Fralsen, anciennement Kelton est une usine d'horlogerie, membre du groupe américain Timex, et basée à Besançon. Créée en 1955, elle atteint son apogée durant les années 1970, en employant près de 3.000 personnes. Au tournant des années 2000, elle devient une bien plus petite structure. Le , la société est placée en liquidation judiciaire.
1955 - 1973 : un développement rapide
Z.I. Trépillots de Besançon en 2009.
La société voit le jour sous le nom de Kelton. Filiale du groupe américain Timex elle s'implante à Besançon en 1955[1]. Elle est fondée par Stéphane Bouillier, patron de la marque horlogère vixa, qui, après un voyage aux États-Unis, décide de développer la marque en France. Le nom de Kelton fait référence au Elton Hotel(en), à Waterbury[2].
Une dizaine d'années plus tard, l'entreprise s’installe dans la zone industrielle des Trépillots. Initialement, elle ne fabrique que des pièces et boitiers de montres pour le reste du groupe[1].
En 1962, elle fait partie, aux côtés de Lip et de la Rhodiacéta, des 3 entreprises bisontines de plus de 1000 salariés. Contrairement aux autres entreprises horlogères de la ville, Kelton est spécialisée dans la montre bon marché[3]. Ces dernières sont en vente dans les bureaux de tabac[4].
Début des années 1970 : apogée, mouvements sociaux
En , une grève éclate. Suivi par 80% du personnel - soit, plus 1.100 ouvriers -, l'usine est partiellement occupée[5]. Le 18, entre 700 et 800 jeunes ouvrières manifestent dans les rues de Besançon et y tiennent un meeting[6]. Les ouvriers revendiquent, notamment, une augmentation horaire de 50 centimes[6],[7]. Le , syndicats et direction arrivent à un accord[8]. Le travail reprend le au matin[9].
En 1975, Kelton atteint les 2800 employés[1]. Elle aurait atteint les 3000 employés, durant cette décennie[10].
Ancienne enseigne de l'entreprise. Conservée au Musée du Temps.
Fin des années 1970 - années 1980 : crise du quartz et fin de la franchise Kelton
Cependant, la crise du quartz viendra mettre en danger l'entreprise[10]. Depuis la fin des années 1970, Kelton licencie beaucoup de personnel[11]. En 1982, elle ne compte plus que 1.900 employés[1].
En , Fred Olsen, PDG américain de la société, visite l'entreprise de Besançon qui se nomme désormais Fralsen et emploie 1.400 personnes[12]. En 1987, alors qu'il se vend, en France, 1 million de montres Kelton par an, - pour un chiffre d'affaires de 100 millions de francs -, Timex décide la fin de la commercialisation de la marque[13].
Logotype du groupe Timex.
Depuis 2016 : une modeste renaissance
Usine Fralsen vue depuis le boulevard Kennedy à Besançon
Une première tentative de la faire renaitre échoue, en 1999[13],[4]. Elle ne revient sur le marché qu'en 2016, en surfant sur la vague rétro-vintage, avec la gamme Idyllic. Un accord de cinq ans est signé avec le nouveau propriétaire asiatique et cette dernière est assemblée à Besançon[4]. En 2005, à la suite d'une délocalisation d'une partie de la production vers la Chine, l'entreprise avait licencié autour de 150 salariés[10],[14]. En 2010, il n'en restait qu'une centaine[10].
Le , une grève débute avec comme principales revendications: une augmentation des salaires, la mise en place d'un intéressement, ainsi que le prolongement des journées enfants malades jusqu’à l'age de 14 ans. Toutefois, la grève prend fin le à la suite du versement d'une prime de 200 euros[15].
En , dans le contexte de l'épidémie de covid-19, l'entreprise cesse temporairement son activité[16].
En 2023, Fralsen commercialise le modèle Chronographe 1972. Cette gamme est disponible en deux séries limitées à 100 exemplaires nommée: Kelton et Chapal[2].