Femme, Vie, Liberté
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« Femme, Vie, Liberté » (en kurde : ژن، ژیان، ئازادی, romanisé jin, jîyan, azadî ; persan زن، زندگی، آزادی (Zan, Zendegī, Āzādī)) est un slogan politique kurde hérité du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et du Komala, mouvement maoïste kurde iranien[1], puis repris dans l'ensemble de l'Iran au cours des manifestations de 2022 qui ont suivi la mort de Mahsa Jîna Amini[2], une jeune femme kurde de 22 ans assassinée par la police des mœurs iranienne[3].
Lors de ces manifestations iraniennes, ainsi que dans les manifestations de soutien à ce mouvement, le slogan est utilisé par les manifestants du monde entier, en kurde, en persan ou traduit dans d'autres langues.
L'origine du slogan remonte au mouvement de libération kurde de la fin du XXe siècle. Il a été utilisé par des membres du mouvement des femmes kurdes, une partie du mouvement de liberté kurde fondé sur l'activisme populaire en réponse à la persécution des gouvernements iranien, irakien, turc et syrien. Il est scandé pour la première fois en par des femmes kurdes en Turquie. Il est popularisé par des personnalités kurdes telles qu'Abdullah Öcalan dans ses écrits anticapitalistes et anti-patriarcaux[4].
Utilisation
Iran
Le slogan est scandé lors des manifestations qui ont fait suite à la mort de Mahsa Amini en : d'abord lors des funérailles d'Amini à Saqqez, puis à Sanandaj après ses funérailles. Le , le slogan a été repris par les étudiants de l'université de Téhéran et par des manifestants dans tout le pays les jours suivants.
Il est également repris par le chanteur Sherwin Hajipour dans sa chanson Baraye..., qui est devenue l'hymne officieux des manifestations anti-gouvernementales en Iran[5].
En , le prix Sakharov pour la liberté de l'esprit est décerné à Mahsa Amini et au mouvement iranien Femme, Vie, Liberté[6].
Selon des ONG, le mouvement Femme Azadi créé après la mort de la jeune Mahsa Amini en septembre 2022 a été massivement réprimé par les autorités iraniennes, avec au moins 551 morts et des milliers de personnes arrêtées.[réf. nécessaire]
En , Ahou Daryaei, une étudiante iranienne, ôte ses vêtements pour protester contre un contrôle de police sur sa tenue vestimentaire. L'image génère un fort impact médiatique international et remet sur le devant de la scène le slogan[7],[8],[9].
France

En 2018, lors du Festival de Cannes, le casting des Filles du soleil scandait « Jin, Jiyan, Azadî ». Libération a repris le slogan en persan et en français (Femme, Vie, Liberté) sur sa page de couverture avec une photo de femmes iraniennes non voilées en [10],[11].
En , le Palais de la porte dorée, en partenariat avec les Musée d'Art Moderne de Paris, le Palais de Tokyo, les Beaux-Arts de Paris et le réseau Paris Musées, propose sur tout le territoire français une sélection d'affiches et de posters en soutien du combat des femmes iraniennes[12].
Pour le premier anniversaire de la mort de Mahsa Amini, de nombreux médias français et européens rendent hommage à la révolution des femmes en Iran et remettent le slogan à l'honneur[13],[14],[15].
Un roman graphique collectif, édité par L'iconoclaste et traduit dans plusieurs langues, est publié sous la direction de Marjane Satrapi[16],[17]. Plusieurs dessinateurs sont conviés : Joann Sfar, Coco, Mana Neyestani, Catel, Pascal Rabaté, Patricia Bolanos, Paco Roca, Bahareh Akrami, Hippolyte, Shabnam Adiban, Lewis Trondheim, Deloupy, Touka Neyestani, Bee, Winshluss, Nicolas Wild, Hamoun ainsi que des spécialistes de l'Iran comme l'universitaire Abbas Milani, Farid Vahid et Jean-Pierre Perrin[18].
L'association française Femme Azadi a organisé une marche à Paris pour le deuxième anniversaire de la mort de Mahsa Amini, en solidarité avec le mouvement Femme, Vie, Liberté et contre la répression en Iran[19]. Cette manifestation est partie de la place Victor-Hugo et s’est terminée au Trocadéro, rassemblant des militants, des personnalités et plusieurs milliers de participants.[réf. nécessaire]