France 2030

plan d'investissement d'avenir From Wikipedia, the free encyclopedia

France 2030 est un plan d'investissement d'avenir de 54 milliards d’euros sur 5 ans, annoncé par le président de la République Emmanuel Macron le à l'Élysée[1].

Faits en bref Nature, Piloté par ...
France 2030
Logotype du plan France 2030.
Nature
Programme gouvernemental (d), politique publique, politique industrielleVoir et modifier les données sur Wikidata
Piloté par
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L'objectif est de rattraper le retard de la France dans certains secteurs industriels, investir dans le développement durable et engager la France dans la maîtrise des espaces communs (numérique, extra-atmosphérique, fonds marins)[2].

Ce plan d'investissement est piloté par le Secrétariat général pour l'investissement pour le compte du Premier Ministre et piloté par 4 entités [3]:

Objectifs

Dans un contexte de crise climatique, de concurrence internationale et de crise sanitaire, l'ambition de « France 2030 » est d'engager le pays sur la voie de la transition écologique et l'indépendance stratégique, à travers un plan d’investissement massif pour faire émerger les futurs champions technologiques de demain[4].

La décarbonation est l'un des objectifs phares de France 2030, ainsi, le programme s'engage à allouer 50 % des financements à la baisse des émissions de gaz à effet de serre[5].

5,6 milliards d'euros sont donc dédiés à la décarbonation de l'industrie dont [2]:

  • 610 millions d'euros pour innover et déployer des technologies bas carbone
  • 5 milliards d'euros pour aider les industriels à déployer des solutions de décarbonation

Meilleure production

  • favoriser l’émergence d’une offre française de petits réacteurs modulaires (SMR) d’ici 2035
  • devenir le leader de l’hydrogène vert et des énergies renouvelables en 2030
  • décarboner l'industrie française afin de respecter l'engagement de baisser, entre 2015 et 2030, 35% des émissions de gaz à effet de serre dans ce secteur
  • produire en France, à l’horizon 2030, près de 2 millions de véhicules électriques et hybrides [6] dans des « gigafactories »
  • produire en France, d’ici 2030, le premier avion bas-carbone

Meilleur style de vie

  • investir dans une alimentation saine, durable et traçable, afin d’accélérer la révolution agricole et alimentaire
  • produire en France au minimum 20 biomédicaments, en particulier contre les cancers, les maladies chroniques, dont celles liées à l’âge et créer les dispositifs médicaux de demain
  • placer la France en tête de la production des contenus culturels et créatifs

Meilleure compréhension scientifique

  • investir dans l'aventure spatiale avec la production de mini-lanceurs réutilisables et de micro et minisatellites
  • investir dans le champ des fonds marins pour une meilleure compréhension du vivant

Réception

Critiques positives

Près de 200 chefs d'entreprise sont présents lors de la présentation du plan d'avenir, à l'Élysée le . Ces derniers saluent une réponse économique positive aux grands enjeux de demain, dans le but de refaire de la France une « grande nation d’innovation ».

France Digitale accueille positivement ces annonces présidentielles, près de la moitié du plan d’investissement est consacré aux startups[7]. L'organisation rappelle qu'investir massivement dans les startups, c'est « donner un temps d’avance technologique à la France ».

La FICAM salue une contribution historique et décisive pour l’avenir de la filière image[8].

Le MEDEF salue l’ambition et la perspective de ce plan, mais précise les conditions de réussite : France 2030 devra d’abord être centré sur les entreprises privées, sa gouvernance doit être claire, son exécution agile pour pouvoir réorienter les investissements rapidement et les usages de ces nouvelles technologies devront être soutenues afin d’en assurer le réel développement[9].

Critiques négatives

L'ancien magistrat à la Cour des comptes, François Ecalle, alerte sur l'effet macroéconomique limité que devrait avoir le plan France 2030. En effet, l’investissement public total atteint déjà 90 milliards d’euros par an[10].

La Cour des comptes critique également le manque de diffusion de l’innovation « vers des solutions viables au niveau économique »[10].

À six mois des élections présidentielles françaises de 2022, l’opposition politique critique une « propagande » Macron et dénonce une « euphorie dépensière » en période pré-électorale[11]. Les candidats de l'opposition dénoncent un moyen de lancer la campagne du futur candidat Macron sans le dire et perçoivent le plan France 2030 comme une feuille de route pour un potentiel nouveau quinquennat.

Le candidat communiste Fabien Roussel estime qu'en finançant France 2030 par l’emprunt plutôt qu’en taxant les supers profits du CAC40, Emmanuel Macron se fait le promoteur du capitalisme et de la concurrence. La candidate des Républicains Valérie Pécresse dénonce, elle, des annonces couteuses, après le plan de relance post-Covid de 100 milliards d’euros en 2020, le « quoi qu’il en coûte », les investissements exceptionnels pour la ville de Marseille, le projet de loi de finances 2022 et maintenant le plan France 2030[11].

