François Prelati

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François Prelati (ou François Prélati, francisation de son nom d'origine italienne, Francesco Prelati), né vers 1417 à Montecatini Terme et mort en mars ou à Chinon, est un clerc italien prétendant pratiquer l'alchimie et la géomancie, notamment au service de Gilles de Rais.

Nom de naissance Francesco Prelati
Décès mars ou avril 1446
Chinon
Nationalité Italienne
Faits en bref Nom de naissance, Naissance ...
François Prelati
Description de cette image, également commentée ci-après
Soi-disant battu par le diable, François Prelati, ensanglanté, s'effondre dans les bras de Gilles de Rais sous les yeux du prêtre Eustache Blanchet.
Aquarelle peinte par Martin van Maele pour le roman Là-bas de Joris-Karl Huysmans.
Nom de naissance Francesco Prelati
Naissance vers 1417
Montecatini Terme (diocèse de Lucques, Toscane)
Décès mars ou avril 1446
Chinon
Nationalité Italienne
Profession
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Biographie

Portrait de René d'Anjou en prière.
Heures de René d'Anjou, Angers, 1437 ? (Mss, ms. Latin 1156 A, fo 81 vo, BnF, Paris).

Condamné à la prison perpétuelle, Francesco Prelati réussit probablement à s'évader puis trouve refuge hors de la juridiction du duché de Bretagne, plus précisément à la cour du duc René d'Anjou, chef de la maison d'Anjou et roi titulaire de Sicile. Par le truchement d'un confesseur du « bon roi René », dont la cour fastueuse et raffinée accueille nombre d'artistes et de poètes, le jeune clerc italien obtient une audience auprès du prince. Prelati parvient à valoriser ses soi-disant talents d'alchimiste, vraisemblablement grâce à des tours de prestidigitateur permettant de brandir au moment opportun un lingot d'argent dissimulé dans le creuset du « Grand œuvre », tant et si bien que l'escroc est nommé capitaine du château de La Roche-sur-Yon par le duc René[1],[2]. Adoptant désormais l'identité de François de Montcatin (d'après le nom francisé de sa commune natale)[3], l'aventurier toscan profite de sa nouvelle position pour assouvir sa vengeance sur Geoffroy Le Ferron, devenu entretemps trésorier de France et conseiller du roi Charles VII[n 1].

Ruines du château de La Roche-sur-Yon, d'après une esquisse datant du XIXe siècle.

En se rendant à Taillebourg auprès de l'amiral Prigent de Coëtivy  époux de la fille de Gilles de Rais[n 2] , Geoffroy Le Ferron passe à La Roche-sur-Yon le . Invité au château par le capitaine-alchimiste, il y est injurié par le prêtre Eustache Blanchet avant d'être emprisonné arbitrairement sur ordre de Prelati, qui lui reproche sa propre incarcération nantaise du temps du procès de Gilles de Rais. Afin d'extorquer une énorme rançon au trésorier, les deux anciens serviteurs du maréchal lui font subir de mauvais traitements durant deux mois et demi. Entre autres tortures morales et physiques, Francesco Prelati et Eustache Blanchet tentent d'effrayer Le Ferron en feignant de découvrir parmi ses papiers une lettre factice qui le compromet dans une trahison imaginaire de Prigent de Coëtivy[10].

Informés de la situation, des officiers de René d'Anjou exigent que Prelati amène Le Ferron devant le conseil ducal. Le capitaine fait mine d'obtempérer avant de reconduire le trésorier de France dans son cachot. Douze jours plus tard, le chevalier Guy d'Aussigny, seigneur de Trèves et lieutenant du roi « ès pays de Poitou, Saintonge, gouvernement de La Rochelle et Angoumois », se présente avec une compagnie de cinquante hommes de guerre devant la forteresse yonnaise. Refusant de délivrer Geoffroy Le Ferron, Francesco Prelati s'oppose à la reddition de la place et effectue une sortie avec sa propre troupe, provoquant un accrochage qui se solde par la mort d'un soldat de Guy d'Aussigny[11].

Peu après, deux officiers de René d'Anjou essayent derechef d'obtenir de Francesco Prelati qu'il leur livre Geoffroy Le Ferron. Le capitaine italien finit par y consentir après versement de la rançon du trésorier de France. Ce dernier est transféré à Angers, où il dépose vainement une plainte auprès de la chambre des comptes d'Anjou. Le Ferron parvient à être conduit sous escorte auprès du roi René d'Anjou à Nancy mais il demeure un temps en détention dans cette ville, où séjourne alors le roi de France. Charles VII a vent de l'affaire, ce qui entraîne la saisine du parlement de Paris. Le Conseil royal rend finalement un arrêt qui condamne à mort Francesco Prelati et l'écuyer Jacques Chabot[n 3], son principal complice[1], tous deux jugés à Chinon[13],[14]. Vers la fin de ou au début du mois suivant, l'ex-invocateur de démons monte sur le bûcher en expiation de ses crimes[1],[15].

Renvoyé devant la cour du parlement avec plusieurs autres comparses de Prelati, Eustache Blanchet fait constamment défaut de à . Le , le parlement rend son arrêt définitif, condamnant le prêtre et ses acolytes à restituer les biens de Geoffroy Le Ferron, à faire amende honorable au roi et au trésorier de France, au paiement d'une amende ainsi qu'au bannissement perpétuel et à la confiscation de leurs biens[16].

Notes et références

Voir aussi

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