Feldberg se trouve au sud-est de la région historique de Mecklembourg, à la frontière du Brandebourg. Dans les environs, il y a de nombreux lacs s'étendant du plateau mecklembourgeois à l'Uckermark; les plus considérables sont le lac du Grand Luzin, le lac de Carwitz, le Petit Luzin et le Haussee de Feldberg. Le dépôt morainique environnant confère au paysage un aspect vallonné, culminant à 150 m au-dessus du niveau de la mer. Feldberg appartient au parc naturel du paysage des lacs de Feldberg.
Histoire
Moyen Âge
Les premières traces d'habitat humain permanent à Feldberg remontent à l’Âge du bronze (de 1800 à 600 av.J.-Chr.). Il semble que, jusqu'à l'époque des grandes invasions, le pays ait été peuplé de Germains.
On a retrouvé les traces d'une motte castraleslave (*gord) des VIIe - VIIIesiècles sur la colline du donjon de Feldberg (le Schlossberg). On crut jusque dans les années 1950 que les vestiges mis au jour par Carl Schuchhardt dans les années 1920 étaient ceux du sanctuaire slave de Rethra; les données recueillies depuis ont largement démenti cette hypothèse. Il n'en reste pas moins que les tessons de poterie découverts sur le Schlossberg se rattachent au style vieux-slave: ils ont servi d’archétype au préhistorien Ewald Schuldt pour dresser la classification archéologique des céramiques du Mecklembourg, dans laquelle ils constituent le groupe de Feldberg.
Le donjon de Veltberg apparaît pour la première fois en 1256 dans les sources écrites. Une colonie villageoise prit naissance autour de ce château, dépendant de la seigneurie de Stargard acquis par le prince Henri II de Mecklembourg en 1292.
Époque moderne
En 1519 Feldberg devint le siège d'un bailliage du duché de Mecklembourg. Le village fut ravagé par la guerre de Trente Ans: des 1 000 habitants du bailliage de Feldberg, il ne subsistait en 1639 que trois familles. En 1801, on ne comptait encore que 251 habitants.
En 1851, Feldberg accueillit une station thermale. Le village reçut le statut de «marché» (Marktflecken), correspondant au «droit de foire» médiéval. Longtemps demeuré un village, Feldberg ne dispose aujourd'hui encore d'aucun édifice public, place du marché ou hôtel de ville historique.
Le village ne fut relié au reste du pays par une route pavée qu’en 1869, et il fallut attendre 1910 pour qu'il devienne le terminus de l'embranchement ferroviaire de Thurow; cette ligne est d'ailleurs déclassée depuis 2000.
XXe siècle
Compte tenu de la déchéance du statut encore médiéval de «marché», la République de Weimar reconnut le à Feldberg le statut de ville, ce qui en fait encore aujourd'hui la plus petite ville du Mecklembourg.
Sous l'occupation par les forces alliés, l’écrivain Hans Fallada, choisi comme bourgmestre de transition, fit ériger sur la place de l'école un mémorial aux victimes du fascisme, détruit dans les années 1970 pour laisser place à un nouveau carrefour. Avec l'attribution du statut de camp de vacance officiel (Staatlich anerkannter Erholungsort) en 1972, l'arrivée continue de nouveaux citoyens porta la population à 3 000 résidents permanents. Chaque été, la population grimpait même à 25 000-40 000 avec l'arrivée des vacanciers; mais avec la Réunification, le chiffre de la population est beaucoup retombé. Il a pu être stabilisé grâce à l'installation de deux établissements de soin et la modernisation des infrastructures.
La ville de Feldberg fut la première du Land à renoncer officiellement à son autonomie le , pour former plutôt la communauté de communes du Feldberger Seenlandschaft, dont le siège se trouve depuis à Feldberg.
Personnalités
La maison de Fallada à Carwitz, aujourd'hui un musée.
Reinhard Barby (1887–1974), naturaliste et spécialiste du folklore local
Hans Fallada, écrivain de la Nouvelle Objectivité, s’établit à Carwitz en 1933, et fut même élu maire de Feldberg lors de l'Occupation alliée et de la dénazification du pays (1945-1946)
Gustav Œsten, ingénieur des travaux publics, découvreur du sanctuaire païen de Rethra