Francisco Neila Ciria

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Francisco Neila Ciria
Francisco Neila Ciria
Neila Ciria en 1898

Naissance
Santa Marta de los Barros
Décès (à 61 ans)
Badajoz
Allégeance Restauration bourbonienne
Arme infanterie
Grade général de brigade
Années de service septembre 1883 – août 1923
Conflits
Faits d'armes défense de Cascorro
Hommages rues baptisées de son nom à Santa Marta et Badajoz

Francisco Neila y Ciria (Santa Marta de los Barros, Estrémadure, 1862 - Badajoz, 1923) est un militaire espagnol.

Après une formation à l’académie d’infanterie de Tolède, et une longue vie de garnison en métropole, Neila Ciria fut muté en 1896 dans une unité combattante à Cuba, où il participa à la guerre contre les indépendantistes cubains et se distingua à différentes reprises, en particulier lors du siège de Cascorro en 1898.

Revenu en métropole après la signature de l’armistice, titulaire de plusieurs décorations, il occupa des postes de direction dans les services de recrutement et d’instruction. En , au lendemain de la déroute espagnole d’Anoual, survenue dans la zone orientale du Maroc, il fut dépêché avec les troupes de Badajoz vers la place forte de Melilla, et eut sous ses ordres l’une des colonnes de reconquête engagées dans la contre-offensive espagnole de septembre-. Il succomba à la maladie peu après son retour en Espagne en 1922.

Origines familiales et formation

Issu (du côté maternel) d’une famille de militaires, Neila Ciria suivit à partir d’ une formation à l’Académie d’infanterie de Tolède, dont il sortit diplômé quatre ans plus tard, en , avec le grade d’enseigne[1],[2]. Sa première affectation le conduisit début à Badajoz, ville qui était alors encore sous le coup du pronunciamiento républicain qui venait d’avoir lieu au mois d’août précédent[2]. Le , il passa dans le régiment Granada no 34, qui était accouru entre-temps pour occuper la place de Badajoz. Le , c’est au tour du régiment d’infanterie de ligne Castilla no 16 « El Héroe » à prendre la ville sous son aile. Neila Ciria y fut incorporé le , amorce d’une vie de garnison d’une durée de 11 ans, assez routinière, durant laquelle ne se fit jour aucun conflit de grande portée qui aurait pu donner lieu à des avancements extraordinaires. En 1887, Neila Ciria accéda au rang de lieutenant, et reçut l’ordre le de se transférer à la circonscription militaire de Cuba[1],[3].

Engagement dans la guerre de Cuba (1896-1897)

En 1896, le lieutenant Neila Ciria fut versé dans une unité combattante à Cuba et participa à la lutte contre les insurgés cubains[1]. Pour rappel : en , la révolte avait éclaté dans cette colonie espagnole, sous les espèces du dénommé Grito de Baire (littér. Cri de Baire), à l’origine d’un conflit armé qui allait conduire à la perte pour l’Espagne de ses derniers territoires coloniaux en Amérique et en Asie. Neila Ciria s’embarqua à Cadix le et mit pied à terre à La Havane le suivant. Son unité était le régiment d’infanterie Tarragona no 67, cantonné dans la province de Puerto Príncipe (l’actuelle Camagüey), où allaient se dérouler quantité de violentes batailles[3].

En , il passa à faire partie de la compagnie de détachements mobiles du deuxième bataillon. Lesdits détachements, composé en théorie des éléments les plus capables de chaque unité, se voyaient confier des missions de patrouille, d’embuscade et de reconnaissance. Dans les rangs d’une de ces compagnies, Neila Ciria parcourut sans relâche la province pour escorter les convois, renforcer les garnisons et se lancer dans de nombreux affrontements. La feuille de service du lieutenant Neila recense 34 combats, survenus depuis son arrivée le jusqu’à sa promotion au grade de capitaine le [4].

Parmi ses faits d’armes, deux en particulier sont notables. Mérite mention d’abord son action au lieu-dit Potrero (enclos) México début . La compagnie de Neila Ciria, attaquée par des forces très supérieures en nombre, se vit contrainte, en dernier recours défensif, de se disposer en carré, et tint tête ainsi pendant une heure et demie aux insurgés cubains, réussissant même à contre-attaquer à la baïonette et à mettre les assaillants en fuite[4]. Neila Ciria, blessé lors de ces affrontements, obtint une croix rouge du Mérite militaire de 1re classe avec insigne distinctif rouge, bientôt suivie d’une autre en récompense de sa conduite dans les opérations d’avril et mai de la même année[1],[4].

