Francesca Pasquali

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Francesca Pasquali
Naissance
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Renato Barilli
Mouvement
Art contemporain, Resilienza italiana
Influencée par
Distinction
Finaliste Prix Cairo (2015), 2e prix Fondation Henraux (2014)
Œuvres principales
Straws, Spiderballs, Frappa, Bristles, Plastic Islands

Francesca Pasquali, née en 1980 à Bologne est une artiste plasticienne et sculptrice italienne. Son travail se caractérise par la transformation de matériaux industriels et plastiques de récupération en installations monumentales et sculptures qui évoquent des formes organiques et naturelles.

Influencée par l'Arte povera et l'Arte Programmata, elle développe une recherche artistique centrée sur la « poétique de l'objet banal », détournant des objets du quotidien — pailles, élastiques, setole en PVC, néoprène — pour créer des œuvres immersives invitant le spectateur à une expérience sensorielle complète.

Cofondatrice du mouvement Resilienza italiana en 2013, elle expose régulièrement sur la scène internationale, notamment au Sydney Opera House (2018), au MOCA de Londres (2016) et dans les principales foires d'art contemporain internationales.

Formation

Francesca Pasquali naît en 1980 à Bologne, en Émilie-Romagne[1]. Elle entreprend des études à l'Académie des beaux-arts de Bologne, dont elle sort diplômée en 2006[1]. Durant sa formation, elle expérimente de nombreuses disciplines artistiques : fonderie, gravure, photographie et design[1].

Son professeur Renato Barilli, théoricien de l'art informel, exerce une influence déterminante sur son approche artistique[1]. Cette formation se traduit dans la « vibration et la force expressive des matériaux » qui caractérisent ses œuvres[1].

Carrière

Après ses études, Francesca Pasquali développe une pratique artistique centrée sur la sculpture et l'installation. Son travail attire l'attention lors de plusieurs prix nationaux : elle est finaliste du Prix DAMS à Bologne en 2006[2], puis finaliste du prix ARTEINGENUA International à Brescia en 2008[2].

En 2010, elle présente sa première exposition personnelle d'envergure au Museo Diocesano de Brescia, intitulée Preview, où elle expose des sculptures caractérisées par un travail d'entrelacement et de tissage de matériaux plastiques comme le néoprène et le PVC[3].

Sa reconnaissance internationale s'affirme avec le deuxième prix de la Fondation Henraux en 2014[4] et sa sélection comme finaliste du « Prix Cairo » en 2015[4]. La même année, elle participe à la Biennale des jeunes de Monza avec l'installation Spiderball Cloud[5].

En , elle crée le Francesca Pasquali Archive, dirigé scientifiquement par la curatrice Ilaria Bignotti, afin d'archiver, conserver et promouvoir son œuvre[6].

Resilienza italiana

En 2013, Francesca Pasquali cofonde avec d'autres artistes et la curatrice Ilaria Bignotti le mouvement artistique et culturel Resilienza italiana[6]. Ce collectif a pour objectif de développer le débat international autour de la sculpture contemporaine et d'accompagner les générations émergentes d'artistes[6].

Expositions internationales majeures

En 2016, Francesca Pasquali connaît une année charnière sur la scène internationale. Elle présente simultanément deux expositions à Londres : Spiderwall au MOCA et Metamorphoses à la galerie Tornabuoni Art[4],[7]. L'exposition Metamorphoses s'accompagne d'un catalogue publié par Forma Edizioni (Florence), comprenant un essai de Fatoş Üstek, un entretien avec Matt Williams (curateur à l'ICA) et un texte de Michael Petry, directeur du MOCA[7].

En 2017, elle présente sa première exposition personnelle en France à la galerie Tornabuoni Art Paris[6].

En 2018, le Sydney Opera House lui commande l'installation Plastic Islands dans le cadre du festival Antidote[8]. L'œuvre, créée en direct devant le public le , transforme 15 000 pailles en plastique inutilisées en une sculpture représentant le port de Sydney[8],[9]. Cette commande s'inscrit dans l'engagement environnemental de l'institution australienne qui abandonne les pailles en plastique[10].

La même année, elle est invitée à la Biennale de Shenzhen d'art contemporain, consacrée au thème Open Source[6].

En 2021, elle présente Natura plastica à la Raccolta Lercaro de Bologne, en collaboration avec le CUBO Museo d'impresa del Gruppo Unipol[11],[12].

Démarche artistique

Nature et artifice

La recherche de Francesca Pasquali s'articule autour du dialogue entre nature et artifice[13]. L'artiste observe les formes naturelles et leurs textures structurelles, qu'elle cherche à émuler en transformant des matériaux plastiques et industriels en objets et installations complexes[14]. Selon ses propres termes : « Ma recherche tout entière découle du concept de Nature et Artifice. Les œuvres que je réalise avec des matériaux plastiques artificiels rappellent des éléments naturels et biomorphiques et leur caractère éphémère »[13].

Ce qui appartient au monde de la nature devient artificiel, et inversement[1]. Le CNAP décrit cette démarche en évoquant une « artiste-alchimiste » qui « connaît les secrets de la relation entre la matière et la forme »[1].

Poétique de l'objet banal

S'inscrivant dans l'héritage de l'Arte povera des années 1960-1970, Francesca Pasquali développe une « poétique de l'objet banal »[1],[14]. Elle sélectionne des objets utilitaires du quotidien — pailles, élastiques, setole de balais, ballons en caoutchouc, néoprène — et les détourne de leur fonction originelle pour les réinterpréter d'un point de vue esthétique[1].

