Fernand Gambiez

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Décès (à 86 ans)
Saint-Mandé (France)
AllégeanceDrapeau de la France France
ArmeInfanterie
 Fernand Gambiez
Fernand Gambiez
Fernand Gambiez (1961)

Naissance
Lille (France)
Décès (à 86 ans)
Saint-Mandé (France)
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général d'armée
Années de service 1921 – 1965
Commandement Troupes de choc et commandos
Conflits Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Opération Vésuve
Distinctions Grand-croix de la Légion d'honneur
Hommages 1re classe d'honneur de la Légion étrangère (1954)
Autres fonctions Historien militaire

Fernand Gambiez, né le à Lille et mort le à Saint-Mandé, est un général français, grand-croix de la Légion d'honneur.

Il est notamment connu pour avoir été le commandant du Bataillon de choc en Corse pendant la Seconde Guerre mondiale puis général pendant la guerre d'Algérie et historien militaire.

Formation et début de carrière militaire

Fernand Gambiez intègre l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en 1923, promotion « Chevalier Bayard ». Sorti diplômé en 1925, il choisit de servir dans l'infanterie. Il est d'abord affecté comme sous-lieutenant au 17e bataillon de chasseurs à pied (1925-27). Il rejoint ensuite le Maroc comme lieutenant au 2e régiment étranger d’infanterie, puis au 1er régiment étranger d’infanterie (1927-32). Rentré du Maroc, il est affecté au 51e régiment d’infanterie à Amiens (1932-35). Promu capitaine en 1935, il suit les cours de l'École supérieure de guerre (1935-37). Il est ensuite affecté à l'état-major de la 20e région militaire à Nancy (1937-39).

Seconde Guerre mondiale

Lorsque la guerre est déclarée, il est en poste à l'état-major du 20e corps d’armée. En , il commande la 3e compagnie du 30e BCP[1]. Gambiez combat les Allemands en Lorraine et dans l’Oise, avant de se replier sur la Loire où le 30e BCP est finalement dissous après l'armistice franco-allemand.

A l'été 1940, il est intégré dans l'armée d'armistice du régime de Vichy. Avec le grade chef de bataillon, il est affecté à l’état-major de l'armée (EMA), au 3e bureau, section moral, où il anime l'ancêtre de la Revue historique des Armées. Après l'invasion de la zone libre par les Allemands en , il décide de quitter la France pour rejoindre l'Afrique du Nord en passant par l'Espagne, où il est maintenu plusieurs semaines en détention, à Barcelone, avant de pouvoir rejoindre Staoueli début 1943.

Il soumet en au commandement de l’Armée d’Afrique son projet : la création d'une unité de choc capable d’être projetée en Méditerranée ou en France pour des actions de harcèlement derrière les lignes ennemies en coordination avec les unités classiques ou les formations de la Résistance, à l’exemple des SAS. Gambiez obtient satisfaction et créé le Bataillon de choc. C'est avec cette unité qu'il participe aux combats de libération de la Corse () et de l'île d'Elbe ().

Fin , le Bataillon de choc et les Commandos de France forment la « demi-brigade de choc » aux ordres du lieutenant-colonel Gambiez (dite « demi-brigade de choc Gambiez »). Il participe avec son unité aux combats dans les Vosges et en Alsace fin 1944.

Gambiez et le 1er BPC (Colmar, 1945)

Sur le territoire de la commune de Bourbach-le-Haut (Haut-Rhin), au col du Hundsruck, se trouve le Monument national des troupes de choc (parfois appelé « Monument Gambiez »), dont le socle est orné d’une plaque portant l’inscription suivante : « A tous ceux qui sont morts pour la France dans les rangs des unités de choc et au général d’armée Fernand Gambiez, grand Croix de la légion d’honneur (1903-1989), père des troupes de choc / D’Afrique à ce jalon dressé par le 1er Choc sur cette haute porte d’Alsace forcée le 28.11.1944, cent soixante chasseurs avaient déjà sacrifié leur vie[2]. »

À la suite d'une réorganisation opérée le 5 , le lieutenant-colonel Gambiez commande le 1er groupement de choc, qui comprend le 1er bataillon de choc et le 3e bataillon de choc et fait partie de la 1re armée française[3]. Il participe à la campagne d'Allemagne.

La guerre terminée, promu colonel, il est affecté à l'Inspection générale des forces armées (1945-46), puis commande l'Ecole des cadres de Saint-Maixent (1946-48), avant de commander le 37e RI à Sarrelouis (1948-49).

Guerre d'Indochine

Il part ensuite pour l'Indochine où il occupe successivement en tant que colonel les postes de commandant de la zone Delta-Nord du Tonkin (1949-50) ; chef d'état-major des forces terrestres du Tonkin, commandant la 1re division de marche du Tonkin (1951-52) ; chef d’état-major du commandant des forces françaises en Indochine (1953). Entretemps, il a été promu général de brigade en 1952. Il prend ensuite le commandement de la 2e division d'infanterie nord africaine (1953-55).

Guerre d'Algérie

Promu général de division en 1956, il est commandant de la 11e division d’infanterie en Algérie (1956-57). Il est ensuite commandant supérieur des troupes de Tunisie (1957-58). Ayant été promu général de corps d'armée en 1958, il est commandant militaire et civil de la région d'Oran (1959-60). Après avoir été promu général d'armée en 1960, il devient inspecteur de l'infanterie, avant d'être nommé le commandant en chef des Forces françaises en Algérie[4]. Il est arrêté par les généraux rebelles lors du putsch d'Alger d'. Outré par leur trahison, il interpelle un officier putschiste du 1er REP : « De mon temps, les lieutenants n’arrêtaient pas les généraux ». Il s'attire la réponse suivante : « De votre temps, les généraux ne vendaient pas l’Algérie… »[5].

Fin de carrière

En 1961, il devient membre du Conseil supérieur de la Guerre et prend la direction de l’Institut des Hautes études de la Défense nationale de 1961 à 1965.

Il prend sa retraite en 1965.

Le général Gambiez devient conseiller d'État en service extraordinaire de 1965 à 1969, et président de la Caisse nationale militaire de Sécurité Sociale de 1965 à 1971. Il est directeur de la Commission nationale d'histoire militaire de 1971 à 1989. Il est élu entretemps membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1974.

À sa mort, il est inhumé dans le cimetière communal de Méricourt-l'Abbé (Somme), village d'où son épouse était originaire et où ils possédaient une résidence secondaire.

Récompenses

1re classe d'honneur de la Légion étrangère en 1954

Décorations

Ouvrages

  • L'Épée de Damoclès, la guerre en style indirect , 1967, avec le colonel Maurice Suire
  • Histoire de la Première Guerre mondiale, 2 volumes, 1968, avec le colonel Maurice Suire
  • « Français sous l'uniforme : Les commandos », dans Jacques Meyer (dir.) et alii, Vie et mort des Français (1939-1945), Paris, Hachette (réimpr. 1980) (1re éd. 1971), 614 p., p. 479-496.
  • Libération de la Corse, Paris, Hachette-Littérature, coll. « La libération de la France », , 318 p. (lire en ligne).

Bibliographie

Liens externes

Notes et références

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