Famille Sechiari

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BlasonnementD'azur à trois barres d'argent accompagnées de dix étoiles à cinq rais du même, posées 1, 3, 4, 2.Supports : deux léopards contournés, au naturel.Casque : de profil à quatre grilles.Lambrequins : d'argent et d'azur.
BranchesBranche de Marseille · Branche de
                     Constantinople · Branche de Roumanie
Période1629 – présent
OrigineChios (actuellement Grèce),
                     probablement de Modène (Italie)
Sechiari
Image illustrative de l’article Famille Sechiari

Blasonnement D'azur à trois barres d'argent accompagnées de dix étoiles à cinq rais du même, posées 1, 3, 4, 2.Supports : deux léopards contournés, au naturel.Casque : de profil à quatre grilles.Lambrequins : d'argent et d'azur.
Branches Branche de Marseille · Branche de
                     Constantinople · Branche de Roumanie
Période 1629 – présent
Origine Chios (actuellement Grèce),
                     probablement de Modène (Italie)
Pays Empire ottoman, France,
                     Royaume-Uni, Roumanie
Alliances Ralli ·
                     Schilizzi · 
                     Argenti · 
                     Rodocanachi · 
                     Sabran-Pontevès

La famille Sechiari (en grec : Σεκιάρης, Sekiaris) est une famille noble et marchande de l'île de Chios, classée parmi les Familles appartenant aux Vingt (Ta Eikosi) — les vingt familles les plus éminentes de l'aristocratie chiote — dans le Libro d'Oro de la Noblesse de Chio de Philip Argenti[1]. Elle est également classée parmi les Phanariotes dans le Dictionnaire historique et généalogique des grandes familles de Grèce, d'Albanie et de Constantinople de Mihail-Dimitri Sturdza[2].

Mentionnée pour la première fois à Chios en 1629, la famille se distingue par ses maisons de commerce et de banque fondées à Marseille, dans les principautés roumaines, en Angleterre, à Calcutta et jusqu'en Nouvelle-Zélande avant et après 1821[3]. La maison Argenti Sechiari & Co. figure dans le rapport Baring Brothers de 1860 comme une firme de first rate, avec un capital estimé à au moins 500 000 livres sterling[4] — une somme représentant une fraction infime du PIB britannique de l'époque, équivalente à plusieurs milliards d'euros en valeur actuelle. Par leurs mères, les Sechiari sont à l'origine de deux des plus grandes dynasties marchandes chiotes : les Ralli Brothers et la maison Argenti.

De Modène à Gênes

Selon le Libro d'Oro, la famille Sechiari est « d'origine italienne et probablement de la ville de Modène »[5].

Philip Argenti émet également l'hypothèse que le nom Sechiari pourrait être une déformation turque du nom Zaccaria — la famille génoise qui exerça la seigneurie souveraine de Chios au XIVe siècle avant la Mahona génoise — dont on ne retrouve plus trace en Grèce à partir du XIVe siècle[5]. Si cette hypothèse est exacte, les Sechiari descendraient des anciens seigneurs souverains de l'île.

L'installation à Chios

Chios est administrée par les Génois de 1346 à 1566 sous la Mahona di Chio. Plusieurs familles d'origine génoise et italienne s'y implantent durablement, s'alliant aux familles grecques byzantines établies[6]. À partir de 1566, Chios devient une province privilégiée de l'Empire ottoman.

La plus ancienne mention documentée des Sechiari à Chios date de 1629 : le nom de Pantaléon Sechiari figure dans le codex de l'évêché latin de l'île[5]. En 1636, le même codex mentionne Jean Sechiari et sa femme Angèle[5].

Statut nobiliaire

Famille appartenant aux Vingt

Les Sechiari appartiennent aux Vingt (Ta Eikosi), la désignation officielle des vingt familles les plus nobles de Chios, telle qu'établie dans le Libro d'Oro de la Noblesse de Chio[5]. Le Libro d'Oro précise qu'ils « furent toujours considérés à Chio comme une famille noble et fort ancienne »[5].

Statut phanariote

Les Sechiari sont classés parmi les Phanariotes — familles chrétiennes orthodoxes héritières de l'aristocratie byzantine gravitant autour du Patriarcat œcuménique de Constantinople — par Mihail-Dimitri Sturdza, qui précise que « leur filiation documentée remonte à la fin du XVIIe siècle mais que leur notoriété date de plus tard grâce à une fortune étalée avec profusion, due aux revenus des comptoirs et maisons de banque fondés à Marseille, dans les principautés roumaines et en Angleterre, bien avant 1821 »[3].

Archontes de Chios

Les Sechiari appartiennent à l'aristocratie chiote désignée sous le terme d'archontes — les familles notables qui gouvernaient l'île sous administration ottomane. La famille est citée parmi les grandes familles de la diaspora chiote par la municipalité de Chios[7]. Une rue de la ville de Chios porte leur nom[8].

