Famille Doublet
From Wikipedia, the free encyclopedia
La famille Doublet est une famille d'imprimeurs et libraires de Saint-Brieuc, actifs aux XVIIe et XVIIIe siècle. Les Doublet installent l'imprimerie à Saint-Brieuc à la demande de l'évêque de Saint-Brieuc André Le Porc de la Porte en 1620. Ils sont ensuite imprimeurs de la ville, de l'évêché et du collège. Deux branches de la famille se disputent le monopole local de l'imprimerie jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. Jean-Louis Mahé puis Louis-Jean Prud'homme leur succèdent.
Les premiers Doublet
Guillaume Doublet, originaire de Coutances, est le premier typographe installé à Saint-Brieuc, en , à la demande de l'évêque de Saint-Brieuc André Le Porc de la Porte[1],[2],[3]. Dès les premiers années de son installation, il imprime plusieurs livres pour le diocèse, dont certains en association avec Pierre Doublet, très probablement son frère, mort en 1654. Guillaume Doublet produit des livres jusqu'à sa mort en 1657[4].
François Doublet, né en 1631, succède à son père Guillaume en 1657 et meurt en 1679. Sa veuve, Renée Nouel, dirige probablement l'atelier pendant l'apprentissage de leur fils Pierre. Ce dernier, né en 1662, a d'abord tenté de s'installer comme imprimeur à Tréguier avant de céder cet atelier à son cousin Michel et de partir à Paris. Il en revient pour succéder à son père. Libraire imprimeur, il n'a qu'une seule presse et n'emploie ni compagnon ni apprenti[5]. Il est l'imprimeur de l'évêché et du collège, mais doit supporter à partir de 1683 la concurrence de ses deux cousins Baptiste et Michel Doublet, contre qui il rédige une protestation officielle en 1684[6]. Les procédures qu'il intentent contre eux n'aboutissent pas et les deux entreprises subsistent[7].
Lutte des deux branches
En effet, Baptiste Doublet, fils de Pierre Doublet et de Catherine Rozet selon Annick Adam[6] ou fils de Guillaume Doublet selon Georges Lepreux[8], apparaît comme imprimeur en 1683, en association avec son fils Michel. Les deux branches de la famille entrent alors en lutte pour s'assurer le monopole[6]. Michel Doublet est apprenti puis compagnon à Saint-Malo, Morlaix, Vannes, Nantes, Paris et Rennes puis est installé comme imprimeur à Saint-Brieuc de 1684 à 1729, travaillant seul[9]. En 1736, Yvonne Doublet, fille de Jacques, épouse René Prud'homme, originaire de Saint-Clément-des-Levées près de Saumur en Anjou, veuf de Renée Briand, installé comme libraire à Saint-Brieuc depuis 1713 environ[10].
Pierre Hugues Julien Doublet, fils de Pierre Doublet et de Nöelle Espivent, est imprimeur comme son père[10]. En 1729, les deux branches de la famille s'opposent lors d'un procès, chacune revendiquant le monopole de l'imprimerie à Saint-Brieuc. Pierre Hugues Julien avance les preuves de sa filiation, alors que son cousin Jean-Baptiste, fils de Jacques, démontre qu'il a travaillé chez différents maîtres imprimeurs à Metz, Nancy, Lyon et Paris et fait valoir que son oncle Michel Doublet lui a cédé son entreprise par contrat. C'est finalement lui qui est reconnu comme seul imprimeur à Saint-Brieuc en 1729, décision confirmée par un arrêt du Conseil d'État en 1730[11]. Sans doute Pierre Hugues Julien reste-t-il simple libraire[12]. Après la mort sans héritier de Pierre Hugues Julien en 1740, Jean-Baptiste meurt en 1751 sans héritier non plus[11]. Ainsi, la famille Doublet dirige l'imprimerie à Saint-Brieuc de 1620 à 1751[13].
Jean-Louis Mahé

L'un des anciens apprentis et compagnons de Jean-Baptiste Doublet, Jean-Louis Mahé (1717-1781), lui succède comme imprimeur[14],[15]. Il n'est pas étranger à la famille puisque son aïeul, Julien Mahé, a épousé avant 1634 Jeanne Doublet, probablement la sœur de Guillaume et Pierre Doublet[15].
Imprimeur pour la ville, l'évêché et le collège comme ses prédécesseurs, Jean-Louis Mahé développe l'entreprise et possède plusieurs presses[15]. Il élargit le champ des publications, en imprimant les Étrennes briochines (1762-1763) puis les Annales briochines (1771) du chanoine et historien Christophe-Michel Ruffelet[16]. Ses enfants meurent avant lui et il confie en 1776 les rênes de son entreprise à Louis-Jean Prud'homme, fils de René Prud'homme et d'Yvonne Doublet, avant de démissionner en 1778 pour lui céder l'affaire[17],[16]. Louis-Jean Prud'homme (1745-1832) est à la fois libraire, imprimeur et homme politique[18].