Flavius Saturninus, décédé après apr. J.-C., est un général de l'Empire romain.
Nommé commandant de la cavalerie romaine en Thrace en 377, Saturninus joue un rôle majeur dans la conduite des opérations de l'armée romaine durant la guerre des Goths de 377-382.
Après l'accession au pouvoir de l'empereur Théodose, Saturninus est chargé par celui-ci de négocier la fin des hostilités avec les Goths. Après la conclusion d'un traité de paix en , Saturninus est nommé consul en 383 en récompense de ses services. Sous le règne d'Arcadius, il tombe en disgrâce à la cour de l'Empire romain d'Orient et est exilé par le maître des milicesGaïnas en 400.
Un militaire de carrière chrétien ?
Peu de détails nous sont parvenus sur la biographie de Saturninus. Il commence sa carrière sous le règne de l'empereur ConstanceII. Après l'arrivée au pouvoir de Julien en 361, il subit une disgrâce, comme tous les anciens collaborateurs proches de Constance[1].
À travers sa correspondance avec Grégoire de Nazianze, il apparaît que Saturninus était probablement chrétien. Militaire de carrière, il accueillit dans sa maison d'Antioche l'évêque Abramios de Batnas en 373. En 382, Grégoire de Nazianze lui demande dans une lettre de veiller à la paix de l'Église après la tenue du concile de Constantinople l'année précédente[2].
Faisant face à des troupes de goths dispersées dans la campagne, Saturninus et Trajan adoptent une nouvelle stratégie. En bloquant les cols des monts Hémus grâce à une ligne de fortification renforcée par des fédéréssarrasins, les deux généraux cherchent à bloquer l'avancée de l'armée gothique vers le Sud, en les cantonnant dans une zone comprise entre le Danube et le Nord des Balkans. De la sorte, les deux commandants romains espèrent pousser les Goths à livrer une bataille rangée ou à les contraindre à l'attrition durant la saison hivernale. Ammien Marcellin juge que cette tactique se révéla efficace et permis de repousser les attaques des Goths[5].
Les Goths refusent cependant d'engager la bataille et reçoivent à l'automne le renfort de guerriers huns et alains en quête de pillage. Saturninus, réalisant qu'il ne peut tenir ses positions plus longtemps en raison de l'infériorité numérique de son armée, abandonne les cols des monts Hémus et se retire[6]. Durant l'hiver et le printemps suivants, les opérations militaires romaines sont placées sous le commandement de Sébastien, nommé maître de l'infanterie en remplacement de Trajan[7].
Négociateur du traité de paix de 382
Saturninus participe à la bataille d'Andrinople le et fait partie des quelques généraux survivants. À la suite de ce désastre militaire pour l'armée romaine, qui a coûté la vie à l'empereur Valens, il paraît vraisemblable que Saturninus ait apporté son soutien à la désignation de Théodose comme nouvel empereur d'Orient par l'empereur Gratien à Sirmium en [8].
En 382 Saturninus est commandant de l'armée romaine en Thrace (Magister militum per Thracias)[9]. Si les armées romaines ont réussi depuis la bataille d'Andrinople à rétablir la situation militaires dans les Balkans et à contenir l'avancée des Goths, les Romains échouent néanmoins à vaincre l'armée gothique de manière décisive. Théodose confie à Saturninus la responsabilité de négocier la paix avec les Goths. Le , il signe un traité leur accordant de vivre dans le Bas Danube en tant que fédérés.
Consul
La réussite de ces négociations garantit à Saturninus la faveur impériale[10]. Il est nommé consul pour l'année 383 aux côtés de Flavius Merobaudes[11].
Son ami et protégé Thémistios lui dédie un panégyrique à cette occasion, qu'il prononce le devant l'empereur Théodose et sa cour[12],[13].
Disgrâce
En 400, Saturninus servait sous l'empereur romain d'Orient Arcadius, quand le magister militumGainas, son ennemi personnel à la cour, le déposa et l'exila[14].
↑ Chantal Vogler, «L'administration impériale dans la correspondance de saint Basile et saint Grégoire de Naziance. Actes de la table ronde autour de l'œuvre d'André Chastagnol (Paris, 20-21 janvier 1989)», Publications de l'École Française de Rome, , p.455-456 (lire en ligne)
↑ Jean-Pierre Bois (dir.), Dialogue militaire entre Anciens et Modernes, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 183p. (EAN9782753500785, lire en ligne), p.101-115
↑ Christophe Burgeon, «Les batailles d’Andrinople et des Champs Catalauniques ou la fin des armées romaines», Folia Electronica Classica, no38, (lire en ligne[PDF])
↑ André Piganiol, L'empire chrétien, Paris, Presses Universitaires de France, , 512p. (ISBN9782130321255, lire en ligne), chap.IX («Le règne de Gratien (375-383). Le début du règne de Théodose»)
↑ (en) J. R. Martindale, «Note on the Consuls of 381 and 382», Historia: Zeitschrift für Alte Geschichte, (lire en ligne)
↑ Francois Chausson, Stemmata Aurea: Constantin, Justine, Theodose, L'Erma Di Bretschneider, , 304p. (ISBN978-8882653934, lire en ligne), p.214
↑ (en) John Vanderspoel, Themistius and the Imperial Court: Oratory, Civic Duty, and Paideia from Constantius to Theodosius, University of Michigan Press, , 296p. (ISBN978-0472104857, lire en ligne), p.205
↑ Chauvot Alain, «Cameron (Alan), Long (Jacqueline), Barbarians and Politics at the court of Arcadius, with a contribution by Lee Sherry. (The Transformation of the Classical Heritage; XIX) 1993 [compte-rendu]», Revue des Études Anciennes, , p.451 (lire en ligne)