Famine de 2017 au Soudan du Sud

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Période2017
Famine au Soudan du sud en 2017
Image illustrative de l’article Famine de 2017 au Soudan du Sud
Carte de la situation alimentaire du Soudan du Sud en février 2017.

Pays Drapeau du Soudan du Sud Soudan du Sud
Période 2017

Une situation de famine au Soudan du Sud a été officiellement déclarée le [1], et elle se termine - du moins du point de vue des catégories - en . La déclaration émane de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et du Programme alimentaire mondial (PAM)[2],[3]. Cette famine affecte particulièrement l'État de l'Unité[3] et si, stricto sensu, elle ne touche qu'une partie de la population, une grande partie du Soudan du Sud est cependant exposée à la disette[4]. Ainsi, la FAO évalue-t-elle, en , à 4,9 millions les personnes sujettes à une insécurité alimentaire de crise[3]. Le Soudan du Sud est un pays indépendant depuis le 9 [5] et il est plongé dans une guerre civile depuis .

Carte des réseaux de transport de l'État de l'Unité, janvier 2013.
Concessions gazières et pétrolières au Soudan en 2004.

Durant les années qui ont précédé la Famine de 1998 au Soudan, pendant la seconde guerre civile soudanaise, l'État d'Unité a connu des pillages et des incendies ainsi que des déplacements forcés de population à l'occasion des combats destinés à s'assurer le contrôle des réserves de pétrole[6]. On estime qu'en 1998, 12 000 personnes mourraient de faim dans le bloc 5A, une concession pétrolière dans cet état qui en abritait 240 000 au total ; 160 000 auraient été déplacées de force[7]. L'instabilité est la cause majeure de la faible production de pétrole au Soudan du Sud depuis 2012[8].

L'état de famine n'a jamais été déclaré entre 2011 et 2017 au Soudan du Sud.

Un rapport des Nations unies de 2016 décrit l'État d'Unité comme le lieu d'affrontements continuels durant la guerre civile, par ses ressources en pétrole, dans un conflit opposant Dinka (peuple) et Nuer (peuple)[trad 1],[9],[note 1].

Le , une publication de l'IPC (Integrated Food Security Phase Classification) rapporte que 4,9 millions de Sud-Soudanais, 40 % de la population, ont besoin d'une aide urgente en matière de nourriture, d'agriculture et de nutrition. Le rapport concerne 23 pays, dont 14 ont dépassé le seuil d'intervention d'urgence fixé à 15 % de personnes souffrant de malnutrition[10].

Le programme alimentaire mondial avait mené des opérations de secours durant la guerre civile sud-soudanaise, entre 2013 et 2020, limitant le risque de famine dans les autres zones, telle la région de Bahr el-Ghazal[11]. Bahr el-Ghazal avait été la région la plus gravement touchée par la famine de 1998, quand elle fut frappée par une sécheresse qui dura deux ans, par une interdiction des parachutages humanitaires, par des restrictions de mouvement visant les personnes déplacées, par la confiscation de bétail et par la destruction des magasins d'alimentation[12].

Le Soudan du Sud fait partie des pays qui souffrent de famines imminentes en 2017 comme le Yémen, la Somalie et le nord-est du Nigeria[13], mais une déclaration formelle suppose que les critères suivants soient remplis[14] :

  • 20 % des foyers souffrent d'une pénurie alimentaire extrême ;
  • 30 % de la population souffre d'une malnutrition extrême ;
  • au moins 1 habitant sur 5 000 meurt chaque jour.

Vers la famine

En , le programme alimentaire mondial notait un risque de sécheresse au Soudan du Sud et dans d'autres pays proches, à cause du phénomène El Niño. Le rapport notait aussi que le Soudan du Sud connaissait « un très bon début de saison agricole[trad 2] » et que le pays pourrait être une exception dans le tableau pessimiste des prédictions concernant la zone pour la période de juillet à [15].

En , le Famine Early Warning Systems Network réseau d'alerte avancé contre la famine ») notait une flambée des prix agricoles et une augmentation du nombre de ménages susceptibles de se trouver face à une famine catastrophique. Cela s'expliquait en partie par des considérations économiques, dont l'augmentation du coût des transports, une baisse de la livre sud-soudanaise, passée de 6,1 à 11,5 pour un dollar américain ainsi que la perte du crédit gouvernemental qui permettait d'importer de la nourriture au taux de change officiel de 2,9 livres pour un dollar. À cette date, 8 % des foyers du comté d'Ayod et 1,4 % de ceux du Mayendit présentaient un score de 5 sur 6, ce qui était inférieur au seuil de 20 % qui aurait entraîné la déclaration régionale de famine[16],[17].

En , le comté de Leer, fief du leader rebelle Riek Machar, et futur épicentre de la famine, est vidé de son bétail et de sa population qui fuit les massacres et les incendies des maisons et des champs ; la sécheresse contribue à la situation du fait de la baisse de la production agricole qu'elle entraîne et aussi parce qu'elle réduit la durée de la pause dans les combats qui intervenait habituellement durant la saison des pluies[18].

En , un rapport de l'OMS note que « les conditions existantes peuvent conduire à la famine[trad 3] » du fait de la sécheresse dans la partie centrale et orientale du pays[19].

En , les Nations unies rapportent que l'armée du Soudan du Sud n’a pas été payée en monnaie mais avec une politique de « faites ce que vous pouvez et prenez ce que vous pouvez[trad 4] », qui autorise les soldats à confisquer le bétail et les autres possession et conduit au viol et au meurtre des femmes civiles en guise de salaire[20]. Le rapport décrit que tous les belligérants, en particulier les forces du SPLA et les milices alliées mènent des attaques ciblées contre des civils en fonction de leur appartenance ethnique, détruisant systématiquement villes et villages[21]. Le rapport conclut que ces abus « laissent penser qu'il s'agit d'une stratégie délibérée visant à priver les civils vivant dans la zone de tous moyens de subsistance et de support matériel[trad 5],[21]. »

En , le Sud-Soudan est en proie à une crise alimentaire « presque entièrement causée par l'homme », devant plus au blocage de l'aide alimentaire qu'à la sécheresse. Dès ce moment, près de 25 % de la population du pays nécessite une aide alimentaire urgente[22]. Le gouvernement du Soudan du sud est également dénoncé comme le principal responsable de cette famine dans un rapport de l'ONU, ce gouvernement préférant consacrer la moitié du budget du pays pour acheter des armes au lieu de l'utiliser pour son pays[23].

La famine

Actions palliatives

Notes et références

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