Francophonie en Albanie

From Wikipedia, the free encyclopedia

La francophonie en Albanie concerne la place et le développement de la langue française en Albanie, notamment son enseignement comme langue étrangère.

Le lycée national de Korça

Korça est appelé Petit Paris en raison de la présence d’un patrimoine et d’une architecture française. Korçë se distingue par son lycée français (avec professeurs et programme albanais), qui a ouvert en 1917. Ce lycée a été fermé en 1939. Le lycée français était un établissement laïc où les matières étaient enseignées en français. Les professeurs qui ont enseigné dans ce lycée sont notamment Léon Monbanyrant, Viktor Coutan, Léon Perret, André Bregault, Jean Meyer, Jacques Vincler et Baylle-Comte. Pendant la Première Guerre mondiale, l’arrivée de l’armée française dans la ville de Korça et les professeurs du Liceu francez ont créé une atmosphère culturelle très spéciale parmi toutes les autres personnes venues dans cette ville. Les livres et les magazines français ont commencé à se répandre. Pendant neuf ans, on a pu étudier le français au lycée. Pendant les trois premières années, on enseignait des matières générales et dans la quatrième année, il y avait deux branches à suivre : la branche classique (sciences humaines) et la branche "réelle" (sciences naturelles).

Une partie de l’intelligentsia albanaise a été formée au lycée de Korça. Le français jouit d’une position privilégiée : c’est la langue de la culture et de la science. Le conseil municipal de Korça a également honoré 35 lycéens qui ont étudié au lycée comme Vedat Kokona, Misto Treska, Behar Shtylla, Safet Butka, Mahir Domi, Sotir Kuneshka, Petraq Pepo, Vangjush Tushi, Sotir Kristo, etc.[1],[2],[3]

Les langues occidentales pendant le communisme albanais

Pendant le communisme albanais, la langue étrangère qui était enseignée dans les écoles était le russe, accompagné du français. Il a survécu et est encore enseigné aujourd'hui. Le désir de voir et d'apprendre ce qui se passait au-delà des frontières était très fort. À partir d’ici a commencé l'apprentissage de la langue italienne à travers la télévision. Au début des années 1990, les Albanais ont commencé à suivre différents programmes étrangers et à apprendre des langues européennes comme l'italien ou l'allemand[4],[5].

Coopération linguistique et éducative

Le français dans l’enseignement primaire et secondaire

Le français est la deuxième langue étrangère enseignée en Albanie. En coopération avec le ministère de l’Éducation et de la Science et l’Association des professeurs de français d’Albanie, le SCAC (Service de coopération et d'action culturelle) apporte son soutien à la formation continue des professeurs de français, dans les lycées des langues étrangères, les lycées généraux et les « écoles de 9 ans » (scolarité obligatoire) par des séminaires et des stages sur place et en France[6].

Sections bilingues

Les années 2005-2008

L’ouverture des sections bilingues trouve son origine dans la « Convention entre l'ambassade de France en Albanie et le ministère de l'Éducation et de la Science de la république d'Albanie, relative à la coopération dans le domaine de l'enseignement bilingue », signée en à Tirana.

Le pourcentage des élèves qui apprennent le français dans la section bilingue du lycée des Langues étrangères « Asim Vokshi » de Tirana pour l’année scolaire 2007-2008 est 166 élèves (12.12 % du total). Le pourcentage des élèves qui apprennent le français dans les sections bilingues du lycée général « Raqi Qirinxhi » de Korça est 146 élèves (soit 16.57 % du total ). Le total des élèves inscrits dans les sessions bilingues de français est de 312[7].

Les années 2010 et suivantes

Il existe cinq sections bilingues en Albanie. Quatre sont implantées dans des « lycées des langues », à Tirana, à Elbasan (scolarité de 5 ans), à Durres, à Shkodër, et la cinquième à Korça, dans un lycée général à orientation scientifique (scolarité en 4 ans). Les enseignants de français et de disciplines non linguistiques de ces sections bénéficient régulièrement de stages, en Albanie, en France et dans des pays tiers. Certaines sections bilingues bénéficient de la présence d’une stagiaire de master FLE ou d’une enseignante française[8].

