François Ristori
peintre français
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Biographie
François Ristori naît à Eu, en Normandie (son père est employé de la S.N.C.F., sa mère est secrétaire de mairie)[2], et passe une partie de son enfance à Mers-les-Bains. Marqué par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, il réalise ses premières compositions inspirées des paysages de sa région natale[3].
Il intègre l'École des beaux-arts d'Amiens, qu'il fréquente de 1954 à 1956[4]. Après son service militaire effectué en Algérie, il poursuit ses études à l'École des beaux-arts de Paris entre 1959 et 1962, où il rencontre notamment Daniel Buren, Michel Parmentier, Niele Toroni et Cadere.

Il devient ensuite pensionnaire à la Casa de Velázquez à Madrid, où il réside de 1962 à 1964[2]. Il y développe un travail de peinture abstraite gestuelle et colorée.
De retour à Paris en 1965, il s'installe à la Cité internationale des arts. À cette période apparaissent les premières formes hexagonales dans ses peintures, parallèlement à l'élaboration d'un protocole de construction picturale réduit à trois couleurs.
En 1968, il part pour un semestre au Canada en tant que boursier du Conseil des Arts[5]. Installé à Montréal, il met en place ses premières « Traces-formes ».
À l'époque du groupe BMPT (Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier, Niele Toroni) dont on le rapprocha par « l'exclusive et la répétition d'une même forme »[4], François Ristori contribue, par ses recherches personnelles, au questionnement radical sur la peinture avec la mise au point d'une méthode de travail fondée sur des protocoles répétitifs et des structures géométriques[6].
Lors de la VIe Biennale de Paris, Daniel Buren et Niele Toroni lui cèdent leur place ; il y expose trois œuvres.
Sa première exposition personnelle, intitulée Traces-formes, se tient à la galerie Yvon Lambert à Paris en 1971.
En , il publie à compte d'auteur un texte-manifeste intitulé Peinture possible.
Voici comment il décrit son travail de 1970-1971 :
« Traces-/formes hexagonales s'engendrant les unes les autres, alternativement en bleu, en rouge, en blanc, jusqu'à occuper la totalité d'une surface, obtenues l'une après l'autre, à partir d'un hexagone d'une trame préalablement établie, en intervenant systématiquement sur chacun des côtés, selon une méthode qui consiste à réitérer un même acte-tracé qui s'effectue toujours selon un même processus et suivant des principes déterminés, entre deux points de repère situés près de chaque extrémité de ces côtés, tantôt à l'extérieur tantôt à l'intérieur de l'hexagone.
Le système comporte des combinaisons permettant aux traces-/formes de se montrer de temps à autre à travers des répliques différentielles. »
— Peinture possible, mars 1971
Il participe à l’exposition Actualité d'un bilan, organisée par Michel Claura à la galerie Yvon Lambert, aux côtés notamment d'On Kawara, Sol LeWitt, Brice Marden et Robert Ryman.
Son travail est ensuite présenté à l’international : une œuvre monumentale est installée sur la façade du Palais des beaux-arts de Bruxelles ; il expose ensuite à New York avec la galerie Yvon Lambert.
Il participe également à l’exposition Le Dessin au travail au musée d'Art moderne de la Ville de Paris, ainsi qu’à plusieurs manifestations en France, notamment au Consortium à Dijon et aux Journées d'art actuel de Limoges.
À partir des années 1980, des problèmes de santé entraînent une réduction de son activité artistique. Il développe alors des travaux de plus petits formats et des collages.
Son œuvre entre dans plusieurs collections publiques françaises et étrangères, parmi lesquelles le Musée national d'Art moderne[7], le Musée Fabre, le MAMCO et plusieurs FRAC[8].
Après sa mort, son œuvre continue d’être exposée, notamment à la Collection Lambert en 2019 puis dans des expositions organisées conjointement par le Musée national d'Art moderne et le MAMCO en 2023.
Expositions
Expositions personnelles

