Faso Dan Fani
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| Type |
Pagne burkinabè tissé à la main |
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| Matériau |
Coton |
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| Pays d'origine |
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| Usage |
Autour de la taille, ou cousu en vêtements comme des hauts, boubous, des robes ou des vestes |
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Le Faso Dan Fani, également orthographié Faso Danfani, est un textile du Burkina Faso, réalisé à partir de coton filé et tissé artisanalement. Son nom, issu du dioula, signifie «pagne tissé de la patrie». Il est aussi protégé depuis 2021 par un système de labellisation officielle qui garantit son authenticité et encadre sa production.
Le terme Faso Dan Fani est formé de trois mots issus du dioula: faso (patrie), dan (tissé) et fani (pagne). L’expression désigne donc un tissu produit localement et lié à une identité culturelle et territoriale[1].
Histoire et origines
Des mentions de tissus tissés similaires apparaissent dans les récits d’explorateurs et d’anthropologues du XIXe siècle, attestant de l’ancienneté des pratiques de tissage en Afrique de l’Ouest[2]. Dans l’actuel Burkina Faso, elles sont historiquement liées à plusieurs groupes, notamment les Mossi, ainsi que les Bobo, les Gourmantché, Marka[3] et les Dagara[4].
Entre 1983 et 1987, sous la présidence de Thomas Sankara, le Faso Dan Fani est institutionnalisé comme un symbole national[5]. Le port de vêtements confectionnés à partir de ce tissu est encouragé, puis imposé aux agents de l’État[6], dans le cadre d’une politique de promotion des productions locales et d’autonomie économique[7]. Après une phase de recul liée à la libéralisation économique, le textile connaît un regain d’intérêt à partir des années 2010, surtout après l’insurrection populaire de 2014 au Burkina Faso. Il est de nouveau porté dans les cérémonies officielles et dans la vie quotidienne[8].
Fabrication
La fabrication du Faso Dan Fani repose sur une chaîne de production qui associe agriculture, transformation industrielle et artisanat. Le coton constitue la matière première principale et est cultivé localement au Burkina Faso. Après la récolte, il est soumis à une opération d’égrenage destinée à séparer les fibres des graines, réalisée par des unités spécialisées. Les fibres obtenues sont ensuite transformées en fils grâce à des structures industrielles telles que la Filature du Sahel (FILSAH). Ces fils peuvent être teints avant tissage à l’aide de colorants naturels ou de procédés certifiés, notamment selon les standards du Global Organic Textile Standard, qui encadrent les pratiques environnementales et sociales[4].
Le tissage proprement dit est effectué sur des métiers horizontaux traditionnels, donnant naissance à des bandes étroites de tissu qui excèdent rarement 30 cm, et qui sont ensuite assemblées par couture afin de former le pagne final. Traditionnellement, la production du Faso Dan Fani est partagée entre les hommes et les femmes. Les femmes filent et teignent le coton, tandis que les hommes font le tissage sur les métiers horizontaux. Avec le temps, cette organisation évolue et de plus en plus de femmes participent aussi au tissage[9].
Motifs et symbolisme
Les motifs du Faso Dan Fani sont majoritairement géométriques (rayures, damiers, bandes alternées) et peuvent inclure des variations plus complexes. Chaque motif peut être associé à une dénomination et à une signification spécifique, variable selon les régions. Les couleurs ont aussi un sens. Le rouge, le blanc et le noir sont souvent utilisés, mais on trouve aussi du vert, du jaune ou du bleu. Ces couleurs peuvent représenter des idées comme la paix, la force, la joie ou encore le deuil, selon les contextes culturels[2].
Usages

Le Faso Dan Fani peut être utilisé comme pagne autour de la taille, ou cousu en vêtements comme des hauts, boubous, des robes ou des vestes. Il est porté dans la vie de tous les jours, mais aussi lors de grandes occasions comme les mariages, les cérémonies ou les fêtes. Il peut aussi montrer l’identité culturelle ou sociale de la personne qui le porte[10].
Labellisation et protection

Depuis 2019, le Burkina Faso a mis en place un système de labellisation du Faso Dan Fani qui a permis l’enregistrement d’environ 400 motifs auprès des autorités compétentes et dans un processus de reconnaissance. Ce label est devenu effectif en 2021. Il impose des règles sur la qualité du coton, les techniques de tissage et les motifs utilisés. Cela permet aussi de mieux valoriser le travail des artisans locaux et de protéger leur savoir-faire. Dans ce cadre, environ 23 structures ont obtenu un agrément officiel d’utilisation du label Faso Dan Fani, leur permettant de produire et commercialiser des produits conformes aux critères établis[11].