douze enfants[22], dont un fils et trois filles : Marie (1630–1687), Catherine et Thérèse. La première épousa en 1648 un jeune intendant du cardinal de Mazarin du nom de Jean-Baptiste Colbert[23],[24],[19], qui deviendra par la suite le principal ministre d'État sous Louis XIV. Nommé conseiller du roi quelques jours avant la cérémonie de mariage, Colbert vécut d'abord principalement grâce à la dot de son épouse[25]. Devenue Mme Colbert, Marie semble avoir été appréciée des Blésois de son vivant, comme le note Jean Bernier qui lui dédie en 1682 une épître dédicatoire au début de son Histoire de Blois[26], qui reste l'un des plus anciens ouvrages conplets relatifs à la cité blésoise nous étant parvenus. Catherine (1630–1706) fut mariée en 1650 au marquis Jacques-François Johanne de Lacarre de Saumery, avec qui elle laissa postérité[23],[10]. Enfin, la dernière fut quant à elle l'épouse du marquis René-Élysée Darrot depuis 1656[27],[24].

Portrait du marquis Jean-Jacques Charron, beau-frère du ministre Colbert.

Son fils et naturel héritier, Jean-Jacques (1643–1718) fut successivement surintendant de la reine Marie-Thérèse, gouverneur du château de Blois, capitaine des chasses du comté de Blois et président à mortier du parlement de Paris. Devenu vicomte de Menars à la mort de son père en 1669, il est à son tour élevé marquis par Louis XIV dès 1676[28],[21],[29]. En plus de sa baronnie de Conflans-Sainte-Honorine en Île-de-France[24], le marquisat de Menars réunit alors un des plus importants domaines de l'Orléanais, avec notamment Averdon, Baignoux[Fief 3], Cour-sur-Loire, Saint-Claude-de-Diray, Saint-Denis-sur-Loire, Herbilly, La Chapelle-Saint-Martin, La Chaussée, Marolles, Maves, Mer[e], Mulsans, Nozieux, Suèvres, Villebarou, Villeneuve[Fief 4], Villerbon, Villerogneux[Fief 5] et Villexanton[28],[30]. Par ailleurs, le roi déclara le marquisat comme relevant directement du château du Louvre, donc du domaine royal, au lieu du bailliage de Blois[28].

De son épouse Marie-Françoise de La Grange de Trianon de Neufville (1655–1729)[31], Jean-Jacques laissa un fils ainsi qu'une fille, Élisabeth-Madeleine-Françoise (1680–1733), mariée et laissant postérité à Dreux-Augustin Dugué, maître des requêtes de l'hôtel du roi[10].

Déclin

Fils unique de Jean-Jacques, Michel (1673–1739), hérita en 1718 du marquisat ainsi que des charges de capitaine des chasses à Blois et Chambord et de gouverneur de la ville de Blois[24]. Engagé dans l'armée, il est notamment promu colonel du régiment de Sancerre, brigadier d'infanterie, puis maréchal de camp. D'abord marié à Anne-Marie-Charlotte de Saligné de la Chaize, le couple se sépara[f] après avoir donné au monde une fille, Marie-Charlotte-Françoise (1707–1721)[24]. Bien que décédée jeune, cette dernière laissa postérité de son union avec le marquis de Maisons, Jean-René de Longueil[1].

En secondes noces, Michel épousa Anne, fille cadette de Jean-Louis de Casteras, seigneur de la Rivière, brigadier des armées et sous-lieutenant des mousquetaires du roi. De ce second lit naquirent deux autres filles et un fils, baptisé Charles-Amand[1] ou bien Marie-Jean-Baptiste-Pierre[32]. Bien que ce dernier fut promu lieutenant d'infanterie et assura la charge de gouverneur du château de Blois, il mourut mineur et non marié en 1746[2].

Quant aux filles, la première, Louise-Charlotte-Amande (née en 1730), épousa le comte puis marquis Esprit-François-Henri de Castellane de Novejan, avec qui elle eut dix enfants[1]. La seconde, Marie-Anne (1733–1803), fut l'épouse de François IV de Lastic, comte de Sieujac, avec qui elle laissa postérité[33].

Par un acte du , l'une des dernières representantes de la famille, Mme de Castellane, qui ne vit plus en val de Loire et avait loué le château de Menars en 1754 à un bourgeois de Paris[2], finit par vendre le marquisat et le château familial à la marquise Antoinette Poisson de Pompadour, maîtresse de Louis XV[34],[2].

Généalogie simplifiée

Demeures

Héraldique

La famille Charron portait « d’azur à un chevron d’or, accompagné de trois étoiles du même »[13],[42],[43],[20],[44],[45],[3],[21],[19],[46]. Ces armoiries sont néanmoins loin d'être uniques en France[g].

L'écu est supporté de deux cignes au naturel[44],[19].

En souvenir de ses deux premiers marquis, la commune de Menars (Loir-et-Cher) a, par délibération municipale en 2011, repris ces armes à l'identique[47][source insuffisante].

Hommage

À Menars, l'artère principale, correspondant aujourd'hui à la D2152, est nommée avenue Guillaume Charron.

Notes et références

Voir aussi

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