Le Four Sarrazin, appelé aussi les Pierres Chevêches, est un dolmen situé à Saint-Just dans le département français d'Ille-et-Vilaine.
Alfred Ramé, dès 1864 et P. Bézier en 1883 en donnent les premières descriptions et plans fidèles mais le dolmen est déjà endommagé[1]. L'édifice est classé au titre des monuments historiques par arrêté du [2].
Description
Situé à l'extrémité ouest de la Grée de Cojoux, le dolmen est entouré d'un tertre rectangulaire, orienté est-ouest, de 22 m de long sur 7 m de large délimité par de petites dalles enfoncées dans le sol. La chambre est excentrée à l'intérieur du tumulus. Elle mesure 7 m de long pour 1,20 m de large[3]. Elle est délimitée par quatorze orthostates en schiste strié de quartz (hauteur moyenne 1,20 m, largeur 0,50 m, épaisseur 0,30 m)[4] mais plusieurs dalles semblent avoir disparu depuis le XIXesiècle[5]. Par comparaison avec le plan dressé par Ramé en 1864, il semble ainsi que la partie occidentale de la chambre, qui était déjà très perturbée, soit désormais manquante[5]. L'entrée latérale est marquée par une petite dalle de schiste perpendiculaire à la chambre près de son angle sud-est[1].
Trois tables de couverture sont conservées mais renversées à l'intérieur de la chambre, le plan dressé par Ramé en représentait quatre. La plus orientale mesure 2,50 m de long pour 0,60 m de large et 0,80 m d'épaisseur[4]: elle comporte près du bord supérieur droit, sur la face qui devait à l'origine être située côté extérieur[5], une dizaine de cupules dont une très large et très profonde (14 cm de large sur 10 cm de profondeur)[1].
L'architecture générale de la tombe présente une très grande similitude avec celle de l'allée couverte de Crec'h Quillié[5]. Les dolmens à entrée latérale sont assez courants en Bretagne du nord, ils datent de la fin du Néolithique vers [3], mais il est assez surprenant que le seul autre monument de ce type encore visible à Saint-Just, la sépulture mégalithique de Tréal située à moins de 2 km au nord-ouest, soit d'un plan général si différent. Il est possible que le Four Sarrazin corresponde à un modèle plus ancien qui aurait évolué ultérieurement vers celui de Tréal[1].
Vue générale de l'édifice depuis le sud-est en 2018: l'entrée latérale est visible au premier plan au centre.
Jacques Briard, Maurice Gautier et Gilles Leroux, Les mégalithes et les tumulus de de Saint-Just, Paris, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, , 174p. (ISBN9782735503209), p.83-84
Jacques Briard, Loïc Langouët et Yvan Onnée, Les mégalithes du département d'Ille-et-Vilaine, Rennes, Institut culturel de Bretagne et Centre régional d'archéologie d'Alet, coll.«Patrimoine archéologique de Bretagne», , 122p. (ISBN978-2-86822-092-9), p.88
Charles-Tanguy Le Roux, Yannick Lecerf et Maurice Gautier, «Les mégalithes de Saint-Just (Ille-et-Vilaine) et la fouille des alignements du Moulin de Cojou», Revue archéologique de l'ouest, vol.6, , p.5-29 (DOI10.3406/rao.1989.931, lire en ligne[PDF])
Alfred Ramé, «Le champ funéraire de Cojou (Ille-et-Vilaine)», Revue archéologique, no1, , p.83-84 (lire en ligne[PDF])