- 1971 : galerie Yvon Lambert, Paris.
- 1976 : galerie Yvon Lambert, Paris ; Galerie D, Bruxelles.
- 1979 : Le Consortium, Dijon, Traces-formes.
- 1979 : galerie Yvon Lambert, Paris ; Le Coin du miroir, Dijon.
- 1982-1985 : galerie Yvon Lambert, Paris.
- 2000, 2001, 2003, 2005, 2006, 2008 : galerie Arnaud Lefebvre, Paris[9].
- juin-juillet 2015 : François Ristori - Peintures 1965-2013 galerie Jean Brolly, Paris[10],[11].
- Juillet-aoput 2017 : Shilla Gallery, Daegu (Corée du Sud).
- Mai 2018 : François Ristori : un art de notre temps, Collection Lambert, Avignon.
- octobre-décembre 2020 : François Ristori - "Traces-formes", proposition de peinture, galerie Joy de Rouvre, Genève[12].
- 2023 : galerie Pauline Pavec, Paris.
- Février-juin 2023 : Musée d'art moderne et contemporain de Genève[13].
- 2023 : Musée national d'Art moderne, Paris.
- Février-mars 2023 : Donation François Ristori, Centre Georges-Pompidou, Paris[14].
- juin-septembre 2026 : François Ristori - Promenade sans début ni fin, chapelle du collège des Jésuites d'Eu[15].
Expositions collectives
- Septembre-novembre 1969 : Biennale de Paris, Musée d'art moderne de la ville de Paris.
- 1972 : galerie Yvon Lambert, Actualité d'un bilan.
- 1976 : Palais des beaux-arts de Bruxelles.
- 1976 : Galerie Yvon Lambert at the Fine Arts Building Gallery, New York.
- 1977 : Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, ARC 2, Le Dessin au travail.
- 1979 : Journées d'art actuel, Limoges.
- 1983-1995 : FRAC Poitou-Charentes, Poitiers.
- 1988 : Institut supérieur pour l'étude du langage plastique, Bruxelles.
- 1994 : Acquisitions 1994, FRAC Picardie, Amiens.
- 1997 : FRAC Picardie, Amiens, Au Pied du mur'.'
- 2000 : FRAC Limousin, Limoges, Une Suite décorative, Deuxième Mouvement.
- 2001 : Musée de Cognac.
- novembre 2018 - mai 2019 : Collection Lambert, Avignon, Un art de notre temps ! Œuvres de la collection Lambert - Jean-Michel Basquiat, Sol LeWitt, François Ristori, Niele Toroni, Quentin Lefranc[16].
- 2022 : La beauté en partage : quinze ans d'acquisitions, Musée Fabre, Montpellier[17].
- Avril-septembre 2024 : De Jean-Michel Basquiat à Édith Piaf - Passions partagées : la collection Lambert au MUCEM, Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, Marseille[18].
Réception critique

- « Ristori se limite à des "traces-formes" d'aspect hexagonal, alternativement en bleu, en rouge et en blanc, appliquées jusqu'à occuper toute la surface donnée. En poussant ainsi l'acte de peindre jusqu'à son maximum de neutralité, Ristori entend se délivrer certes de son passé idéaliste et rendre l'exégèse impossible, mais du même coup conteste jusqu'à l'environnement culturel qui gravite autour de (et définit ?) ce qu'il croit être l'œuvre d'art. » - Dictionnaire Bénézit[4]
- « Il y a, dans l'art de Ristori, une leçon de voir. Ce que vous percevez semble régi par un système si simple qu'il vous apparaît uniforme et c'est alors que vous percevez les nuances, au gré de la position et de la longueur des lignes tracées. » - Bernard Blistène[19]
Collections publiques
France
- FRAC Picardie, Amiens, Traces-formes hexagonales s'engendrant les unes les autres alternativement en bleu, en rouge, en blanc, deux œuvres : 1) graphite sur papier 120x101cm, 1994[20] ; 2) Peinture 115,3x92cm[21].
- FRAC Poitou-Charente, Angoulême, Traces-formes hexagonales s'engendrant les unes les autres, alternativement, en bleu, en rouge, en blanc, 1974-1975[4].
- Collection Lambert, Avignon[16].
- Le Consortium, Dijon[22].
- FRAC Bourgogne, Dijon, Traces-formes, acrylique sur toile 249x230cm, 1968[23].
- Musée de Grenoble[24].
- Musée Fabre, Montpellier[17].
- Musée d'art moderne de la ville de Paris, Sans titre, huile sur toile 238x209cm, 1967[25]..
- Musée national d'Art moderne, Paris, treize œuvres[26],[27],[14].
- Fonds national d'art contemporain, Puteaux.
- Musée d'Art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole, Sans titre (Traces-Formes), peinture sur papier 414x205cm[28].
Suisse
- Musée d'art moderne et contemporain de Genève, Traces-Formes, deux œuvres[13],[29] :
- Sans titre, acrylique sur papier 245x542cm, vers 1970 ;
- Sans titre, acrylique sur papier, plexiglas, 112x88cm, vers 1970.