Faramarz Pilaram
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Faramarz Pilaram (en persan : فرامرز پیلارام), né à Téhéran en 1937 et mort à Mahmoud Abad (en) en 1983, est un artiste peintre, calligraphe et sculpteur iranien.
Il est connu pour ses peintures modernes abstraites et inspirées de la calligraphie. Pionnier du mouvement Saqqa-Khaneh, un mouvement artistique néo-traditionaliste, sa carrière artistique se divise en trois grandes périodes : figurative, décorative et calligraphique.
Jeunesse et formation
Faramarz Pilaram est né le à Téhéran, dans l'Iran pahlavi[1].
Il fréquente l'école d'Arts décoratifs pour garçons de Jalil Ziapour (en) à Téhéran, où il étudie sous la direction de Mahmoud Farshchian et obtient son diplôme en 1959[1].
Il fréquente ensuite la Faculté des arts décoratifs à l'Université de Téhéran, où il obtient son diplôme en 1965. En 1968, Pilaram obtient sa maîtrise en peinture et design d'intérieur de la Faculté des arts décoratifs, où il étudie sous la direction de Shokouh Riazi (en)[1],[2]. Il obtient aussi une bourse pour étudier la lithographie en France en 1971[1],[3].
En 1974, Pilaram épouse sa cousine Homa Darrati avec qui il a trois enfants[1].
Carrière
Faramarz Pilaram est parmi les premiers artistes iraniens à se concentrer sur le patrimoine iranien et les motifs mythiques dans leur œuvre, ce qui fait de lui l'un des fondateurs du mouvement Saqqa-Khaneh[1],[3]. Parmi les autres membres importants du mouvement figurent Massoud Arabshahi (en), Mohammed Ehsai, Parviz Tanavoli et Charles Hossein Zenderoudi[4].
Pilaram joue un rôle central dans la création de la galerie Iran (Tālār-e Iran, plus tard Talar-e Ghandriz) à Téhéran, fondée en 1964 par Pilaram, Mansour Ghandriz, Rouin Pakbaz, Sadegh Tabrizi (en), Mohammad-Reza Jodat, Ghobad Shiva, Massoud Arabshahi (en), Sirus Malek, Farshid Mesghali, Parviz Mahallati, Morteza Momayez (en) et Hadi Hezareiy[1],[5],[6].
Il est membre fondateur du Groupe des artistes indépendants (en) de Téhéran, dirigé par Marcos Grigorian[3].
Pilaram participe aux troisième et quatrième Biennales de Téhéran en 1962 et 1964. De 1972 à 1980, il enseigne le design à la faculté d'architecture de l'Université des sciences et technologies d'Iran (en)[1].
Mort et postérité
En , Faramarz Pilaram meurt d'une crise cardiaque à Mahmoud Abad (en), dans la province de Mazandaran[1]. Certaines sources indiquent 1982 comme date de décès, probablement en raison d'une erreur de conversion de calendrier. Pilaram est enterré au cimetière Behesht-e Zahra à Téhéran[1].
Œuvre
Faramarz Pilaram est un important peintre moderniste iranien, figure majeure et cofondateur du mouvement Saqqa-Khaneh. Formé à la miniature traditionnelle, il s'en inspire toute sa carrière pour inclure dans ses œuvres des éléments patrimoniaux et des motifs décoratifs de l'art perse. Dans ses compositions, Pilaram utilise des couleurs vives comme le bleu royal, l'or et l'argent, et les structure à l'aide de tampons et d'ornements répétitifs comme éléments décoratifs[1].
Dans les années 1960, Faramarz Pilaram s'inspire à l'a fois de l'imagerie populaire chiite imprimée et des traditions des manuscrits enluminés et de la miniature persane et de l'avant-garde occidentale : il cherche un langage visuel national moderne, qui s'appuie autant sur les traditions historiques de l'artisanat et des arts décoratifs iraniens et de l'art moderne européen[1],[7]. Il puise dans la calligraphie persane des lettres et des chiffres — en particulier de style nastaliq[3] — utilisés comme éléments décoratifs plutôt que pour leur sens, ce qui est une démarche typique du mouvement Saqqa-Khaneh[8],[2].
Sa pratique évolue ensuite : il utilise les lettres persanes de façon abstraite et produit des calligraphies apparemment traditionnelles en formes abstraites, presque illisibles[1],[8]. Selon Pilaram, la fusion entre les formes calligraphiques et les autres motifs crée l'« unité » de ses toiles et il affirme chercher à promouvoir un art iranien authentique[1]. Tout en démontrant une « profonde compréhension de la sémiotique calligraphique », Pilaram déconstruit la calligraphie, réduite à une surface sans profondeur, en exploitant la totalité de la structure spatiale de la composition picturale ; « les lignes de Pillaram possèdent des mouvements mélodieux qui atteignent une forme d'unité et de fluidité par la fusion d'épais traits noirs et d'espaces de fins traits blancs »[2].
Ses œuvres remettent en question les frontières entre texte, typographie et peinture : en déconstruisant les lettres, il privilégie le rythme, la répétition et l'aspect phonétique, transformant l'écriture en matériau visuel[1].
À la fin de sa carrière, il réalise aussi des sculptures en bois inspirées de l'écriture de style nastaliq, qui incarnent ses formes rythmiques les plus dynamiques[1].