Forteresse de Mornas
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| Forteresse de Mornas | ||||
La forteresse de Mornas verrou de la vallée du Rhône sur son éperon rocheux. | ||||
| Période ou style | médiéval | |||
|---|---|---|---|---|
| Type | forteresse | |||
| Début construction | XIe siècle | |||
| Fin construction | XIVe siècle | |||
| Propriétaire initial | Comtes de Toulouse | |||
| Destination initiale | contrôle de la vallée du Rhône | |||
| Protection | ||||
| Coordonnées | 44° 12′ 20″ nord, 4° 43′ 45″ est | |||
| Pays | ||||
| Région | Provence-Alpes-Côte d'Azur | |||
| Département | Vaucluse | |||
| Commune | Mornas | |||
| Géolocalisation sur la carte : Vaucluse
Géolocalisation sur la carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur
Géolocalisation sur la carte : France
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| Site web | https://www.forteresse-mornas.fr/ | |||
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La forteresse de Mornas, dans le département de Vaucluse, se dresse sur un éperon rocheux de la rive gauche du Rhône, dominant le village de Mornas, établi à son pied, et les environs. Elle eut une importance majeure de l'Antiquité à la Révolution française, à partir de laquelle elle tomba en ruine. Elle fut redécouverte dans le dernier tiers du XIXe siècle et fait depuis 1978 l'objet de nombreuses rénovations par les Amis de Mornas, association de conservation du patrimoine.
La forteresse, perchée sur un escarpement rocheux sur la rive gauche du fleuve, se dresse au-dessus village de Mornas, dans le département français de Vaucluse. La forteresse est un verrou de la vallée du Rhône, sur laquelle elle offre un point d'observation naturel.
- Vue vers le nord.
- Vue vers le sud.
Historique
Antiquité

L'histoire du rocher de Mornas est liée à celle du Rhône : il a pu servir de frontière dès les Gaulois[1], et permettait de surveiller le fleuve ; la navigation évitait aux voyageurs de prendre les chemins dangereux[2].
La « Marseille grecque » était à l'origine de cette nouvelle façon de gérer le sol : s'appuyer sur les eaux et les fleuves. Le Rhône avait ainsi été tronçonné en secteur de deux limites, deux barrières, deux barres de confluences fixées à l'endroit où l'affluent se jette dans le fleuve[note 1].
La bataille de Vindalium eut lieu au pied de la ville d'Aéria. Les Gaulois salyens coalisés combattirent les Romains, appelés par les Marseillais.
Les Romains vainqueurs entourèrent le champ de bataille de tours où les armes des vaincus furent rassemblées[3],[note 2].
En 118, les Romains fondèrent la Provincia Romana : elle protégeait Marseille, et assurait une liaison terrestre sécurisée vers l'Espagne, son or, son argent, son blé, son huile d'olive…
L'oppidum fut démantelé, les citernes comblées, pour ne pas servir de point de rébellion contre les Romains. Ces derniers fondèrent Orange, y fixèrent une légion. Ils tracèrent les nouveaux axes des quadrillages des terres, effaçant les anciennes bornes. La nouvelle organisation politique et administrative se mit en place et assura la paix et la prospérité pour quelques siècles.
Moyen Âge
Mornas est mentionné pour la première fois au IXe siècle (Rupea Morenata) et fut propriété de l'abbaye d'Aniane[4], de l'archevêché d'Arles puis des comtes de Toulouse. Un village se développe au pied de la montagne. Le site du castrum médiéval, mentionné en 1088[note 3], se fortifie en continuité avec l'oppidum antique[6]. Les premières fortifications étaient probablement en bois[7].
La forteresse est disputée par les comtes de Toulouse et les archevêques d'Arles, pour sa position stratégique. En 1209, pendant la croisade contre les albigeois, le comte Raymond VI de Toulouse est forcé de céder plusieurs de ses places fortes, dont Mornas, à l'Église. Mornas repasse sous le giron de l'archevêque d'Arles, est reprise par le comte de Toulouse, jusqu'au traité de Paris en 1229. Ce traité stiplue que toutes les possessions comtales à l'Est du Rhône passaient sous l'autorité du roi de France, à l'exception du Comtat Venaissin, et, de facto, Mornas, qui appartient désormais au pape[8]. Ce dernier confie l'administration du comté au roi de France jusqu'en 1274. Le pape Grégoire X reprend alors en main son administration. La forteresse est placée sous la tutelle des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Ces derniers rétrocèdent la forteresse, coûteuse à entretenir, en 1305[9].
La place-forte fut l'objet d'importants travaux aux XIVe et XVIe siècles[6]; elle joue un rôle important de défense lors de la guerre de Cent Ans, notamment contre les « compagnies » de routiers. Ces troubles cessent à la fin du XIVe siècle. L'accalmie dure jusqu'à la deuxième moitié du XVIe siècle et les Guerres de religion[10].
Guerres de religion
Négligée par l'Église, la forteresse, mal entretenue, tombe entre les mains des troupes protestantes en 1562, dirigées par Montbrun, lieutenant du baron des Adrets. Il fait jeter les réfugiés et la garnison du haut de la falaise[11]. Les années suivantes, Mornas est successivement aux mains des catholiques et des huguenots.
Les troubles cessent à la fin du XVIe siècle ; la forteresse perd son rôle défensif et tombe dans l'oubli et l'abandon.
De nos jours : restauration et tourisme
Sa restauration est entreprise à partir de 1977, grâce à l'association des « Amis de Mornas ». De nombreuses animations et reconstitutions sont proposées pendant la période estivale[12],[13].
Les restes du château de Mornas ont été inscrits au titre des monuments historiques le [14].