Le français à l’université

Il existe en Albanie deux départements de français, à l’université de Tirana et à l’université d’Elbasan, et une section de français dans le département des langues de l’université de Shkodër. Ils assurent un enseignement de langue, de littérature, de didactique et de traduction-interprétariat. Ces trois lieux de formation de professeurs de français bénéficient chacun de la présence d’une stagiaire en master FLE[9].

  • En 1965 : Création du département de langue française à Tirana .
  • En 1998 : Création du département de langue française à Elbasan, qui aujourd'hui compte plus de 420 étudiants diplômés.
  • En 2007 : Création d'une section de langue française à Shkodër.

Les Alliances françaises

Les années 1991-1996

La création du Comité de l'Alliance française de Tirana à l'initiative de Drita Hadaj, chef du département de français de l'université de Tirana, appuyé par quarante personnalités francophones et francophiles : professeurs d'université, parlementaires. Cette initiative visait à soutenir l’enseignement du français en Albanie, lorsque l’anglais avait gagné du terrain[10].

En , c'est le début des premiers cours organisés par l'Alliance française de Tirana. 80 personnes suivent des cours de français à l'université de Tirana[10].

En , la première activité culturelle de l'Alliance française de Tirana est apparue : La conférence "Charles de Gaulle, la vie, son œuvre"[10].

En , c'est la première session des examens organisés par l'Alliance française de Tirana. 101 personnes inscrites au certificat de pratique du français élémentaire et 8 personnes au diplôme de français[10].

En , plus de 350 personnes sont inscrites; 2 professeurs titulaires et 16 anciens professeurs donnent des cours[10].

En , est réalisé l’accord avec le Centre de langues étrangères de Tirana et deux mois plus tard une antenne de l'Alliance française de Tirana à Shkodra est ouverte : 60 personnes inscrites[10].

En , 560 personnes sont inscrites aux cours. L’organisation et l’administration des nouveaux cours sont efficaces[10].

En , l'inauguration de la salle informatique à l'occasion de la visite d'une délégation du ministère de l'éducation dirigée par le directeur du cabinet du ministre Francis Delon et la Remise des prix "Academic Palm" à Drita Hadaj, président de l'Alliance française de Tirana.

Les années 1997-2000

Les cours de l’Alliance française, comme toutes les autres activités, ont été interrompus à la suite des événements de 1997[10].

En , l'Alliance française reprend ses activités en organisant une conférence sur les publications récentes en France sur l'Albanie et les Albanais[10].

En , les cours de l’Alliance française de Tirana et les antennes de Shkodra et d’Elbasan ont commencé avec 540 personnes inscrites et 24 professeurs titulaires[10].

En , l'Alliance française fête ses 5 ans en présence de deux sénateurs français, M. Boyer et M. Rivière[10].

En , 545 personnes sont inscrites et 27 professeurs sont titulaires[10].

En , l'Albanie devient membre observateur du Sommet francophone[10].

En , une antenne de l'Alliance française de Tirana est ouverte à Fier avec 34 personnes inscrites[10].

Les années 2000 et suivantes

Les Alliances françaises sont des centres répartis dans le monde entier qui ont pour vocation la diffusion de la langue et de la culture françaises. Dans ces centres, on peut prendre des cours de français[11].

Aujourd'hui, l'Alliance française de Tirana compte plus de 700 étudiants. Les quatre Alliances françaises et leurs annexes constituent des lieux reconnus et dynamiques de l’enseignement du français dans le pays. L’accent est actuellement mis sur le français sur objectif spécifique, dans le cadre du développement entrepris à Tirana d’un enseignement « hors les murs » à destination des administrations et des ministères. Les Alliances françaises proposent des cours de français adossés au cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) et dispensés par des enseignants aux compétences avérées, formés aux approches pédagogiques actuelles. Le réseau des Alliances françaises en Albanie se compose de cinq établissements situés à Tirana, Shkodra, Elbasan, Korça et Durrës, et d’annexes dans les villes de Berat, Lezha, Librazhd et Pogradec[12].

Les Alliances françaises proposent de valider les compétences linguistiques acquises grâce aux certifications françaises delf et dalf, diplômes à validité illimitée délivrés par le ministère français de l’Éducation nationale. C'est la seule institution en Albanie qui permet de passer les examens officiels DELF/DALF. Les manuels utilisés sont français et chaque alliance est équipée d’un ou plusieurs tableaux blancs interactifs (TBI) permettant un enseignement moderne et dynamique. Les Alliances françaises organisent également des manifestations culturelles, expressions de la culture française et francophone.

