Fernand Jean Charles Bidault, né le à Orléans[1], est le fils de Fernand Charles Bidault (1855-1886), ferblantier-zingueur et de Marie Joséphine Juliette Auclair (1856-)[2].
Malgré la mort prématurée de son père, il fait des études brillantes au lycée de d'Orléans de 1884 à 1898. Boursier de l'État en 1893[3], il obtient le prix d'honneur de rhétorique en 1896, le deuxième prix de dissertation française au concours général en 1897[4] et le deuxième prix de philosophie au concours général en 1898[1]. Il fait sa dernière année d'études au lycée Michelet à Vanves et passe sa licence de lettres à la Sorbonne[1].
À sa sortie du lycée, il entre comme rédacteur au journal Le Vélo, puis le quitte pour fonder avec Victor Breyer L'Écho des sports[1].
Admis comme rédacteur au Ministère des travaux publics à Paris, il est attaché à la Direction des mines, puis à celle des chemins de fer[1].
Sportif accompli, il pratique la course à pied, le tennis et le rugby, «commandant même pendant plusieurs années l'équipe 2e du Racing Club de France»[1]. Après avoir été président de l'Union sportive du lycée d'Orléans, il est second vice-président du Sporting Club universitaire de France en 1902[6] et cofondateur et administrateur du journal sportif L'Auto[7].
Comme plusieurs membres de l’équipe de rédaction de L’Auto, il collabore à La Vie au grand air où il écrit la rubrique «Rugby» de 1906 à 1914[8]. Il collabore au quotidien L'Intransigeant où il publie un article dans la rubrique «La vie sportive» tous les lundis à partir de juillet 1907[9],[10]. Dans La Voiturette et La Revue de l'automobile, il écrit des textes humoristiques sur les débuts l'automobile.
Le , lors du combat de boxe organisé à Cabourg qui voit s'affronter Georges Carpentier et Arthur Evernden, c'est lui qui tient le chronomètre, en qualité de journaliste sportif et rédacteur en chef de Cabourg Gazette[11].
Au début de 1912, il intègre la rédaction et le conseil d'administration de L'Écho des sports[12].
Dans son essai consacré à L'Avenir de la littérature sportive, publié en 1913, Georges Rozet écrit que son «confrère Fernand Bidault s'est fort exercé à ce genre silhouettes de sportsmen, descriptions mi-exactes, mi-fantaisistes de tous les sports, analyses ironiques des attitudes physiques ou morales propres à chacun d'eux, il a produit par centaines de ces notations courtes et pittoresques qui ont peut-être plus fait pour vulgariser le goût sportif chez ses lecteurs que les articles gravement techniques. Footballeurs, boxeurs, tennismen, rinkeurs, etc., il les a tous caricaturés à la façon dont les dessinateurs américains caricaturent la vie sportive, grâce à une connaissance exacte du geste propre à chacun d'eux. Avec une blague très parisienne, mais en même temps avec une solide compétence et une réelle tenue littéraire, il s'est plu à décrire les mille joies, les mille soucis, les vertus théologales et les manies professionnelles des piqués du sport»[13].
Une semaine après, le à la Bataille de Vauquois, Fernand Bidault est blessé d'une balle qui lui traverse le genou et lui brise la jambe. Évacué à l'hôpital de Neufchâteau[15] puis à l'hôpital temporaire no7 de Mâcon, des soins inappropriés provoquent une infection de ses blessures (gangrène) et sa mort le [14],[16]. Il est inhumé à Orléans[17].
«Le football rugby est un jeu de hasard, comme la belotte, la roulette et le baccara, mais il ne se joue pas dans un cercle: il se joue dans un rectangle, autant que possible en plein air. Il a pour but de donner de l’importance, dans chaque ville, à quelques citoyens incolores, chargés de l’organiser. Il a également pour buts deux paires de poteaux, réunis par une barre transversale […] Le matériel se compose en outre: d’un ballon ovale en peau de saucisson (de Lyon); de deux équipes de quinze joueurs qui n’en font que treize en réalité, puisqu’il y a deux demis et quatre trois-quarts; d’un arbitre, de préférence sourd, myope et paralytique chargé de siffler les joueurs; enfin, de quelques milliers de figurants chargés de siffler l’arbitre»[19].
Œuvres principales
Ouvrages
La Tactique du Football Rugby, 1907
La Méthode du Lawn-Tennis, 1908
À l'Âge de fer, 1909
Voyage aux Dolomites et aux lacs italiens, 1910
La Tactique du football association, conseils pratiques, avec Fernand Canelle
Son nom figure sur la plaque commémorative 1914-1918 du lycée Pothier et les vitraux de l'Église Saint-Paterne à Orléans, sur le monument commémoratif des fonctionnaires de l'administration des travaux publics, dans la cour intérieure de l'Hôtel de Roquelaure, à Paris[23].
En son honneur, le lycée d'Orléans a décerné à partir de 1918 un prix portant son nom, fondé par une donation de sa mère, comme plus haute récompense en composition française[1],[24].
Lors de l'inauguration du stade de l'École de Saint-Cyr en juillet 1918, le Challenge Fernand Bidault est décerné à l'équipe qui remporte le tournoi de football entre les seize équipes de l'école[25].
En 1920, Charles de Saint-Cyr lui dédie son roman Jean Picquet, homme de sport[28].
Bibliographie
Léon Baranger, Anthologie des Écrivains Morts à la Guerre - 1914-1918, t.1, Amiens, Edgar Malfère, coll.«Bibliothèque du Hérisson», , «Fernand Bidault 1879-1914», p.90-92
Maryline Prévost, Mairie d'Orléans, «Fernand Bidault, de l'encre à la boue des tranchées», Orléans.mag, no144, , p.40 (lire en ligne[PDF])