Finage dolois

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Finage
Image illustrative de l’article Finage dolois

Subdivision administrative Bourgogne-Franche-Comté
Subdivision administrative Jura
Villes principales Chemin
Tavaux
Coordonnées 47° 05′ 33″ nord, 5° 29′ 27″ est
Superficie approximative 186 km2
Géologie Plaine alluvionnaire du Doubs : les sols sont composés de marnes, sables et argiles.
Relief plaine, entre 180 et 220 m
Production Céréales, colza, plantes fourragères, maïs
Communes 17
Population totale 14 943 hab. (2009)
Régions naturelles
voisines
Revermont
Chalonnais
Régions et espaces connexes Bresse jurassienne et Pays dolois, Bresse bourguignonne,
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Finage
Géolocalisation sur la carte : Jura
(Voir situation sur carte : Jura)
Finage

Limité à l'ouest par la Côte-d’Or et au sud par la Saône-et-Loire, le Finage est une petite région agricole de la plaine du Jura située au sud-ouest de Dole.

Délimitation administrative

Un finage est l'étendue d'un territoire communal, d'une paroisse. Le nom propre, Finage, est utilisé depuis le milieu du XIXe siècle pour désigner la partie de la grande plaine de la Saône se trouvant au sud du canal du Rhône au Rhin, et à l'ouest du Doubs située dans le département du Jura. Proche du confluent des deux grandes rivières il s'insère entre des limites naturelles et administratives. Ce petit pays ne constitue pas lui-même une subdivision administrative (hors la petite région agricole pour l'INSEE portant le numéro 39006) c'est donc dans sa géographie, sa géologie et son histoire qu'il faut rechercher son originalité jurassienne. Le Finage recouvre 17 communes, appartenant en totalité au canton de Chemin et partiellement à ceux de Dole-Sud-Ouest et Dole-Nord-Est.

Il s'agit, dans le canton de Chemin : d'Annoire, Aumur, Champdivers, Chemin, Longwy-sur-le-Doubs, Molay, Peseux, Petit-Noir, Saint-Aubin, Saint-Loup, et Tavaux, dans le canton de Dole-Sud-Ouest : de l'Abergement-la-Ronce, Choisey, Crissey, Gevry, et Parcey, et dans le canton de Dole-Nord-Est : Villette-lès-Dole. Les limites non naturelles sont souvent peu visibles, parfois mal acceptées par les habitants. La zone de contact entre Bresse comtoise et Finage se situe entre Longwy-sur-le-Doubs et Chaussin; mais dire à un Chaussinois qu'il est bressan c'est risquer de s'entendre répondre que la limite avec la Bresse « passe toujours dans le jardin du voisin »[1].Cependant le paysage et l’apparence géologique rendent la délimitation nette, même si elle ne coïncide pas toujours avec les limites communales. Le Finage est un pays plat sans arbre, à l'habitat groupé, aux terres brunes et grises. La Bresse comtoise aux terres jaunes et blanches est verdoyante de rideaux d'arbres et de dénivelés derrière lesquels se cache un habitat dispersé. Plus fertile que sa voisine, le Finage est une vaste plaine d'alluvions humides, aux champs immenses et riches.

Délimitation géographique: les paysages et les sols

Le Doubs est ici la limite naturelle entre Finage et Bresse comtoise

Depuis les communes les plus hautes, Tavaux, Champdivers, Molay et Gevry, la vaste plaine nue s'étale vers le sud, mollement et uniformément. C'est l'immensité plate aux champs amples et bigarrés striés de voies de communications rectilignes. Paysage ouvert sans clôture, sans haie, sans talus, sans chemin creux, au climat semi-continental, humide, exposé aux vents d'ouest, moins rude que celui de l'Alsace, relativement clément bien que l'amplitude thermique y soit importante. Les dernières gelées ont lieu début avril, mais le printemps est présent dès mars. Les étés sont chauds avec des températures dépassant les 30 °C en août. C'est la saison des atmosphères lourdes et brumeuses rappelant celles des finages d'Europe centrale. L'arrière-saison y est agréable avec les premières gelées arrivant avec la Toussaint. L'hiver fait souffler la bise sur la plaine enneigée.