Neila Ciria (deuxième de la droite, assis, arborant sa croix de Saint-Ferdinand) à Cuba en 1898.

D’autre part, il y eut la résistance farouche que, comme capitaine d’infanterie à la tête de sa compagnie, il opposa pendant deux semaines, dans la bourgade cubaine de Cascorro, au siège mis par les rebelles cubains, très supérieurs en nombre, qui avaient fait de la conquête de cette bourgade une question vitale pour le moral de leurs forces[2]. Auparavant, sa première destination comme capitaine avait été le 1er détachement d’éclaireurs Alfonso XIII, à la tête de laquelle il eut à soutenir la bataille de Ceja de Tana fin , qui lui valut une deuxième croix rouge du Mérite militaire. Le , il fut muté au régiment d’infanterie María Cristina no 63 et reçut ordre de tenir garnison à Cascorro, petite localité, sise dans l’actuelle province de Camagüey et dont le seul intérêt était de se trouver sur l’une des principales routes de la région[4].

Cascorro comptait alors quelque 400 habitants logeant pour la plupart dans des cabanons de bois à toits de chaume. S’y trouvaient aussi cinq constructions de pierre avec toiture en tuiles, fort solides, aussitôt converties en fortins par les Espagnols. Le cantonnement occupa la maison la plus solide, tandis que l’église fut aménagée en hôpital de campagne et qu’un troisième détachement fortifia la taverne[5]. La garnison était composée de trois officiers et de 150 hommes de troupe sous les ordres de Neila Ciria[1].

Les attaques indépendantistes commencèrent le et allaient se poursuivre jusqu’au . Une colonne de secours, dirigée par le général Adolfo Jiménez Castellanos, fut rapidement diligentée, mais son arrivée fut retardée par les difficultés du trajet et le harcèlement des rebelles. La milice des assiégeants, menée par Máximo Gómez, était (au contraire de Neila Ciria) pourvue d’artillerie, Máximo Gómez ayant à sa disposition les premiers canons qu’eut la république de Cuba et qui étaient manœuvrés par des aventuriers américains et britanniques. Jusqu’à 195 obus furent ainsi projetés sur la localité, dont 54 firent mouche sur les fortins[5]. Neila Ciria cependant refusa obstinément de capituler, même quand il lui fut offert de quitter ses positions avec tous les honneurs des armes. De surcroît, malgré ses faibles effectifs, il ordonna deux sorties afin de déloger les indépendantistes cubains de deux maisons voisines d’un des fortins. Fin septembre, jugeant nécessaire de détruire telle maison sise en face des fortins, d’où les indépendantistes faisaient subir un feu nourri à la garnison espagnole, Neila Ciria lança un appel à volontaires pour aller l’incendier. Un certain Eloy Gonzalo s’offrit à accomplir la mission, et réussit, à l’aide d’une canette remplie de pétrole, à mettre le feu à la maison et à s’en retourner indemne, façonnant ainsi l’un des épisodes marquants de cette guerre (encore que son principal protagoniste ait succombé à la fièvre jaune quelques semaines plus tard). Neila Ciria parvint à infliger aux assaillants des pertes si considérables qu’ils furent finalement contraints à lever le siège[1]. Si, grâce au méticuleux travail de fortification accompli par les défenseurs, les pertes espagnoles (quatre tués et onze blessés sérieux) furent peu nombreuses, la garnison tout entière était cependant tombée malade, que ce soit de la dysenterie, de la malaria, du typhus ou de la gale[5]. Elle était arrivée au bout de ses réserves de vivres et de munitions[1],[5],[6] lorsqu’arriva enfin, le , la colonne de renfort. Néanmoins, les assiégés, restés à Cascorro, furent à nouveau attaqués le , puis encore le , avant que le compagnie de Neila Ciria ne soit relevée le lendemain , date à laquelle il avait déjà été fait commandant pour mérites de guerre[7]. En vertu d’un ordre royal du , et après une procédure de « jugement contradictoire », il se vit décerner la croix de Saint-Ferdinand de 1re classe[1],[7].

En , à la tête d’une colonne, il rejoignit le secteur de Matanzas, alors soumis à blocus par une escadre américaine, pour aider à la défense côtière. À l’issue de ces opérations, il lui fut octroyé une troisième croix de 2e classe du Mérite militaire, avec insigne rouge[1],[8].

