Florence Bell (scientifique)
From Wikipedia, the free encyclopedia
Université Victoria de Manchester (-
Université de Leeds (docteur en philosophie) (-
Haberdashers' Aske's School for Girls (en)
Université de Manchester
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Formation |
Girton College (- Université Victoria de Manchester (- Université de Leeds (docteur en philosophie) (- Haberdashers' Aske's School for Girls (en) Université de Manchester |
| Activités |
| A travaillé pour |
Women's Auxiliary Air Force (à partir de ) British Air Commission (d) Université de Leeds Magnolia Petroleum Company (en) |
|---|---|
| Membre de | |
| Maître | |
| Directeur de thèse | |
| Personne liée |
William Lawrence Bragg (professeur) |
Florence Ogilvy Bell, née le à Londres et morte le à Hereford, qui prit plus tard le nom de Florence Sawyer, est une scientifique britannique qui a contribué à la découverte de la structure de l'ADN. Cristallographe aux rayons X au sein du laboratoire de William Astbury, ils publient, en 1938, un article dans Nature décrivant la structure de l'ADN comme une « pile de pièces de monnaie ».
Jeunesse et formation
Florence Ogilvy Bell naît au 47 Hanover Road, à Brondesbury Park, à Londres. Elle est la deuxième fille de Thomas Bell et de son épouse, Annie Mary Lucas[1],[2]. Son père, né à Allendale, dans le Northumberland, est photographe puis directeur de la publicité. Elle grandit à Londres et fréquente la Haberdashers' Aske Girls School à Acton[1].
Elle étudie les sciences naturelles au Girton College de Cambridge entre 1932 et 1935, en se spécialisant dans la chimie, la physique et la minéralogie[3]. Pendant ses études à Cambridge, John Desmond Bernal lui enseigne comment utiliser la cristallographie aux rayons X pour étudier les molécules biologiques[3]. Elle rejoint ensuite l'université de Manchester, où elle travaille avec Lawrence Bragg sur la cristallographie des protéines.

En 1937, William Astbury écrit à Lawrence Bragg pour lui demander de lui recommander un bon cristallographe, et celui-ci lui propose Florence Bell, qu’il qualifie d’« excellente candidate »[3]. En 1937, elle rejoint le laboratoire d’Astbury à l’université de Leeds. Au cours de ses études supérieures, elle utilise la diffraction des rayons X pour caractériser des biomolécules, notamment des acides nucléiques[4]. Ses premiers travaux portent sur la structure des multicouches protéiques, mais après que le laboratoire eut reçu des échantillons d'ADN hautement purifié, Astbury l'orienta vers l'étude de l'ADN pour la deuxième partie de sa thèse de doctorat. Elle obtient son doctorat en 1939.
Carrière
À l'origine, William Astbury avait été recruté à l'université de Leeds pour étudier la physique des textiles, domaine dans lequel il a mis en évidence une transformation de la kératine contenue dans les fibres de laine, qui passe de la forme alpha à la forme bêta lorsqu'elles sont étirées[5]. En 1939, Florence Bell donne une conférence sur les textiles lors d'un congrès de l'Institute of Physics à l'université de Leeds, dont le Yorkshire Evening Post rend compte dans un article intitulé « Une femme scientifique explique »[3]. Dans cet article, elle est décrite comme une « jeune diplômée mince de l'université de Cambridge »[3].
En 1937, William Astbury s'intéresse à l'ADN et charge Florence Bell de travailler sur cette molécule[6]. Elle met au point une méthode permettant d'étirer les fibres afin de réaliser des films séchés d'ADN purifié, à partir desquels elle prend des clichés de diffraction des rayons X d'une netteté supérieure à ceux des travaux antérieurs[7]. Ses travaux confirmèrent qu'il s'agissait d'une structure régulière et ordonnée, présentant une périodicité de 3,3 à 3,4 Å le long de l'axe. Elle étudia les acides nucléiques présents dans la levure, le pancréas, le virus de la mosaïque du tabac et le thymus de veau[4],[5]. Elle reconnaît que « les origines de la vie sont clairement associées à l'interaction entre les protéines et les acides nucléiques »[8]. Avec Astbury, elle publie une étude aux rayons X sur l'ADN en 1938, décrivant les nucléotides comme un « tas de pièces de monnaie »[7]. William Astbury présente leurs travaux au Cold Spring Harbor Laboratory[9]. À cette période, ils ignorent que l'ADN pouvait changer de conformation, passant de la forme A à la forme B sous l'effet de l'humidité. Par conséquent, leurs photographies sont plus floues que l'image radiographique « Cliché 51 » prise par Gosling en 1952[4].
Les travaux d'Astbury et Bell sur l'étude des protéines par rayons X font l'objet de communications dans les actes du colloque, intitulées « X-ray and the Stoichiochemistry of Proteins », « An X-ray Study of Thymonucleic Acid » et « Optical and X-ray Examination and Direct Measurement of Built-up Protein Multilayers »[10]. William Astbury admire beaucoup la volonté de Bell de remettre en question ses idées, la qualifiant de « vox diabolica » (l'avocat du diable)[3],[9],[11].
En 1941, Florence Bell s'engage dans la Women's Auxiliary Air Force. L'université de Leeds et William Astbury se battent pour la faire revenir au laboratoire, en lui gardant son poste en attente et en écrivant au Bureau de la Guerre[3]. Cependant, elle tombe amoureuse d'un militaire américain, le capitaine James Herbert Sawyer[1], et écrit à l'université pour lui faire savoir qu'elle va se marier et s'installer aux États-Unis[3].
Ils se marient le à l'église St. Mary's d'Ambleside. Elle s'installe ensuite avec son mari aux États-Unis, où elle est employée par la Commission aérienne britannique à Washington, puis travaille comme chimiste industrielle pour la Magnolia Petroleum Company à Beaumont, au Texas[11]. Elle meurt à Hereford en 2000[12].