Entre Saône et Doubs, la géologie du Finage, qui se prolonge en Côte-d'Or et en Saône-et-Loire, est très liée aux deux grandes rivières qui la borde. Le Doubs, puissant et capricieux a, par ses alluvions, façonné le paysage et le sous-sol. À l'ouest la Sablonne, affluent de la Saône, draine les terrains. La répartition des sols se fonde sur leur comportement à l'égard de l'eau, à l'ouest les sols sont donc légers. Sous l'effet de la pluie et de la sécheresse ils se transforment en poudre blanchâtre que pousse le vent : c'est le Finage à sol blanc qui n'est pas le plus riche. À l'est et au nord-est, en direction du Doubs les sols sont argileux, limoneux et légèrement sablonneux à l'approche de la rivière. Lourdes, profondes, sombres, difficiles à travailler ce sont les meilleures terres[2].

Délimitation historique

Le chemin sépare ici terres noires et terres grises.

On ne connait pas l'origine du nom donné à ce territoire. C'est probablement la création des départements qui, découpant en trois la grande plaine entre Saône et Doubs, obligea la population à dénommer distinctement la partie jurassienne. L'administration n'en fit nul usage (le Finage n'est que l'une des dix petites régions agricoles du département), aucun canton, aucune communauté de communes ne porte ce nom. Cependant depuis le plus ancien passé la région est habitée; elle fut une frontière disputée entre les Séquanes et les Eduens bien avant l'Empire romain. Il faut citer le texte du géographe grec Strabon datant du début de l'ère chrétienne. « De l'autre côté de l'Arar (nom de la Saône à l'époque) habitent les Séquanes, auxquels au contraire, les Romains et les Eduens restèrent longtemps hostiles puisqu'ils s'étaient souvent joints aux incursions des Germains en Italie »[3]. À l'époque ce pays probablement déjà riche d'agriculture, de voies de communication (et donc de perception de péages) fut un enjeu pour les peuples riverains même sous protection romaine. La dislocation de l'empire carolingien ne réduisit pas cette dualité : terre d'Empire et royaume de France se firent longtemps face ici. L'intérêt du pays accroît les convoitises; la protection des Grands qui restera une nécessité contrariant les alliances locales. Le Finage fut donc une zone frontalière poreuse et fluctuante. Par exemple bien que proche l'une de l'autre Chaussin appartint au duc de Bourgogne et Saint-Aubin au roi de France. Ce petit pays sera durant des siècles une limite pour les puissants[4].

Beaucoup plus tard, durant la Seconde Guerre mondiale, la ligne de démarcation coupant la France en deux passera à Parcey, divisant une fois encore cette région.

Économie du Finage

Les voies de communication

Depuis l'Antiquité le Finage est un lieu de passage. Les routes ne rencontraient ni relief ni obstacle à leur tracé permettant d'aller chercher le sel tout proche ou de faire passer des troupes vers l'est et le nord-est. Une voie romaine allait d'est en ouest, de Besançon à Chalon-sur-Saône et continuait vers d'autres villes de l'Empire romain. Cet axe est reconnaissable sur la Table de Peutinger (segmentum II et III)[5]. Bien que la représentation soit schématique on peut clairement le trouver entre Cabillione (Chalon) et Vesontine (Besançon). L'existence de cette chaussée a été confirmée par des fouilles (aujourd’hui la nationale 73 suit approximativement son tracé). Le Finage fut traversé par de nombreuses autres liaisons antiques : l'une vers Dijon, une autre vers Autun se greffant sur l'axe majeur Lyon Besançon. Le réseau des communications apparait toujours sur la carte de Cassini quelques siècles plus tard[6]. Il est possible d'y voir le lieu-dit "La Borde Dame Nicole" toujours existant. S'y croisaient, comme aujourd'hui, deux voies romaines à destination de Chalon-sur-Saône et de Dijon.

