Flora Botton

sinologue mexicaine From Wikipedia, the free encyclopedia

Flora Botton Beja, née le , est une sinologue mexicaine et spécialiste des études de genre. Née en Grèce, elle acquiert la nationalité espagnole par ses parents et est naturalisée mexicaine après son arrivée au Mexique en 1949. Cofondatrice des études de genre et pionnière des programmes d'études orientales au Colegio de México, elle compte parmi les premières chercheuses à s'intéresser à la Chine au Mexique et en Amérique latine. Ses travaux ont une grande influence dans la région et elle est l'une des fondatrices de l'Asociación Latinoamericana de Estudios de Asia y África (Association latino-américaine d'études asiatiques et africaines).

Jeunesse et éducation

Flora Botton est née le à Thessalonique, en Grèce, de parents espagnols, Sara Beja et Jaime Botton (Botón) Saporta, qui travaillent dans l'industrie textile[1],[2] Sa famille fait partie de la diaspora juive séfarade[1],[3]. Lorsqu'elle a sept ans, Thessalonique devient un territoire occupé, d'abord par l'Italie, puis en 1941 par les nazis. Aidée par des amis, la famille s'enfuit à Athènes, qui est encore sous le contrôle des forces de Benito Mussolini. Début 1944, les nazis prennent le contrôle du pays et en avril, le frère, les parents, la grand-mère, les tantes, les oncles et les cousins de Flora sont arrêtés au milieu de la nuit et transportés au camp de concentration de Bergen-Belsen. Avec l'approche des forces alliées, des plans sont élaborés pour transporter les prisonniers vers l'Autriche[1]. Une semaine avant la libération britannique du camp, trois trains transportant des prisonniers quittent le camp les 6, 7 et 9 avril 1945. Près de cinq mille évacués du groupe de Botton sont abandonnés à Magdebourg où ils sont découverts par un soldat de la Neuvième Armée américaine en patrouille le 13 avril[1],[4]. La Neuvième Armée était arrivée à Magdebourg deux jours auparavant lors de l'assaut sur la poche de la Ruhr[5].

Prise en charge par l'Administration des Nations Unies pour les secours et la reconstruction, la famille Botton est évacuée à l'été 1945 vers Bruxelles, en Belgique[1],[4]. Après trois mois dans un camp de réfugiés, ils sont envoyés à Marseille, en France, puis continuent vers Bari, en Italie, pour finalement revenir à Athènes en octobre[1]. Jaime rétablit son magasin et Botton poursuit ses études à l'école américaine jusqu'en 1949. Cette année-là, à la fin du trimestre scolaire, la famille déménage à Mexico, motivée par les tensions d'après-guerre en Grèce[1]. Sa grand-mère paternelle, Flor Saporta, dont elle porte le nom, émigre avec eux[6]. Botton termine ses études secondaires au Colegios Garside, l'une des premières académies bilingues du Mexique[1],[7]. En 1950, elle s'inscrit au Mexico City College, obtient un baccalauréat ès arts en philosophie, cum laude, en 1952 et poursuit ses études là-bas, obtenant une maîtrise (également cum laude) en 1953. Poursuivant ses études, Botton s'installe à Paris et étudie l'histoire européenne et la littérature espagnole pendant un an à la Sorbonne[1].

Carrière

En 1955, Botton retourne à Mexico et commence sa carrière d'enseignante dans une finishing school. Elle est embauchée pour enseigner la philosophie dans son alma mater en 1956[1]. En 1964, elle est acceptée dans le premier programme de maîtrise de 2 ans en études orientales à El Colegio de México (Colmex)[8],[3],[9]. Entre 1966 et 1968, Botton étudie à la School of Oriental and African Studies de l'Université de Londres, puis passe plusieurs mois à étudier à la National Taiwan Normal University (en) à Taipei[3],[8],[10]. En 1969, elle rejoint le Center for Asian and African Studies de Colmex[3],[8]. C'est le premier département en Amérique latine à se concentrer sur les études chinoises[8]. Financé par l'UNESCO, le programme est initialement enseigné par des chercheurs invités du monde entier, avec le projet de remplacer le personnel enseignant par des Mexicains une fois ceux-ci formés[9]. Botton devient la première sinologue mexicaine à rejoindre le centre[3],[8]. Entre 1972 et 1974, elle travaille sur son doctorat, étudiant la langue, l'histoire et la culture chinoises modernes et classiques à l'Université du Michigan[3],[8],[10].

Botton fut l'une des rédactrices fondatrices de Fem (en) en 1976 et reste membre du comité de rédaction jusqu'en 1990[8],[11]. Cette même année, elle devient l'une des fondatrices de l'Asociación Latinoamericana de Estudios de Asia y África (Association latino-américaine d'études asiatiques et africaines)[12]. Entre 1978 et 1980, elle est attachée culturelle à l'ambassade du Mexique à Pékin, en Chine[3],[8]. Elle retourne au Mexique en 1981 et devient directrice de la revue Estudios de Asia y África (es) jusqu'en 1987[8]. Impliquée dans le mouvement féministe, Botton fonde, avec Lourdes Arizpe et Elena Urrutia (en), le Programa Interdisciplinario de Estudios de la Mujer (PIEM, Programme interdisciplinaire d'études sur les femmes) à Colmex en 1983[13]. En 1991, elle devient directrice du Centre d'études asiatiques et africaines à Colmex, poste qu'elle occupe jusqu'en 1997[8]. En plus d'enseigner à Colmex, Botton, naturalisée mexicaine[14],[10], est professeure invitée à l'Université autonome de Madrid, à l'Université Harvard, à l'Université hébraïque de Jérusalem, à l'Institut d'études de l'Asie du Sud-Est à Singapour et à l'Université Renmin de Chine à Pékin, entre autres[8].

Prix et reconnaissances

Botton est membre du Sistema Nacional de Investigadores (en) (Système national de chercheurs)[14]. En 2012, un groupe de ses étudiants publie China: estudios y ensayos en honor de Flora Botton Beja (Chine, études et essais en l'honneur de Flora Botton Beja) en reconnaissance de son influence sur la sinologie en Amérique latine[8]. Elle est honorée au Chili en 2016 pour son travail de fondation de l'Asociación Latinoamericana de Estudios de Asia y África (Association latino-américaine d'études asiatiques et africaines)[12]. Le 5e Congrès international sur les études chinoises, organisé en mars 2020, est tenu en son honneur, reconnaissant son rôle de pionnière dans le domaine[15]. En 2021, Arizpe, Botton et Urrutia (à titre posthume) sont reconnues pour avoir fondé le programme d'études de genre à Colmex[13].

Œuvres choisies

Botton publie de nombreux ouvrages sur la Chine. Ses premiers travaux portent sur la philosophie chinoise, mais elle se tourne ensuite vers l'histoire, puis vers les questions culturelles et sociales contemporaines[8].

Livres

Références

Voir aussi

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