Francesca Pometta
diplomate suisse
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Francesca Pometta, née le à Genève et morte le à Genthod dans le canton de Genève[1], est une diplomate suisse.
Elle est la première femme chef de mission étrangère pour la diplomatie suisse[2] et la première à accéder au rang d'ambassadeur[3].
En raison de son statut de pionnière dans la diplomatie, elle a subi (avec sa collègue Marianne von Grünigen) différentes formes de sexisme durant sa carrière: impossibilité de se marier en tant que femme diplomate[4], remarques désobligeantes lors de la tentative d'adhésion de la Suisse à l'ONU (« deux Blanches-neige pour sept nains », « miracle des Demoiselles »)[5] et a dû convaincre qu'une femme pouvait également être cheffe en communiquant plus fort que ses collègues masculins pour se faire entendre[4].
Biographie

Francesca Pometta naît le à Genève. Elle est originaire de Broglio dans le Val Lavizzara, dans le canton du Tessin[6]. Elle est la fille de l'avocat et juge au Tribunal fédéral Carlo Pometta[7] et de Monique Pfäffli-Pometta[6]. Elle est l'aînée d'une fratrie de trois enfants: elle a un frère (Daniel Pometta) et une soeur (Silvia Rayroux-Pometta)[8]. Son arrière-grand-père est le conseiller fédéral Adrien Lachenal[9].
Après ses études à la Faculté des Lettres de l'Université de Lausanne[10], elle continue sa formation à l'étranger. En 1956, elle est la première femme à entrer au Département politique fédéral en tant que attachée d'ambassade (1958-1960) ainsi qu'au service des finances et de l'économie du département (1960-1963). Elle travaille à l'Ambassade de Suisse à Washington. Elle devient ensuite observatrice aux Nations unies à New York (1964-66). De retour à Berne en 1966 comme chef suppléante de la section des organisations internationales, elle est nommée chef des secteurs concernant les questions sociales et les droits de l'homme au Conseil de l'Europe à Berne. De 1971 à 1975, elle est collaboratrice de l'ambassade de Suisse à Rome. Elle accède au titre d'ambassadeur en 1977[11].
De 1982 à 1987, elle dirige la mission permanente de la Suisse auprès de l'ONU à New York. De 1987 à 1991, elle est ambassadrice de Suisse en Italie, à Malte et à Saint-Marin et auprès de la FAO, à Rome.
Membre du Comité international de la Croix-Rouge (1991-96), elle est ensuite membre de la Commission consultative du Fonds spécial pour les victimes de l'Holocauste ayant besoin d'aide (1997-2000).
Hommage
Une salle de l'aile ouest du Palais fédéral est nommée en son honneur le 7 mars 2023 à l'occasion de la journée internationale des femmes[12],[11]. Chaque côté de la salle a une vocation particulière. Un côté retrace l’évolution de la proportion de femmes ambassadrices à l’étranger de 1957 à ce jour (au travers d'un graphique), tandis que l'autre côté comporte le portrait de toutes les femmes ayant occupé pour la première fois le poste d’ambassadrice dans une représentation étrangère (ou de directrice à Berne). Par cette action, le DFAE a voulu encourager la présence de femmes dans le domaine de la diplomatie[12].