Carrefour de La Borde Dame Nicole.

Pour revenir à la période actuelle deux routes à forte circulation: N73 et N5 (Paris Genève) ont depuis longtemps précédé un maillage autoroutier important. Autour de Dole se croisent les voies A31 vers Nancy et A5 pour Paris; A39 vers Lyon par Bourg-en-Bresse; A36 vers Besançon et Bâle; A38 vers Beaune Paris et Marseille.

Le chemin de fer fut présent dès le milieu du XIXe siècle. La ligne de Chagny à Dole-Ville est un lointain ancêtre des TGV s'arrêtant à Dole. Dans le passé les croisées routières et ferroviaires étaient confortées par un réseau fluvial composé du Doubs et de la Saône. S'agissant du premier, certains historiens du XIXe siècle ont prétendu que, comme l'écrivait Strabon, la rivière était navigable; par conséquent de nombreux ports importants se seraient situés entre Choisey et Petit-Noir. Dans cette localité le port se serait appelé Abuccin. Toutefois jamais aucune trace n'a été trouvée; la fureur destructrice des crues du fleuve en est-elle venue à bout[7]? Les archéologues actuels n'y souscrivent pas. Dès le début du XIXe siècle le canal du Rhône au Rhin a permis le développement de la grande industrie dans le Finage et l'exportation des céréales jusqu'au milieu du XXe siècle. Aujourd'hui le canal, au charme nostalgique et paisible, séduit le touriste fluvial.

Le canal du Rhône au Rhin à Choisey.

À l'origine militaire l'aéroport de Dole-Jura, construit à Tavaux avant la Seconde Guerre mondiale, servit aux armées allemandes et alliées; aujourd'hui il constitue un avantage pour l'économie de la région.

Statistiques démographiques

Principales statistiques sur le Finage par commune (recensement 2009).
CommunesCantonsuperficie en km2Population% moyen variation 1999/2009Densité au km2emploi totalrevenu par foyer fiscal en €Nb expl agricole
Abergement la RonceDole sud-ouest7,17550,3106,05322 9946
AnnoireChemin15,7398-0,325,48819 11816
AumurChemin9,23710,840,22119 9684
ChampdiversChemin7,54390,158,97621 78111
CheminChemin9,1355-0,738,85217 62112
ChoiseyDole sud-ouest7,610270,4134,480022 6415
CrisseyDole sud-ouest4,86591,1137,06826 6203
GevryDole sud-ouest5,36420,3120,94921 5639
Longwy sur le DoubsChemin16,55551,233,77619 16220
MolayChemin6,44890,376,63120 6913
ParceyDole sud-ouest8,99431,2105,516626 1408
PeseuxChemin5,42811,352,43921 36311
Petit NoirChemin20,511792,057,512517 76014
Saint AubinChemin33,817431,351,626621 43332
Saint LoupChemin9,6277-0,128,93421 52011
TavauxChemin13,94056-0,5292,63 27123 22212
Villette lès DoleDole nord est4,67741,8168,611422 9183
FinageTotaux ou moyennes185,9 km214 943 h0,9 %80,4 h/km25 329 empl21 559 180 expl
Département du Jura4 999,2 km2261 277 h0,4 %52,3 h/km299 411 empl21 266 3 334 expl
Rapport Finage/Jura3,7 %5,7 %225 %153 %5,4 %101 %5,3 %

Source INSEE[8]

Commentaires : Le Finage est, par sa superficie, un petit territoire du Jura, dynamique par sa démographie, son agriculture et son industrie. Au nord c'est une zone péri-urbaine autour de Dole et Tavaux. Treize agglomérations ont moins de 1 000 habitants (45 % de la population et 64 % de la superficie). Tavaux représente 27 % de la population mais aucune commune ne se situe en dessous de 200 habitants. Au sud Petit-Noir et Saint Aubin dépassent les 1 000 habitants constituant leur propre périmètre d'influence. L'éventail des revenus fiscaux moyens par foyer, très ouvert, désigne les communes les plus résidentielles. Les exploitations agricoles restent relativement nombreuses pour un territoire où le nord ne cesse de s'urbaniser. La richesse de la terre du Finage permet toujours une activité agricole viable même si le nombre des domaines agricoles diminue.