Comme elle l'explique : « Ces objets sont au cœur de ma recherche. La matière est la protagoniste absolue de mon travail. [...] Chaque objet est décontextualisé et assemblé, prenant une nouvelle forme tout en restant reconnaissable »[13]. L'assemblage de milliers d'éléments identiques confère au matériau « une nouvelle forme et une puissance qui font vivre la matière »[13].

Cinétisme virtuel et interaction

Le travail de Pasquali présente également des références à l'Arte Programmata, partageant avec ce mouvement la recherche sur la perception, la codification de l'image et la possibilité pour l'œuvre de transmettre l'idée d'un « mouvement virtuel »[1].

Ses installations sollicitent activement la participation du spectateur. Ce dernier est invité à « compléter l'œuvre en se déplaçant » autour de celle-ci[1]. Le déplacement du regard et du corps crée un « dialogue avec l'objet qui s'anime selon les angles de vue, les points de vue et les perspectives »[1].

Séries principales

Le travail de Francesca Pasquali se décline en plusieurs séries thématiques récurrentes :

  • Straws : installations monumentales réalisées avec des pailles en plastique, exploitant leur légèreté et leur capacité à créer des effets de transparence et de couleur[8].
  • Spiderballs : sculptures composées d'élastiques entrelacés formant des structures sphériques organiques[5].
  • Frappa : œuvres utilisant des ballons en caoutchouc pour créer des formes biomorphiques[1].
  • Bristles : installations réalisées avec des setole (poils) de balais industriels en PVC, créant des surfaces vibrantes et tactiles[3].

Réception critique

Approche théorique

Le travail de Francesca Pasquali a fait l'objet d'analyses critiques situant sa pratique dans le contexte de l'art contemporain italien. La curatrice Ilaria Bignotti, directrice scientifique de l'archive de l'artiste, inscrit son œuvre dans la continuité de l'Arte povera tout en soulignant sa dimension contemporaine liée aux enjeux écologiques[12].

Le critique Michael Petry, directeur du MOCA de Londres, analyse dans le catalogue Metamorphoses la capacité de l'artiste à transformer des matériaux industriels banals en œuvres sophistiquées évoquant des formes naturelles[7].

Matérialité et temps

La critique anglo-saxonne met en avant la dimension temporelle et la fragilité inhérentes aux œuvres de Pasquali. Artlyst observe que ses processus de création, intensifs en main-d'œuvre, « montrent le passage du temps » et « représentent la perte de permanence et l'écoulement incessant du temps ». Ces œuvres « ne sont pas des objets coulés dans le bronze, mais sont fragiles, et parlent du caractère temporaire de la vie. Ce sont en fait des natures mortes contemporaines »[7].

Engagement environnemental

Le projet Plastic Islands pour le Sydney Opera House en 2018 a été particulièrement salué pour sa dimension environnementale. Green Magazine souligne que l'artiste « transforme 15 000 pailles en plastique inutilisées en art » dans le cadre de l'engagement de l'institution à abandonner le plastique à usage unique[10]. Cette commande illustre comment la pratique de Pasquali peut s'inscrire dans une réflexion sur le recyclage et la revalorisation des matériaux[8].

Reconnaissance institutionnelle

La présence des œuvres de Pasquali dans des collections publiques témoigne de sa reconnaissance institutionnelle. Artribune note qu'elle figure aux côtés d'artistes majeurs de l'art italien comme Michelangelo Pistoletto, Lucio Fontana, Alighiero Boetti et Giuseppe Capogrossi dans la collection de la Ghisla Art Collection Foundation à Locarno[15].

Expositions (sélection)

Expositions personnelles

  • 2021 : Natura plastica, Raccolta Lercaro / CUBO Unipol, Bologne[11].
  • 2018 : Plastic Islands, Sydney Opera House, Sydney[8].
  • 2017 : Francesca Pasquali, Tornabuoni Art, Paris[6].
  • 2016 : Metamorphoses, Tornabuoni Art, Londres[7].
  • 2016 : Spiderwall, MOCA, Londres[4].
  • 2016 : Plastic Resonance, Leila Heller Gallery, New York[6].
  • 2010 : Preview, Museo Diocesano, Brescia[3].

Expositions collectives

  • 2019 : Collection permanente, Ghisla Art Collection Foundation, Locarno[15].
  • 2018 : Biennale de Shenzhen, Shenzhen[6].
  • 2015 : Spiderball Cloud, Biennale des jeunes de Monza, Monza[5].
  • 2012 : NaturalMente, Biennale Italia-Cina, Villa Reale, Monza[2].

Foires internationales

Francesca Pasquali participe régulièrement aux principales foires d'art contemporain internationales : Art Basel (Miami, Hong Kong), FIAC (Paris), TEFAF (Maastricht), Art First (Bologne), MiArt (Milan)[6],[2].

Collections publiques

Les œuvres de Francesca Pasquali sont présentes dans les collections suivantes[1] :

Distinctions

  • 2017 : Sélection Prix VAF[6].
  • 2015 : Finaliste Prix Cairo[4].
  • 2014 : 2e prix Fondation Henraux[4].
  • 2009 : Mention Talent Prize, Rome[2].
  • 2008 : Finaliste ARTEINGENUA International Prize, Brescia[2].
  • 2006 : Finaliste Prix DAMS, Bologne[2].

Publications

Notes et références

Liens externes

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