Retour en métropole

L’armistice une fois signé entre l’Espagne et les États-Unis, Neila Ciria retourna en métropole, débarquant à Cadix . Le 26 du même mois, il se rendit dans sa ville natale de Santa Marta pour une permission de deux mois. Le suivant, après que son unité eut été dissoute, Neila passa au cadre de réserve et garda ce statut jusqu’en 1907[1],[8]. En , il fut chargé du commandement du bataillon de réserve de Zafra (en Estrémadure), qui faisait office de centre de recrutement. Promu lieutenant-colonel en , il fut versé le 23 du même mois dans le régiment Castilla no 16, dont il prit le commandement d’un des bataillons[9]. En , élevé au grade de colonel, il se vit confier la direction de la zone de recrutement de Badajoz, fonction qu’il allait remplir jusqu’à son ascension au rang de général de brigade en [1],[10].

Entre 1919 et 1921, il exerça le commandement de la 1re brigade de la 2e division, casernée à Badajoz. Dans le cadre de cette nouvelle affectation, il déploya un intense travail d’instruction et de préparation militaires[1],[10]. Il fut désigné inspecteur des revues d’armement et participa à maintes manœuvres, destinées à préparer la troupe aux campagnes militaires alors en cours dans la Rif marocain. En , il contracta mariage avec Beatriz Cándida González Salguero[10].

Parallèlement, il accomplissait différentes missions comme délégué pour le compte du haut-commissaire d’Espagne au Maroc[1].

Activité militaire au Maroc espagnol

Les généraux Neila Ciria (à gauche) et Sanjurjo, au Maroc en 1921.

À la suite de la débâcle d’Anoual de , des troupes furent dépêchées d’urgence à Melilla, dans la zone orientale du Maroc espagnol. Les unités de la place de Badajoz furent parmi les premières à prêter main-forte à la comandancia (autorité militaire) de Melilla. Neila Ciria débarqua à Melilla le et prit, à l’égal des généraux Berenguer, Sanjurjo et Cabanellas, le commandement d’une des colonnes de la contre-offensive, dans un premier temps pour défendre la place forte de Melilla, ensuite pour entreprendre de reconquérir le territoire perdu par les Espagnols en . Ainsi participa-t-il aux opérations visant à reprendre Atlaten, Ras-Medoua et Souk-el-Had et à occuper le mont Gourougou. L’une des actions les plus sanglantes se déroula le , près de la position de Casabona, où l’avant-garde de Neila Ciria, composée d’unités de la Légion et de Regulares de Ceuta, s’acharnait à forcer le passage au convoi de ravitaillement[11],[12]. Le , Berenguer avait convoqué une réunion des généraux en chef des colonnes, pour statuer sur l’opportunité d’envoyer une colonne se porter au secours du fort de Mont-Aroui qui, commandé par le général Navarro, était depuis plusieurs semaines durement assiégé et pilonné par les milices rifaines, et pour imaginer une solution. Lors de cette réunion, à laquelle assistaient, outre Berenguer lui-même, les généraux Cavalcanti, Sanjurjo, Cabanellas, Neila Ciria et Fresneda, avec le colonel Gómez-Jordana comme secrétaire, les participants avaient déclaré à l’unanimité et sans la moindre réserve « ne pas trouver, dans le délai nécessairement très bref pour être efficace, le moyen opérant pour réaliser quelque action militaire en vue de secourir la colonne du général Navarro »[13],[14]. La garnison espagnole de Mont-Aroui fut entièrement massacrée, à quelques exceptions près, le suivant[15],[16],[17].

Le , le général Neila, détenteur de la plus haute ancienneté dans la place de Melilla, assuma à titre intérimaire la fonction de commandant-général de Melilla, qu’il remit le jour même à Sanjurjo, fraîchement nommé à ce poste par le gouvernement[18]. Il resta en fonction à Melilla jusque fin , avant de s’en retourner à Badajoz début avril et d’être destiné en mai à Tenerife au poste de commandant en second du gouvernement militaire[1],[18]. À la même époque, il fut récompensé de la grand-croix du Mérite militaire avec insigne distinctif rouge[19],[18]. Il remplit ses fonctions jusqu’en , lorsqu’une permission de deux mois lui fut accordée pour cause de maladie. Il décéda à Badajoz en décembre de la même année[18].

Hommages

Références

Bibliographie

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