Armoiries

D'azur à trois barres d'argent accompagnées de dix étoiles à cinq rais du même, posées 1, 3, 4, 2. Supports : deux léopards contournés, au naturel. Casque : de profil à quatre grilles. Lambrequins : d'argent et d'azur. [9]

Les armoiries des Sechiari sont documentées dans la monographie académique Chios dicta est… et in Aegæo sita mari (Archaeopress, Oxford, 2021), qui en reproduit plusieurs photographies prises au Kampos de Chios, notamment au Casino Sechiari (pl. 8a) et au domaine Sechiari (pl. 20b)[10]. La revue The Coat of Arms de la Heraldry Society note que les armoiries Sechiari, Schilizzi et Vouro présentent une structure similaire, attestant probablement un lien de parenté entre ces familles[11].

Histoire

Le XVIIIe siècle : présence et influence

Un Itinéraire du Patriarche de Jérusalem Chrysanthos, qui visita Chios en mai 1725, mentionne parmi les bienfaiteurs de l'église du Saint-Sépulcre Savas et Paraskevas Sechiari, ainsi que Marouka, épouse de Christopoulis Sechiari et sœur du métropolite d'Andrinople Clément[5]. Plusieurs Sechiari sont établis à Constantinople et figurent de 1778 à 1862 parmi les membres les plus distingués de la communauté chiote de cette ville[5].

Le massacre de Chios (1822) et la fuite de Paraskeva

En 1822, en représailles contre l'insurrection grecque, les troupes ottomanes perpètrent le massacre de Chios. Selon le Libro d'Oro, certains membres de la famille périssent lors des massacres : Paraskevas Sechiari « fut pris otage et pendu en 1822 par les Turcs, en même temps que Christopoulis Sechiari, connu surtout pour sa fortune »[5].

Cependant, Paraskeva Sechiari, patriarche de la branche survivante, réussit à s'échapper de Chios avec ses fils et à gagner Syros, puis Marseille[12]. C'est à Marseille que débute l'ascension commerciale et financière fulgurante de la famille. Dès juillet 1822, les fils Sechiari — dont Étienne et Hippas — sont parmi les premiers enfants chiotes à intégrer l'école ouverte à Marseille pour accueillir les réfugiés de l'île[13].

L'empire commercial — De Marseille au monde entier

En quelques décennies, la famille Sechiari constitue l'une des maisons de commerce les plus étendues du monde grec de la diaspora. La maison Argenti Sechiari & Co. dispose de bureaux à Manchester (Peter Street), à Londres (Finsbury Circus), à Marseille, à Calcutta et jusqu'en Nouvelle-Zélande, où Sechiari Bros. and Co. figure parmi les agents de la Commercial Union Assurance Company[14]. Au recensement britannique de 1841, Stephen Sechiari (25 ans) réside à Finsbury Circus avec ses frères Ambroise et John, au cœur du quartier des marchands grecs de la Cité de Londres.

Dans le rapport adressé aux Baring Brothers en 1860, qui classe toutes les firmes grecques de la City de Londres en quatre rangs, Argenti, Sechiari & Co. figure dans le groupe de tête (first rate), avec la mention : « Capital at least 500,000 sterling pounds »[15]. À titre de comparaison, la fortune des Baring Brothers eux-mêmes était alors estimée à deux millions de livres et celle des Rothschild à huit millions. Les neuf maisons chiotes de première catégorie — dont celle des Sechiari — représentaient collectivement une puissance financière comparable à celle des Rothschild[16].

Le rôle central des Sechiari dans les grandes dynasties chiotes

La place des Sechiari dans l'économie mondiale de la diaspora chiote dépasse leur seule maison de commerce. Les deux plus grandes dynasties marchandes chiotes du XIXe siècle leur sont directement liées par le sang :

La mère des célèbres Ralli Brothers était Julia Sechiari. La mère d'Ambroise Argenti (1804–1871), fondateur de la maison Argenti Sechiari & Co., était Marouko Sekiari, sœur de Julia Sechiari[17]. Ainsi, les deux maisons qui dominèrent le commerce grec mondial au XIXe siècle — Ralli Brothers, avec une fortune estimée à 1,8 million de livres sterling en 1860, et Argenti Sechiari & Co. — sont toutes deux issues, par leur fondateur, de mères Sechiari.

Propriétés historiques à Chios

En ville, les Sechiari demeuraient à l'Engrémôs ainsi qu'à l'Apletaria. Dans le Kampos, ils possédaient plusieurs propriétés, dont deux situées près de Vasileioniakos, où ils avaient leur église Saint-Georges des Sechiari[9]. Cette église, classée monument historique par le gouvernement grec depuis 1991 (arrêté ministériel ΦΕΚ 39/Β/27-1-1992), a fait l'objet de travaux de restauration autorisés par l'Éphorie des Antiquités de Chios en mai 2019[18]. Elle est toujours debout aujourd'hui dans le Kampos. Ils possédaient également un Casino — cercle aristocratique réservé aux notables de l'île — et des propriétés voisines des familles Argenti et Carali[9]. Au total, au moins sept propriétés distinctes ayant appartenu aux Sechiari au Kampos ont été documentées par les historiens Zolotas, Smith et Mastorakis[19].