Les activités économiques

L'agriculture

La richesse alluvionnaire de la terre pourrait laisser penser qu'elle fut toujours exploitée par une agriculture de grands domaines. Ce serait probablement une erreur. Comment se présentaient les cours d'eau ? Que cultivait-on ? Le paysage était-il semblable à l'actuel ? Les archéologues cherchent à savoir. Le Doubs, rivière voyageuse, n'occupait probablement pas le même lit. Les méandres se déplacent se bouchent, créent des « mortes » c'est-à-dire des mares, des étangs, rendant ainsi la plaine marécageuse. Le phénomène se produit toujours aujourd'hui à l'échelle du temps humain (malgré les travaux de renforcement des rives menés depuis le milieu du XIXe siècle). Pour connaitre l'état d’évolution des paysages les techniques des sciences de l'environnement sont utilisées : analyse d'échantillons de terroirs prélevés dans des fossés de drainage, étude des pollens emprisonnés dans les dépôts sédimentaires, (palynologie)[9]. Il serait illusoire d'imaginer que le Finage a toujours été une Beauce franc-comtoise, mais depuis plus d'un siècle cette immense plaine est une zone de culture extensive de plein champ où la mécanisation a été précédée par des remembrements précoces. Le nombre des agriculteurs a décru du fait de la concentration des exploitations. La situation est toutefois très variable suivant la situation des communes par rapport à Dole. Certaines comme Choisey, ou Molay sont devenues des localités péri-urbaines ne comportant quasiment plus d'exploitation agricole tandis que Longwy, Annoire, Petit-Noir restent des communes à dominante agricole marquée. On y récolte des céréales, du maïs, du colza, des plantes fourragères chaque espèce bariolant le paysage suivant la saison; le vert tendre succède au jaune acide avant l'or de juillet et le brun-roux du maïs donnant de la beauté à cette étendue. Aucune de ces cultures n'étaient pratiquées avant le siècle dernier, à l'exception du blé: alors comment était le paysage ?

L'industrie

Le canal du Rhône au Rhin et l'usine Solvay.

L'industrie est ancienne dans le Finage (carrières, fonderies) mais c'est durant le second tiers du XXe siècle que Tavaux deviendra une grande cité industrielle par l'installation de la société Solvay. Un nouveau procédé de fabrication du carbonate de soude est inventé par un Belge, Ernest Solvay, en 1861. Les premières usines s'installent dans l'Est de la France. Après la Grande Guerre le groupe Solvay recherche une nouvelle implantation qui, proche de moyens de transport serait à proximité des matières premières nécessaires: le sel, le calcaire et le charbon. Le site de Tavaux sera retenu, grâce au canal du Rhône au Rhin, au sel de Poligny, aux carrières de Damparis commune voisine, et au charbon des mines de Blanzy dans le Morvan. Dès 1930 l'usine démarre, en 1932 le procédé Solvay est mis en œuvre. Après la Seconde Guerre mondiale débute la fabrication de chlorure de vinyle, alors appelé matière plastique. Aujourd'hui, immense site industriel, Solvay, ce sont 200 ha, 1 800 salariés (dont 400 chez les sous-traitants) et 1,2 million de tonnes de produits chaque année. Ces fabrications sont notamment : l'eau de Javel, la soude caustique, des bases de chimie lourde (dégraissants, solvants…) et de chimie légère pour l'industrie pharmaceutique et textile. Enfin les PVC destinés à la fabrication des tubes, fenêtres, jouets, maroquinerie[10]… Ce grand bouleversement industriel exploite deux productions traditionnelles de la région: le sel et le calcaire.

Histoire

Notes et références

Liens externes

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