Francis Bousquet
compositeur français
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Biographie
Francis Bousquet a commencé ses études musicales à Marseille avant de s'inscrire au Conservatoire de Paris en 1907, où il a été l'élève de Xavier Leroux, André Gedalge et Charles-Marie Widor. Il remporte le premier prix d'harmonie du Conservatoire en 1909 et le premier prix de contrepoint en 1910 avant que la Première Guerre mondiale ne vienne interrompre ses études. Il sert alors dans un régiment de génie militaire de l'armée française[1],[2]. De 1915 à 1918, Nadia et Lili Boulanger, toutes deux diplômées du Conservatoire, publient la Gazette des Classes du Conservatoire, qui publie des nouvelles de la vie musicale française et des lettres des élèves du Conservatoire dispersés par la guerre. Dans une lettre publiée dans le numéro du , Bousquet écrit depuis le front :
Nous avons lu attentivement ces nouvelles, jetées des quatre coins du front [...] Grâce à [la Gazette] nous voici réunis. La musique un instant assoupie au fond des mémoires se reprend à chanter et la vie musicale évoquée en quelques pages, avec les souvenirs exquis qui lui sont inhérents, accomplit un miracle en faisant naître parmi tant de désolation le désir violent des lendemains[3],[4]...
Bousquet retourne au Conservatoire après la guerre et poursuit ses études de composition. Il reçoit en 1920 le prix Lépaulle[note 1] de composition musicale pour Soirs Rouges, suite pour violon, violoncelle et piano[6]. Il se présente trois fois au concours du Prix de Rome, remportant le deuxième prix en 1921 et 1922 et le premier prix en 1923 pour sa cantate Béatrix[note 2]. Le premier prix était assorti d'une bourse qui permettait au lauréat de séjourner à la Villa Médicis à Rome pendant deux ans et de voyager jusqu'à trois années supplémentaires[1],[2],[8].
À son retour de Rome en 1926, Bousquet est nommé directeur du Conservatoire de Roubaix, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort. Dans les années 1930, il est l'un des fondateurs de l'Association des Directeurs d'Écoles et Conservatoires de Musique Nationaux, dont il devient plus tard le président d'honneur.
Il a également travaillé comme journaliste pour le journal artistique parisien Comœdia pendant l'Occupation[9],[10],[11]
Son premier opéra, "Zorriga", a été écrit pour le Théâtre des Arènes de Béziers et joué en 1925. Son deuxième, "Sarati le Terrible", a été créé au Théâtre de l'Opéra-Comique en 1928. Tous deux se déroulent en Afrique du Nord et contiennent des éléments de musique arabe. Ses dernières œuvres sont l'opéra-comique en trois actes Mon oncle Benjamin [note 3] et à la symphonie Hannibal. La première de Mon oncle Benjamin a lieu au Théâtre de l'Opéra-Comique le avec Roger Bourdin dans le rôle-titre. La première de Hannibal a lieu le à Paris.
Bousquet meurt à Roubaix à l'âge de 52 ans, trois semaines après la première de Hannibal[2]. Dans sa nécrologie parue dans Comœdia, Tony Aubin écrit que les œuvres de Bousquet reflètent "une des natures les plus authentiques de notre temps" et témoignent d'un "art éclairé, sobre mais expressif, traversé de lumineux éclairs ou baigné de mélancolie hautaine"[13].
Bousquet a reçu la Croix de Guerre, et, en 1934, été décoré de la Légion d'honneur.
Œuvres
- Pour la scène
- Zorriga, opéra en quatre actes, livret de Paul Verdert et Jean Camp ; créé au Théâtre des Arènes, Béziers, le [14]
- L'Esclave, ballet en un acte sur un sujet de Belloni;[note 4] publié par les Éditions Max Eschig, 1927[16]
- Sarati le Terrible, opéra en quatre actes, livret de Jean Vignaud ; créé au Théâtre de l'Opéra-Comique, Paris, le [17]
- Mon oncle Benjamin, opéra-comique en trois actes, livret de Georges Ricou d'après le roman de Claude Tillier ; créé au Théâtre de l'Opéra-Comique, Paris, le , avec Roger Bourdin dans le rôle titre[17]. Bousquet présente son œuvre lui-même dans Comoedia[18].
- Œuvres instrumentales
- Soirs Rouges, suite pour violon, violoncelle et piano (1920) ;
- Poème, pour quatuor à cordes et piano, dédié au violoniste Roger Debonnet ; publié par les Éditions Maurice Senart, 1921[19]
- Soirs d'Afrique, suite orchestrale ; créée par l'Orchestre Lamoureux, Paris, le . L'œuvre est basée sur la musique folklorique arabe et espagnole recueillie par Bousquet au cours d'un long voyage en Afrique du Nord[20],[21].
- Concerto ibérique, concerto en ré mineur pour violoncelle seul et orchestre ; créé par le violoncelliste Maurice Maréchal et l'orchestre des Concerts Colonne, Paris, [22]
- Argotera", concerto pour cor solo et orchestre ; publié par les Éditions Charles Gras, 1939. La pièce a été écrite pour le corniste Jean Devémy (1898-1969), qui l'a enregistrée pour le label Action Artistique[note 5] en 1943[24],[25].
- Hannibal, symphonie ; créée par l'Orchestre de l'Association des Concerts Pierné, Paris, [26]
Notes
- Créé en juillet 1908 et destiné à un élève du Conservatoire "ayant produit dans l'année une œuvre quelconque remarquable". Les premiers récipiendaires furent Marcel Tournier (1909), Noël Gallon, Paul Paray, Jean Déré, Lili Boulanger, Paul Roussel, Marguerite Canal, Angèle Ravizé, Georges Migot[5].
- Lors de l'épreuve finale du Prix de Rome, les concurrents devaient tous mettre en musique le même texte sous forme de cantate. Le texte de la cantate finale de 1923, "Béatrix", est de Jean Gandrey-Réty (1901-1962). Cette année-là, le Grand Premier Prix est attribué conjointement à Bousquet et à Jeanne Leleu[7].
- Mon oncle Benjamin est basé sur le roman comique du même nom écrit par Claude Tillier (1842). Le roman a également servi d'inspiration au film français Mon oncle Benjamin (1969) avec Jacques Brel[12].
- "Belloni" peut faire référence à Joseph Belloni, danseur et chorégraphe d'origine italienne, auteur de plusieurs ballets pour le Théâtre des Arènes à Béziers et maître de ballet au Grand Théâtre de Bordeaux à la même époque[15].
- Le label Action Artistique était sponsorisé par le Gouvernement de Vichy et a produit, à partir de 1942, 40 enregistrements d'œuvres de compositeurs français[23].