Elles jouent un rôle essentiel lors de la célébration de la francophonie au mois de mars. L’Alliance française de Tirana accueille l’Espace Campus France qui coordonne sur le plan national l’information et la promotion des études en France. Campus France est l’agence française de promotion des études en France. Les Alliances françaises de Shkodra, Elbasan, Korça et Durrës accueillent une antenne Campus France, qui délivre une première information aux personnes intéressées par des études en France[12].

Les méthodes d’enseignement du français en Albanie

Avant les années 1990

L'enseignement du français en Albanie a été introduit depuis la dictature d'Enver Hodja, lui-même enseignant dans le lycée français de Korça, entre 1917 et 1939[13]. Pendant le régime communiste (1945-1990), l’enseignement des langues étrangères a subi l’influence soviétique. L’enseignement se réalisait selon la méthode traditionnelle, en collectif, d’un savoir dicté, sans remise en question critique, ni interaction. Cette méthode encourageait un apprentissage passif, mécanique et théorique qui ne favorisait ni l’expression libre, orale surtout, ni ne développait l’aspect cognitif et réflexif de la langue. Bien qu’on expérimente l’application de la méthode audio-visuelle avec les manuels De vive voix et Voix et Images de France, en 1970-80, dans quelques écoles, ces efforts ont été sporadiques et de peu d’influence, les professeurs n’étant pas formés à cette méthode active[14].

Après les années 1990

Les événements politiques des années 90 et l'ouverture de l'Albanie ont renforcé l'importance de l'enseignement/apprentissage des langues. Les anciennes méthodes, les anciens manuels avec lesquels on apprenait les langues, avec des méthodes de grammaire et traduction en particulier, tendent à être remplacés par des méthodes communicatives. Depuis ces événements il y a eu un très grand souci de travailler et d'élaborer des curricula fondés sur les principes du Cadre européen commun de référence (CECR, Conseil de l'Europe, 2001). D'ailleurs un très grand travail est fait au niveau universitaire pour être cohérent avec les principes de la convention de Bologne. Parmi les supports de cours, on cite les manuels scolaires de la méthode communicative (Bonne Route, Hachette, 1989 ; Nouveau sans frontières Clé International, 1989; Café crème, Hachette, 1998).

Dans les lycées bilingues à Tirana et à Durrës on utilise les méthodes Café Crème (Beacco di Giura et al., 1997-2000) ou Campus (Girardet & Pécheur, 2002-2006). Dans les lycées à caractère général on trouve des manuels conçus par des auteurs albanais. Ces manuels ont été élaborés avant que leurs auteurs soient formés au Cadre. Il en est de même pour l'enseignement primaire, la plupart des méthodes utilisées sont celles conçues par des auteurs albanais. Ainsi un des plus grands problèmes à résoudre était le remplacement des anciens manuels de langues par des manuels qui répondent aux exigences du CECR.

Au début, seule l'Alliance Française de Tirana utilisait des manuels de l’approche communicative et de la perspective actionnelle, tels qu’Alter Ego (Dollez et Pons 2013) qui vise l’acquisition des compétences décrites dans le CECR. Précédemment l'Alliance Française de Tirana la méthode Tempo (Bérard et al., 1996-2001)[15].

De nos jours, on constate que les manuels utilisés dans les lycées à caractère général appartiennent majoritairement à la méthode actionnelle, comme Agenda (Bidault, Chort, Treffandier et Kablan, 2013), Le Mag’ 2 (Gallon, Himber et Rastello, 2006), Le Nouveau Taxi (Menand, Berthet, Hirschsprung et Kite, 2010), ayant pour but la communication et la réalisation des tâches à travers la langue et surtout employer la langue dans des situations susceptibles d’arriver (à la gare, au supermarché, etc.). Si au début, les moyens étaient le livre et/ou le magnétophone, de nos jours on fait recours aux documents authentiques, aux vidéos, au TBI, etc. Plusieurs enseignants de français ont eu la possibilité de faire des stages ou des formations dont l’objectif est de faciliter l’adaptation à l’utilisation de nouvelles méthodes d’enseignement du FLE[16].

La francophonie en Albanie

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI