Finis Gloriae Mundi
From Wikipedia, the free encyclopedia
Finis Gloriae Mundi (« La fin de la gloire du monde ») est une peinture à l'huile réalisée par Juan de Valdés Leal entre 1670 et 1672, avec In Ictu Oculi, les deux œuvres ont été commanditées par Miguel Mañara pour être placées sous le chœur de l'église de l'hôpital de la Claridad de Séville. Ses dimensions sont de 220 × 216 cm se terminant par un haut cintré. Les deux tableaux sont également désignés ensemble « Les hiéroglyphes de la fin de la vie » ou « Les derniers jours de la vie »[1].
Juan de Valdés Leal est né à Séville (1622-1690) et a continué à travailler dans la ville malgré une crise constante, peignant majoritairement pour les églises et les monastères qui lui commandaient des peintures religieuses. Miguel de Mañara, fondateur de l'Hôpital de la Claridad, a commandé trois œuvres à l'artiste[2],[3].
La première œuvre d'art, La Exaltación de la Cruz, préside le chœur de l'église, racontant l'épisode où l'empereur Héraclius rend la Sainte Croix à Jerasulem en 629 apr. J.-C. Les deux autres ont été chargés de mettre en évidence le caractère éphémère des biens matériels et des vertus, dans le style du genre Vanité, populaire à l'époque[3].
Contexte historique
Les peintures ont été créées pendant la Contre-Réforme, un mouvement catholique en réponse à la Réforme protestante pour tenter de gagner plus de membres et d'influence. En conséquence, les églises ont commencé à se couvrir d’œuvres d’art, de chefs-d’œuvre dorés et de statues renforçant leur foi, conduisant à une nouvelle ère de l’art religieux.
Entre 1647 et 1652, la Grande Peste de Séville, supposée d'avoir été la peste bubonique apportée par un navire d'Algérie, a touché la majeure partie de l'Andalousie et de la côte orientale, atteignant jusqu'à Barcelone. Elle a aussi touché Séville car aucune mesure de quarantaine n'a été mis en mise en place pendant l’épidémie, conduisant à la mort d'un quart de la population de la ville[4].
Les épidémies étaient courantes à Séville au XVIIe siècle, trois épidémies ont ravagé la ville à cette époque, faisant chuter la population de 150 000 habitants en 1588 à 85 000 au siècle suivant[4].
Description
On peut séparer l'œuvre d'art en trois plans principaux : dans le premier, on peut observer deux cadavres disposés dans des cercueils, le premier est un squelette vêtu d'un costume religieux, entouré d'insectes qui le traversent, et le second est un homme couvert d'un manteau. Devant eux se trouve un ruban avec la phrase qui donne le nom du tableau, Finis Gloriae Mundi (fin des gloires du monde). Dans le deuxième plan en haut, une main illuminée dans les nuages tient une balance avec divers objets sur chaque soucoupe, celle de gauche tient un cochon, une chèvre, un paon et un chien qui grogne, accompagnés de la phrase ni más (ni plus), tandis que la soucoupe de droite contient quelques livres, un cœur avec les lettres JHS et la phrase ni menos (ni moins).
Enfin, au fond, à gauche une chouette à peine éclairée, ainsi que quelques crânes surmontés de divers os, et un troisième cadavre reposant au sol.
