Francine de Montigny

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Francine de Montigny
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Francine de Montigny, née en 1958 dans la région de l'Outaouais, est une infirmière et professeure d'université québécoise spécialisée en sciences infirmières et en santé familiale.

Pionnière de la recherche sur la santé psychosociale des familles au Québec, elle est la première infirmière québécoise à devenir titulaire d'une chaire de recherche du Canada, poste qu'elle occupe de 2010 à 2020. Elle fonde et dirige le Centre d'études et de recherche en intervention familiale (CERIF) à l'Université du Québec en Outaouais (UQO), où elle est professeure depuis 1988. Ses travaux portent principalement sur le deuil périnatal, la santé mentale parentale et le rôle des pères dans la famille.

Elle reçoit plusieurs distinctions pour sa contribution à l'avancement des connaissances en sciences infirmières, notamment l'Insigne du mérite de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec en 2014, le grade d'officière de l'Ordre national du Québec en 2017 et le prix Marie-Andrée-Bertrand, l'un des Prix du Québec, en 2018.

Formation

Francine de Montigny obtient son diplôme en techniques de soins infirmiers au printemps 1978[1]. Après avoir travaillé en Suisse et aux Pays-Bas, où elle vit sa première expérience de soutien en deuil périnatal, elle décide de poursuivre ses études[1].

Elle obtient un baccalauréat en sciences infirmières à l'Université du Québec à Hull en 1986, puis une maîtrise en sciences infirmières à l'Université de Montréal en 1988[2]. Elle poursuit sa formation à l'Université du Québec à Trois-Rivières, où elle obtient un doctorat en psychologie en 2002, suivi d'un stage postdoctoral en psychologie développementale en 2007[2].

Carrière

Francine de Montigny est professeure au Département des sciences infirmières de l'Université du Québec en Outaouais depuis plus de 25 ans[2].

En 2010, elle devient titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la santé psychosociale des familles, devenant ainsi la première infirmière québécoise à occuper une telle fonction dans le domaine de la santé familiale en période périnatale[3]. La chaire est renouvelée en 2016 avec un investissement de 500 000 $ pour cinq ans[4]. Elle occupe ce poste jusqu'en 2020[5].

Elle fonde et dirige le Centre d'études et de recherche en intervention familiale (CERIF)[2], un centre universitaire dont la mission est d'améliorer la qualité de vie des familles en collaborant avec les milieux partenaires[6]. Elle est également fondatrice du Groupe de recherche interdisciplinaire sur la paternité, la famille et la société, qui regroupe une trentaine de chercheurs québécois et internationaux[2].

Au cours de sa carrière, elle réalise plus de 70 projets de recherche et plus de 1 000 activités de diffusion scientifique[7]. Ses travaux lui permettent d'obtenir des subventions de recherche totalisant près de 14 millions de dollars provenant d'organismes québécois, canadiens et internationaux[1].

Domaine de recherche

Les recherches de Francine de Montigny portent sur la santé psychosociale des familles, particulièrement en périnatalité. Ses travaux se concentrent sur quatre contextes principaux de la vie familiale : la période entourant la naissance, la santé mentale et physique des parents et de leurs enfants, l'immigration et le décès d'un enfant[6].

Deuil périnatal

Elle s'intéresse depuis plus de 20 ans aux répercussions du décès périnatal, au processus de deuil et à l'accompagnement des familles éprouvées[8]. Elle souligne que la mère est généralement entourée lors d'un décès périnatal, contrairement au père, et que les hommes sont plus tolérants face à de grandes détresses, ce qui peut masquer leur souffrance[9].

En 2013, elle publie une étude dans le Journal of Affective Disorders démontrant que perdre un bébé augmente de 2,5 fois le risque de dépression post-partum lors d'une grossesse ultérieure chez les pères[10]. Ses travaux révèlent que 50 % des pères déprimés avaient perdu un enfant antérieurement, comparé à 20 % chez les pères non déprimés[10]. Elle estime qu'environ 8 % des pères vivent une dépression post-partum et note qu'ils se sentent plus facilement incompétents face à leur bébé par rapport aux femmes[10].

Elle plaide pour que l'accompagnement des parents endeuillés soit considéré comme un investissement en prévention plutôt qu'un luxe, soulignant que négliger ces parents affecte leur santé mentale, le couple, les enfants existants et les enfants à venir[11]. Son équipe de recherche recommande d'offrir aux deux parents un congé de deuil flexible de 24 semaines, période correspondant aux symptômes les plus intenses de deuil, de dépression et d'anxiété[11].

Rôle des pères

Elle accorde une attention particulière au vécu des pères, souvent encouragés à rester forts pour soutenir leur conjointe, mais qui vivent les mêmes effets psychologiques et physiques du deuil que les mères[8]. Elle développe l'Initiative Amis des Pères (IAP), un programme visant à améliorer les pratiques des professionnels de la santé envers les pères[8],[12]. Depuis 2010, sa chaire de recherche vise à améliorer les interventions auprès des nouveaux parents en examinant la santé psychosociale des pères et des mères en période périnatale[12].

Formation des professionnels

Elle mène un projet de formation d'une centaine d'infirmières de près d'une dizaine d'urgences de l'Outaouais pour améliorer l'accompagnement des femmes qui font une fausse couche[13]. Ce programme permet de transformer les pratiques de soins dans ces établissements[13].

Recherche internationale

Elle siège au comité directeur de l'International Stillbirth Alliance[14]. En 2020, elle participe au projet de recherche international COCON, qui examine comment la grossesse, l'accouchement et le deuil périnatal sont vécus pendant la pandémie de Covid-19[14]. Cette étude, menée dans 17 pays, révèle que les mesures sanitaires ont fait augmenter les scores de dépression de 16 % à 29 % pendant la grossesse et de 20 % à 39 % après la naissance[15].

Publications

Francine de Montigny est l'auteure de 6 ouvrages, 35 chapitres de livres et 106 articles scientifiques[1]. Elle a également créé près de 80 outils pédagogiques[1].

Ouvrages

  • Francine de Montigny, Chantal Verdon, Jici Lord-Gauthier et Christine Gervais, Décès périnatal : le deuil des pères, Éditions du CHU Sainte-Justine, (ISBN 978-2-89619-813-9)
  • Francine de Montigny, Christine Gervais et Pascale De Montigny Gauthier, Devenir et être père, Éditions du CHU Sainte-Justine, coll. « Parlons Parents » (ISBN 9782896198603)

Prix et distinctions

Références

Liens externes

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