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Fork (développement logiciel)

nouveau logiciel créé à partir du code source d’un logiciel existant From Wikipedia, the free encyclopedia

Un fork (terme anglais signifiant « fourche », « fourchette », « bifurcation », « embranchement »[1]) est, dans le jargon informatique, un nouveau logiciel créé à partir du code source d'un logiciel existant. Son existence découle d’un choix politique venant de visions différentes du projet des différents acteurs qui y participent, un acteur décidant alors de créer cette dérivation pour lui imposer les idées qu’il n’a pas pu soumettre au précédent projet, une forme de schisme.

Chronologie montrant les forks de distributions Linux.

Les forks sont courants dans le domaine des logiciels libres, dont les licences permettent l'utilisation, la modification et la redistribution du code source. L'Office québécois de la langue française préconise les termes de fourche ou d'embranchement[2].

Un fork peut être bénéfique pour un projet lorsque sa gouvernance conduit à une impasse, sa reprise par un nouveau groupe pouvant le relancer. Le Fork peut aussi être néfaste en provoquant un éparpillement des ressources.

Un fork peut naître à la suite de divergences de points de vue ou d'objectifs parmi les développeurs, ou encore à la suite de conflits personnels (Ex : Iceweasel sous Debian est un fork de Mozilla Firefox). Les projets parents et dissidents peuvent avoir des rapports amicaux (fork amical) ou bien conflictuels (fork inamical). Quels que soient les rapports entre les deux projets, les licences de logiciels libres permettent l'emprunt de code d'un projet par l'autre. Ainsi, les différents BSD s'empruntent régulièrement du code, car ils partagent la même licence.

Une illustration de la régulation des projets libres par ce moyen est l'apparition d'au moins trois forks libres pour le projet SourceForge à l'issue de la « dérive de SourceForge »[3] :

Spork

Il existe une autre catégorie de fork, qui porte le nom de « spork »[réf. nécessaire]. Ce type de fork est créé à la suite de problèmes relationnels avec le mainteneur (le responsable) d'un paquet logiciel qui refuse de se conformer au rôle classique du mainteneur. Par exemple, il refuse d’intégrer des corrections tout à fait valides ou de nouvelles fonctionnalités sans en donner la raison. Le spork consiste à prendre le code source du projet en amont et à lui appliquer les patchs légitimes rejetés par ce dernier.

Un spork permet de partager l'effort de maintenance en aval du projet. Au lieu que chaque distribution maintienne indépendamment un ensemble de patchs à appliquer au projet amont, elles peuvent ainsi partager l'effort en créant un projet intermédiaire qui rassemble les patchs communs, il ne reste alors plus aux distributions qu'à gérer les patchs spécifiques à leur propre distribution.

Ce fut le cas notamment de projets comme :

  • eglibc, un spork de la glibc, qui intègre des patchs légitimes refusés par Ulrich Drepper. Debian utilise la eglibc depuis 2009[4].
  • Go-oo[5], un logiciel dérivé d'OpenOffice.org, qui comporte des patchs non intégrés par Sun Microsystems pour cause de lenteur d'intégration ou d'opposition à la politique commerciale de Sun. Depuis le rachat de Sun par la société Oracle, la situation s'est encore détériorée. Devant le silence d'Oracle sur l'avenir du projet, le spork s'est transformé en un véritable fork nommé LibreOffice. Si Go-oo était principalement utilisé par OpenSuse et Ubuntu, LibreOffice est maintenant utilisé par quasiment toutes les distributions.
Une « cuillère-fourchette » japonaise pour droitier

En anglais général, un spork (cuillère-fourchette), est un mot-valise créé à partir de spoon (cuillère) et de fork (fourchette). Du fait de la dualité de fonction de l'objet, l'analogie a été conservée avec les ramifications informatiques qui gardent à la fois les fonctions existantes et en rajoutent de nouvelles.

Exemples de « fusions »

À l'inverse des forks, certains projets de logiciels libres décident de fusionner leur base de code car ils partagent des objectifs similaires ou parviennent à réconcilier leurs points de vue.

Exemples de fusion de logiciels libres :

  • Après avoir forké, Compiz et Beryl ont fusionné en 2007 en Compiz Fusion.
  • AspectWerkz et AspectJ avaient des approches différentes pour faire de la programmation orientée aspect. Ils ont fusionné dans AspectJ 5 et offrent toujours aux utilisateurs de continuer à utiliser l'approche qui leur convient.
  • Ruby on Rails et Merb ont fusionné en Ruby on Rails 3.
  • En 2010, Pylons et repoze.bfg fusionnent pour donner Pyramid[6].

Notes et références

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