Native de Guadix dans le sud de l’Espagne, elle naît au sein d’une famille influente à la cour d’Espagne. Fille de Juan de la Cueva et d’Isabel Valenzuela y Bocanegra, elle est la petite-fille d’un duc d'Alburquerque et la nièce de Gaspar de Ávalos de la Cueva (évêque, puis archevêque et cardinal). Cette situation et l’attribution à la famille de la Cueva de charges dans la vice-royauté de Nouvelle-Espagne (Mexique actuel) débouche sur son mariage avec un petit-fils de l’empereur aztèque Moctezuma II, Diego Luis de Moctezuma Ilhuitltemoctzin, en 1579.
En 1567, Diego Luis de Moctezuma est forcé d’abandonner la Nouvelle-Espagne pour partir en Espagne, défendre les prétentions de son père, Pedro de Moctezuma(es) et de ses frères, devant la Couronne espagnole[1] pour éviter le déclenchement de nouvelles révoltes contre le pouvoir espagnol. Parmi les contreparties au mariage, la Couronne offrit à Francisca de la Cueva un poste de dame de compagnie de la reine Anne d’Autriche, ainsi que les terres de La Peza (Granada)[2]. Du mariage entre Francisca de la Cueva et Diego Luis de Moctezuma naissent Pedro Tesifón de Moctezuma(es)[3], Francisco Antonio, Felipe Marcelino, Cristóbal, María, Margarita et Agustina, qui entra dans les ordres. La famille vit entre Cadix, Séville, Madrid et Valladolid.
En 1588, le couple ne pouvant gérer ses biens en Nouvelle-Espagne, en chargea Hernando de Isla, voisin de Guadix, qui part au Mexique pour administrer ces terres et en tirer des produits.
Les négociations du couple avec la Couronne sont longues et complexes, transmises à la Cour pour obtenir une réduction des exigences du couple. Veuve en en 1606, Francisca de la Cueva continue de négocier et de demander des rentes, bénéfices, titres de noblesse et admission dans les ordres militaires de ses fils et de ses gendres, mais en diminuant ses exigences. Ce geste permet, trois années après, que la Couronne les lui accorde, ce qui permet la perpétuation du lignage familial. «C’est précisément à doña Francisca que revenait l’énorme responsabilité de renoncer au trône du Mexique. Elle le fit, en accord avec ses fils, comme uniques successeurs de la baronnie de Moctezuma, qui fut roi de la Nouvelle-Espagne, aux Indes[4].» C’est ainsi que Francisca de la Cueva devint une négociatrice et le chaînon indispensable pour que le sang noble indigène devienne une partie de la noblesse établie d’Espagne[5].
Francisca de la Cueva et son époux furent parmi les premiers à utiliser du cacao mexicain en Espagne à la fin du XVIesiècle. Parmi les premiers endroits où fut dégustée cette boisson se trouvaient Cadix et La Peza, à cause de l’installation d’une importante colonie d’Indiens Mexicas, familiers et domestiques du petit-fils de l’empereur Moctezuma II, renversé par Hernán Cortés. Ces Mexicas conservèrent leurs coutumes culinaires, dont la consommation de chocolat liquide dans des jícaras[6].
↑Jiménez Abollado Francisco Luis; Ramírez Calva, Verenice Cipatli, Pretensiones señoriales de Don Pedro Moctezuma Tlacahuepantzin Yohualicahuacatzin. Desafíos y vicisitudes de un mayorazgo, 1528-1606. Estudio y fuentes documentales, (lire en ligne)
↑Reyes Martínez, El papel de la alta nobleza femenina accitana durante los siglos XVI-XIX: Resquicios de poder entre el palacio y el convento, (lire en ligne)
↑Pedro Tesifón de Moctezuma de la Cueva | Real Academia de la Historia (lire en ligne)
↑Javier Gómez de Olea y Bustinga y José Miguel de Mayoralgo y Lodo, La nobleza titulada en la América española,
↑Jiménez Abollado, Las aspiraciones de un noble indígena de origen prehispánico: Don Pedro Tesifón Moctezuma y el proceso de admisión en la Orden de Santiago (1612-1613),
Francisco Luis, Mercedes y privilegios para consolidar un mayorazgo indiano de don Pedro Moctezuma Tlacahuepantzin a don Pedro Tesifón Moctezuma, primer conde de Moctezuma (1569-1639), , 189-210p.