Évaluation d'impact sur la décarbonation

15 mois après le lancement du programme, le comité de surveillance des investissements d'avenir et du secrétariat général pour l'investissement a demandé une étude d'évaluation de l'impact de France 2030 sur la décarbonation de l'économie française. Réalisée entre mars et , par les cabinets de conseil Frontier Economics et GreenFlex, l'évaluation a été publié en [12].

L'étude, intitulée Suivi et évaluation des impacts du plan France 2030 en matière de décarbonation de l'économie[12], visait à évaluer :

  • l’impact de France 2030 sur la décarbonation de l’économie française
  • les solutions les plus pertinentes pour décarboner l’économie française
  • la temporalité de l’impact de France 2030
  • le rapport coût-efficacité des solutions soutenues par France 2030

L'étude a analysé :

  • 37 procédures
  • 351 projets
  • 424 bénéficiaires

Évaluation des types de solutions soutenues par France 2030

L'étude a mis à jour l'homogénéité des leviers soutenus par France 2030. 60 % des financements ont été attribués à la substitution des ressources ou des énergies et 30 % ont été destinés à décarboner l'usage de solutions, produits ou autres process[13].

L'industrie manufacturière et l'énergie ont été les secteurs les plus soutenus par France 2030 entre et [13].

Enfin, les activités de fabrication ou d'installation de produits et d'exploitation de produits ont été les plus aidées par France 2030[13].

Évaluation de la temporalité de l'impact de France 2030

Le rapport de synthèse met en exergue le soutien prioritaire aux projets de moyen / long terme. L'horizon d'impact de décarbonation de ces projets est supérieur à 10 ans (65 % des aides)[14].

35 % des financements ont soutenu des projets à impact de décarbonation de court terme (0 à 10 ans)[14].

Évaluation de l'efficience des solutions soutenues

L'analyse de l'efficience montre que les projets à coût élevé et à fort potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre ont bénéficié de la majorité des aides de France 2030 (49 % des aides)[15].

Les leviers à bas coût et pour lesquels les réductions de gaz à effet de serre sont faibles ont reçu 29 % des aides[15].

Recommandations

Le rapport de synthèse livre également des recommandations pour mieux prendre en compte l'impact de la décarbonation dans le ciblage et le financement des projets soutenus par France 2030. L'étude conclut sur le besoin d'accompagnement des porteurs de projets, afin de mieux en estimer les impacts, grâce au calcul des émissions de gaz à effet de serre évitées. Face au manque de données sur ce sujet, l'étude n'a pu calculer le montant total d'abattement des émissions de gaz à effet de serre des projets soutenus par France 2030[16].

Pour la suite du programme France 2030, pour affiner la mesure d'impact, les auteurs de l'étude recommandent d'évaluer :

  • les types de solutions de décarbonation à financer
  • les impacts obtenus par les projets mis en œuvre grâce à France 2030[16]

Rapport d'évaluation 2025

Le Comité de surveillance des investissements d’avenir (Csia) publie son rapport de mi-parcours du plan France 2030 le [17].

Les résultats encourageants

Bien que le budget initial accordé au secteur pharmaceutique ait été raboté, passant de 7,5 milliards d'euros à 4,9 milliards d'euros, le Csia juge les progrès dans le domaine encourageants, avec 1,4  d'argent privé investi pour 1  d'argent public dépensé[18].

L'effort dans le domaine du numérique est à maintenir : quelques résultats probants ont été obtenus notamment dans le domaine du quantique[18].

Les insuffisances

Les auteurs du rapport sont d'accord sur la pertinence du plan pour répondre à un environnement économique de plus en plus concurrentiel. Cependant la lourdeur administrative de la gouvernance du programme est facteur de nuisance pour la lisibilité et l'efficacité du programme. Les lenteurs du processus sont également pointées, dans un secteur où les start-ups pâtissent d'une trop longue attente (36 % des lauréats se plaignent des délais de contractualisation trop longs)[17].

Le rapport point un trop grand saupoudrage des aides et un taux d'avancement des objectifs inférieur aux prévisions. Ainsi, dans le secteur du nucléaire, le taux d'avancement est de 22 % à mi-parcours (fin 2025)[19].

En parallèle au saupoudrage, un manque de vision d'avenir est reproché à l'État dans des domaines où les opérations se jugent sur des délais multidécennaux[19].

La fixation d'objectifs déconnectés de la réalité est soulignée par le rapport. Le rapport note en effet qu'un secteur est particulièrement sévèrement jugé : celui de la voiture électrique. L'objectif fixé dans le plan est d'arriver à produire 2 millions de véhicules par an à l'horizon 2030. Un objectif qui est inatteignable à quatre ans de l'objectif[18].

Les recommandations

Le Csia rappelle que les efforts de R&D sont à apprécier sur la durée longue (20-30 ans). Il est donc important que l'effort budgétaire consenti par l'état soit suivi dans le temps : les entreprises apprécient la prévisibilité des dispositifs d'aide[17].

Le Csia propose de prioriser les axes de développement en fonction de la maturité des technologies en utilisant des «  courbes de mérite »[19].

Références

Articles connexes

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