La maison Sekiari de Patmos

À Patmos, dans la Chora de l'île, une demeure historique porte le nom de la famille. Fondée en 1799 par Zannis Sinetos Sekiaris, riche marchand, qui fusionna trois bâtisses préexistantes en une seule propriété, la maison Sekiari a fait l'objet d'une restauration complète ces dernières années par la designer Leda Athanasopoulou. Sa rénovation a été couverte par le New York Times et par Elle Decor[20].

Branches familiales

Branche de Marseille

Après 1822, la famille s'établit à Marseille, où elle joue un rôle fondateur dans la vie de la communauté grecque orthodoxe. Georges Sechiari (né le 14 mai 1803 à Chios, mort le 30 septembre 1884 à Marseille) représente l'ancrage marseillais de la famille. Son frère Étienne Sechiari (1806–1876) compte parmi les membres fondateurs et bienfaiteurs de l'église grecque orthodoxe de la Dormition, la plus ancienne église orthodoxe de France — leur nom y est inscrit parmi les familles fondatrices[21]. La famille est également mentionnée dans les archives de la cathédrale grecque de Paris[22].

La branche de Marseille dispose de son propre lieu de sépulture à Marseille, comme les branches de Londres et de Constantinople conservent leurs propres tombeaux dans les cimetières de leurs villes de résidence. Le mausolée Sechiari-Schilizzi du monastère de Baloukli à Istanbul constitue le monument funéraire le plus illustre de la famille (voir ci-dessous).

Branche de Constantinople

Pandia Sechiari (1816–1880), né à Chios de Paraskeva Sechiari et d'Arghyro Ralli, épouse Hypatia Schilizzi et meurt à Istanbul le 18 janvier 1880. Il est inhumé dans le mausolée Sechiari-Schilizzi à l'église de Zoodohos Pighí de Baloukli, lieu de sépulture des familles les plus éminentes de la communauté grecque orthodoxe de Constantinople, aux côtés de plusieurs Patriarches œcuméniques[23].

Branche de Roumanie

Ioannis Sechiari (1818–1884), né à Chios, meurt le 11 novembre 1884 à Brăila, en Roumanie, alors centre du commerce céréalier de la mer Noire.

Descendance impériale byzantine

Selon Emmanuel Sechiari lui-même, interviewé dans Lys de Provence en 1984, la famille descend par les Rodocanachi — via Marie Rodocanachi, épouse de Théodore Sechiari — d'Andronicos Doukas, « l'ancêtre direct ou collatéral de l'Empereur de Byzance, Constantin X Doukas (1059–1067) »[24].

Alliances matrimoniales

Les principales alliances des Sechiari comprennent :

  • Les Ralli : Paraskeva Sechiari épouse Arghyro Ralli ; Julia Sechiari est la mère des Ralli Brothers ;
  • Les Schilizzi : Pandia Sechiari épouse Hypatia Schilizzi ;
  • Les Rodocanachi : Théodore Sechiari épouse Marie Rodocanachi[25] ;
  • Les Argenti : Marouko Sekiari est la mère d'Ambroise Argenti, fondateur d'Argenti Sechiari & Co.[26] ;
  • Les Sabran-Pontevès : en 2009, Maylis Sechiari, fille d'Emmanuel Sechiari, épouse le comte Foulques de Sabran-Pontevès[27].

Patrimoine

Château de la Mignarde

La branche provençale est propriétaire du Château de la Mignarde, bastide du XVIIe siècle située route des Pinchinats à Aix-en-Provence, classée Monument historique par arrêté du 12 octobre 1995[28]. La demeure, qui accueillit Pauline Borghèse en 1807, est gérée par la famille Sechiari dans le cadre de la Demeure Historique.

Mausolée de Baloukli (Istanbul)

Le mausolée Sechiari-Schilizzi se trouve dans l'enceinte du Monastère de Baloukli à Istanbul, l'un des lieux les plus sacrés de l'Église orthodoxe, où reposent plusieurs Patriarches œcuméniques.

Église Saint-Georges des Sechiari (Chios)

La famille possède sa propre église dans le Kampos de Chios — l'église Saint-Georges des Sechiari (grec : Ιερός Ναός Αγίου Γεωργίου Σεκιάρη). Classée monument historique par le gouvernement grec depuis 1991, elle a fait l'objet de travaux de restauration officiellement autorisés en 2019 et demeure debout aujourd'hui[29].

Maison Sekiari de Patmos

Dans la Chora de Patmos, une demeure historique porte le nom de la famille depuis sa construction en 1799 par Zannis Sinetos Sekiaris. Restaurée ces dernières années, elle a été couverte par le New York Times et Elle Decor[30].

Représentants contemporains

La famille Sechiari est aujourd'hui représentée en ligne directe par la branche provençale, issue de la lignée Paraskeva → Étienne Théodore (archonte de Chios) → Jean Théodore Sechiari (1911–1995, commandant, membre de l'Académie d'Aix) → Emmanuel Sechiari (docteur en droit, délégué régional de la Demeure Historique)[31]. L'aîné de l'aîné de la branche représente aujourd'hui la continuité directe de cette lignée.

Bibliographie

Notes et références

Voir aussi

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