Francis André (collaborateur)

collaborateur et tortionnaire français From Wikipedia, the free encyclopedia

Charles Francis André ou Francis André dit Gueule Tordue, né le à Lyon (6e arrondissement)[1], mort fusillé le dans la même ville au fort de la Duchère, est un collaborateur et membre du Parti populaire français[2],[3].

Nom de naissance
Charles Francis AndréVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Gueule TordueVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Francis André
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Charles Francis AndréVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Gueule TordueVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Partis politiques
Sport
Fermer

Il est le fondateur du Mouvement national antiterroriste (MNAT), officine lyonnaise de la Gestapo, composée principalement de miliciens et de repris de justice. Travaillant entre autres à la solde de la Gestapo lyonnaise, il a reconnu 120 assassinats lors de son procès conclu le par sa condamnation à mort[4]. Il est l'un des responsables de la Saint-Barthélemy grenobloise. Il a pratiqué la torture pendant toute la durée de l'Occupation, notamment auprès de Klaus Barbie.

Biographie

Charles Francis André naît le à Lyon. Il passe son enfance à Mâcon où ses parents tiennent un café-restaurant[5]. Un accident de voiture dans son adolescence lui laisse une paralysie de la moitié gauche du visage lui valant ensuite le surnom de Gueule Tordue[6].

Durant l'entre-deux-guerres, il est un délinquant et un boxeur amateur. Il milite dans les années 1930 au Parti communiste français avant de suivre en 1936 un de ses anciens dirigeants, Jacques Doriot, au Parti populaire français (PPF), un parti d'extrême droite fasciste que celui-ci vient de créer[5]. Il adhère alors aux convictions antisémites et anti-bolcheviques de ce parti.

Avec la mise en place du régime de Vichy et le PPF devenant un des partis les plus collaborationnistes de France, Francis André va exprimer son fanatisme politique et s'engager selon l'expression de l'historienne Sylvie Altar dans le « collabo-bandistisme »[5]. Dès l’été 1940, il s’attaque à des commerces juifs à Lyon. Grâce à sa carrure imposante, il est dans un premier temps le garde du corps de Jacques Doriot[5]. Par la suite, il devient l’un des gardes du corps du maréchal Pétain. Son dévouement au régime le pousse même à rejoindre la LVF, la Légion des volontaires français contre le bolchevisme, une unité paramilitaire créée par le régime de Vichy pour aider l'armée allemande, notamment sur le front de l'Est contre l'Union soviétique. Durant les quelques mois qu'il passe sur le front russe[5], il acquiert l’expérience du combat. Il est de retour en France en 1942 pour diriger le service d'ordre du PPF[5]. Il va constituer autour de lui un groupe composé de membres du PPF, de la Milice et même de gangsters et de prostituées. Ils vont appliquer la politique de terreur définie entre la direction du PPF et Carl Oberg, chef de la SS et de la police allemande en France[5]. Ce groupe, officiellement dénommé Mouvement national anti-terroriste (MNAT), dispose d'une large autonomie d'action et partage avec la SS les valeurs pillées, sauf celles issues des opérations contre les Juifs qui restent acquises au groupe, « Gueule tordue » se chargeant de rémunérer ses hommes et de financer le PPF[5]. À partir de l’hiver 1943, le MNAT va détruire des groupes résistants de la région.

Sa mission la plus célèbre s'est déroulée à Grenoble où il massacre des résistants du au . Les corps gisant dans les rues, les habitants appellent cet événement la semaine rouge ou la Saint-Barthélemy grenobloise. Ce genre de pratique a pour but de dissuader les citoyens de rejoindre la Résistance. En , son équipe procède à l'arrestation de l'historien et résistant Marc Bloch[5], qui sera torturé puis fusillé. Il continue ensuite ses rafles avec des arrestations massives. Mais suite au débarquement de Provence et à la progression rapide des Alliés (), Francis André fuit Lyon et se réfugie en Allemagne où il retrouve Jacques Doriot. Puis face à l'avancée alliée, il fuit en Italie du Nord où il est arrêté une semaine après l'armistice, le [5]. Il est transféré en France et interné à la prison Montluc[5].

Il est jugé au tribunal de Lyon en avec plusieurs membres de son groupe. Il avoue avoir commis des pillages, des tortures et des viols avec son groupe ainsi que 120 à 160 assassinats ; cependant on suppose qu’il ne révèle pas l’entièreté de ses crimes. Lors du procès, le procureur Thomas le décrit comme un « véritable monstre, une bête assoiffée de sang, la plus sinistre figure de la Gestapo lyonnaise ». Après neuf jours de débats, il est condamné à mort avec huit autres complices. Lui et cinq autres[5] sont fusillés le [7] au matin au fort de la Duchère à Lyon.

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI